Téléchargez la Liste rouge des Libellules menacées du Poitou-Charentes

La somme de données récoltée au cours de l’inventaire des Odonates du Poitou-Charentes a tout d’abord permis de faire le point sur le statut des espèces et l’évolution de leurs populations à partir de leur répartition géographique régionale et de réaliser la liste des libellules menacées du Poitou-Charentes.
Celle-ci propose un bilan de la situation de la totalité des espèces de ce groupe dans la région. La réalisation de cette Liste rouge a été basée sur les critères de l’UICN et sur un classement de rareté géographique. Les objectifs sont doubles. Il s’agit tout d’abord d’informer et d’attirer l’attention sur les risques et les menaces qui pèsent sur ce groupe faunistique remarquable et sur les habitats naturels qui l’accueillent. Cette liste doit aussi servir d’outil d’aide aux décisions des gestionnaires des milieux naturels. Elle a été validée par le CSRPN en 2007.

Vous pouvez la télécharger gratuitement.

Par ailleurs, un très bel ouvrage sur les libellules, paru fin 2009, vient finaliser ce travail de longue haleine : atlas de répartition accessible à tous, avec des informations générales sur les libellules, les 73 espèces de libellules présentes en région passées à la loupe, plus de 500 photos, cartes de répartion et graphiques…
Plus qu’un guide de terrain, c’est un livre à lire chez soi, qui charmera naturalistes, pêcheurs, ou simples amoureux de la nature. Il s’agit d’un ouvrage collectif et associatif où chaque chapitre est le reflet de personnalités différentes qui se révèlent dans une approche originale.

Vous pouvez profiter de la baisse du prix du livre : proposé jusqu’à maintenant au prix public de 39 €, vous pouvez dorénavant l’acheter à 12 €. Une belle idée de cadeau !

Pour en avoir un aperçu plus détaillé, avec des exemples de pages cliquez ici

Le guide des habitats naturels du Poitou-Charentes

Comment lire les fiches ? (téléchargez ICI le sommaire et le guide d’utilisation, 1,2 Mo)

Pour rendre au mieux l’emboîtement des habitats dans des unités de plus en plus synthétiques, il a été décidé de produire 2 types de fiches comportant un certain nombre de rubriques distinctes : les fiches d’habitats génériques qui regroupent plusieurs habitats élémentaires présentant entre eux de fortes affinités écologiques (intitulés des bandeaux marron du Catalogue) et les fiches d’habitats élémentaires (bandeaux bleus du Catalogue) qui correspondent quant à elles au niveau descriptif le plus précis (voir exemple ci-dessous).

Fiches d’habitats génériques

Physionomie-structure : présentation des caractéristiques écologiques communes au groupe d’habitats rassemblés dans cette même unité. Description de l’architecture de la végétation qui structure l’habitat et présentation sommaire de sa variabilité qui justifie la déclinaison de l’habitat générique en plusieurs habitats élémentaires.

Caractéristiques biologiques : description des principaux types biologiques végétaux rencontrés et des adaptations aux contraintes spécifiques de l’habitat. Liens avec le climat local ou général, données phénologiques (saisonnalité). Enumération de quelques espèces végétales dominantes et rôle de l’habitat pour la faune.

Espèces caractéristiques : énumération d’espèces végétales et animales indicatrices de l’habitat (voir sous la rubrique « Fiches d’habitats élémentaires » pour plus de détails).

Classification : présentation de la déclinaison interne de l’habitat générique en habitats élémentaires (avec correspondances phytosociologiques), et de leur ventilation en différentes fiches.

Fiches d’habitats élémentaires

Physionomie-Ecologie : cette rubrique cherche à faire un portrait type de l’habitat en décrivant ses conditions stationnelles : dans quel type de milieu le rencontre-t-on, quels sont les principaux facteurs déterminant sa présence (lumière, sol, pH…) ? Sa physionomie et sa structure (stratification, homogénéité verticale/horizontale, couleurs) ainsi que les espèces végétales dominantes (structurantes) sont également résumées. Une grande attention est également portée à la variabilité régionale de l’habitat et aux facteurs générant cette variabilité.

Phytosociologie et correspondances typologiques : la place et la dénomination de l’habitat sont précisées dans les 3 grandes typologies de milieux disponibles actuellement en France :

  • dans le synsystème de la végétation française, tel que décrit dans le « Prodrome des végétations de France » (MNHN, 2004), noté PVF 2004 dans les fiches ;
  • dans l’annuaire « CORINE biotopes », annuaire des habitats européens (1991), noté COR 1991 dans les fiches
  • le cas échéant – lorsque l’habitat en question est menacé en Europe – dans le « Manuel d’interprétation des habitats menacés de l’Union européenne » (version EUR 15), noté Directive Habitats (ou DH) 1992 dans les fiches.

Confusions possibles : l’attention est ici attirée sur les habitats proches avec lesquels l’habitat décrit pourrait être confondu. Quelques moyens d’éviter les erreurs de détermination sont donnés.

Dynamique : cette rubrique cherche à situer l’habitat dans une série dynamique, que celle-ci soit spontanée ou induite par les activités humaines.

Espèces indicatrices : dans cette rubrique, les espèces indicatrices – à différents niveaux – de l’habitat ont été énumérées pour 17 groupes systématiques. Ces listes ne sauraient être bien sûr considérées comme exhaustives ni définitives, certains groupes, notamment parmi les Invertébrés ou les Cryptogames non vasculaires, étant encore très mal connus dans la région.
Elles ont un double but : faciliter (confirmer) l’identification d’un habitat et aider à rechercher une espèce précise à partir de l’habitat auquel elle est inféodée.

[plante1] Espèces végétales – phanérogames et cryptogames vasculaires (fougères) – caractéristiques de l’habitat (au sens fort des phytosociologues, c’est-à-dire ne se rencontrant guère dans d’autres habitats). Les espèces souvent dominantes et imprimant sa physionomie au milieu figurent en gras. Celles précédées d’un * figurent sur la Liste Rouge de la Flore Menacée du Poitou-Charentes (SBCO, 1998)
[plante2] Espèces végétales – phanérogames et cryptogames vasculaires (fougères) – fréquentes dans l’habitat mais pouvant également se rencontrer ailleurs.
[briophytes] bryophytes
[lichens] lichens
[champignons] champignons
[algues] algues
[mammiferes] mammifères
[oiseaux] oiseaux
[reptiles] reptiles
[amphibiens] amphibiens
[poissons] poissons
[crustaces] crustacés
[mollusques] mollusques
[lepidopteres] lépidoptères
[odonates] odonates
[orthopteres] orthoptères
[coleopteres] coléoptères
[arachnides] arachnides

Valeur biologique : l’accent est mis dans cette rubrique à la fois sur la valeur intrinsèque de l’habitat, ou d’un de ses faciès (s’agit-il d’un habitat rare/menacé en Poitou-Charentes ?) et sur son intérêt pour les espèces végétales et animales qui lui sont associées (l’habitat abrite-t-il des espèces rares ?).

Menaces : on y recense les facteurs affectant réellement ou potentiellement l’habitat ainsi que l’évolution de son état de conservation global dans la région au cours des récentes décennies.

Fréquence départementale et statut régional : une carte schématique (4 classes de fréquence) résume la fréquence estimée de l’habitat dans chacun des 4 départements régionaux. [14]. Son statut régional est évoqué en quelques lignes et les sites majeurs
(= accueillant les échantillons les plus représentatifs et /ou les plus riches de l’habitat) sont cités avec renvoi aux grands inventaires récents de faune et de flore : ZNIEFF, ZICO, ZPS, NATURA 2000. On trouvera dans le Catalogue des données complémentaires qui n’ont pas été rappelées ici par souci de concision : statut européen de l’habitat (inscrit à l’Annexe I ou non), intérêt biogéographique, rareté, menaces, Valeur Patrimoniale Régionale.

De nombreuses photos présentent les habitats et certaines des espèces qui leur sont inféodées. Toutes, à de très rares exceptions près, ont été prises dans des sites de la région Poitou-Charentes.

ATTENTION : la version papier et complète du Guide des habitats, soit 476 pages en couleur au format 17×24 cm est disponible depuis fin octobre 2012, au prix public de 35 €. Si vous êtes intéressé pour avoir toutes ces fiches sous la main en permanence, allez directement à la page Publications PCN, ou contactez-nous dès maintenant en cliquant ou appelez-nous au 05 49 88 99 23.

Cultures extensives

Rédacteur : Geneviève Gueret

Physionomie – écologie

Ce sont les champs, quelquefois de céréales, mais également les cultures maraîchères, cultures florales, de petits fruits, jardins familiaux, cultivés de façon traditionnelle, sur la base du volontariat de l’exploitant, où la réduction du coût des intrants compense le manque à gagner d’un rendement plus faible. Les parcelles sont généralement plus petites que dans les cultures intensives, souvent entourées de haies, et la densité des cultures y est moins forte, laissant un espace disponible pour les adventices. Mais extensification ne signifie pas nécessairement respect de l’environnement : pour augmenter la rentabilité l’agriculteur peut être tenté d’acheter des produits moins chers mais pas moins dangereux (comme le chlorate de soude par exemple en désherbage). Parfois même, la dose de pesticides se révèle insuffisante pour être efficace, mais suffisante pour polluer. On peut recourir à l’agriculture intégrée en remplaçant la protection chimique systématique par les moyens biologiques et physiques adaptés, et ne faire appel aux pesticides que lorsque cela est inévitable, utilisant des produits à courte rémanence et faible mobilité dans le sol ; dans ce cas, on accepte de maintenir les ennemis des cultures à un niveau tolérable (notion de « seuil de nuisibilité »). L’agriculture raisonnée vise à concilier la rentabilité économique et la protection de la nature par un engagement volontaire sur toute l’exploitation. L’agriculture biologique se caractérise par le refus de l’utilisation de produits issus de l’industrie chimique de synthèse. Dans tous les cas, les cultures extensives se présentent comme un habitat herbacé assez peu
homogène, abritant une importante flore messicole. Il arrive que
les bordures et angles des champs, conduits de manière conventionnelle, présentent ces caractéristiques, dans la mesure où ils échappent aux différents traitements phytosanitaires. Souvent il est maintenu une couverture végétale sur le sol toute l’année, ce qui augmente encore la richesse biologique du milieu.

Les supports géologiques et pédologiques sont les mêmes que ceux des cultures intensives ; les cycles des plantes cultivées sont identiques ; aussi, on retrouve les mêmes groupements végétaux, mais avec une plus grandes richesse.

Le long des vallées, dans les jardins, on y rencontre la Spergule des champs, la Porcelle glabre, sur les sols sableux acides, et la Matricaire, ainsi que la Cotonnière des champs, sur les sols sablo-limoneux modérément acides, et en milieu plus humide la Renoncule sarde (Scleranthion annui).

Sur roche-mère calcaire qui couvre les plus grandes surfaces en Poitou-Charentes, on a le Peigne de Vénus, et l’Ammi élevé Ammi majus,et peut-être la chance de voir le Bleuet (du Caucalion lappulae). Au nord-ouest et à l’est de notre région, sur les sols plus acides, on observe d’autres cortèges de messicoles : la Digitaire sanguine, le Céraiste aggloméré et le Pourpier, (sous-alliance du Panico-Setarenion viridis) sont présents sur les sols sableux, tandis que la Renouée persicaire, l’Epiaire des champs, (sous-alliance de l’Eu-Polygono persicariae-Chenopodenion polyspermi ) se trouvent sur des terrains plus limoneux. La Fumeterre officinale, la Moutarde des champs ou le Souci des champs, révèlent quant à eux des sols très fertiles, enrichis en matière organique.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF 2004

Stellarietea mediae Tüxen, Lohmeyer Preising Végétation annuelle nitrophile commensale des cultures annuelles ou sarclées

Aperetalia spicae-venti Tüxen et Tüxen in Malato-Beliz, J. Tüxen et Tüxen 1960 Communautés des cultures et moissons sur sols sablonneux plus ou moins acides

Scleranthion annui (Kruseman et Vlieger) Sissingh

Arnoseridenion minimae (Malato-Beliz, J. Tüxen et Tüxen) Oberdorfer 1983 communautés des sols sableux acides

Scleranthenion annui Kruseman et Vlieger 1939 communautés des sols sablo-limoneux modérément acides

Centauretalia cyani Tüxen, Lohmeyer Preising

Caucalidion lappulae Tüxen 1950 nom. nud. Communautés eurosibériennes des cultures sur sol neutro-alcalin

Chenopodietalia albi Tüxen et Lohmeyer ex von Rochow 1951 communautés de cultures sarclées, estivales, thermophiles, sur sol eutrophe

Panico crus-galli-Setarion viridis communautés sur sol acidicline à dominance limoneuse ou sableuse

Panico crus-galli-Setarenion viridis, communautés des sols sableux

Eu-Polygono persicariae-Chenopodienion polyspermi, communautés des sols limoneux

Veronico agrestis-Euphorbion peplis sur sol très fertile et enrichi en matière organique

COR 1991

82.3 Cultures extensives

Confusions possibles

En culture extensive les groupements d’adventices sont généralement mieux typés, plus faciles à identifier que dans
les cultures intensives.

Dynamique

Ce type de culture est généralement mis en place derrière des cultures intensives. Il suppose une reconversion de l’agriculteur, et demande plusieurs années de transition. Par contre, l’abandon de la culture suit très vite la même évolution que dans le cas de l’abandon d’une culture intensive, avec un embroussaillement rapide.

Espèces indicatrices

[plante2] *Adonis annua, *Agrostemma githago, Althaea hirsuta, Apera spica-venti, Bifora radians, Bromus arvensis, *Bromus secalinus, *Bupleurum protractum, *Bupleurum rotundifolium, Calendula arvensis, *Camelina sativa, *Caucalis platycarpos, *Centaurea cyanus, *Chrysanthemum segetum, *Consolida ambigua, *Consolida regalis, Euphorbia falcata, *Fumaria densiflora, Fumaria officinalis, Galeopsis angustifolia, *Galium tricornutum, *Gladiolus communis ssp. byzanthinus,* Gladiolus italicus, Hypochoeris glabra, *Legousia speculum-veneris, Lithospermum arvense, Logfia arvensis, Matricaria recutita, *Myagrum perfoliatum, *Nigella arvensis, Nigella damascena, *Odontites jaubertianus ssp.chrysanthus, *Papaver argemone, *Papaver hybridum, *Passerina annua, Ranunculus arvensis, Scandix pecten-veneris, *Sinapis alba, Sinapis arvensis, Stachys annua, Stachys arvensis, Valerianella rimosa, Viola arvensis, Viola tricolor
[plante1] Ajuga chamaepitys, Anchusa arvensis, Aphanes arvensis, *Arnoseris minima, *Briza minor, Calepina irregularis, Cerastium glomeratum, *Coronilla scorpioides, *Delia segetalis, Digitaria sanguinalis, Geranium pusillum, *Iberis amara, * Legousia hybrida, *Myosurus minimus, *Orobanche ramosa, Papaver dubium, Papaver rhoeas, Portulaca oleracea, Ranunculus sardous, Scleranthus annuus, Spergula arvensis, Vicia villosa ssp.villosa
[briophytes] Acaulon muticum, Barbula unguiculata, Bryum argenteum, Bryum bicolor, Bryum rubens, Bryum subapiculatum, Dicranella staphylina, Dicranella varia, Entosthodon fascicularis, Ephemerum serratum, Phaeoceros laevis, Phascum cuspidatum, Pleuridium acuminatum, Pottia truncatula, Pseudephemerum nitidum, Riccia glauca, Riccia sorocarpa, Riccia warnstorfii, Sphaerocarpos michelii
[champignons] Entoloma aprile, E. clypeatum, Macrolepiota rhacodes var. bohemica, M. venenata, Morchella rotunda, M. vulgaris
[mammiferes] Lepus europaeus, Micromys minutus
[oiseaux] Bruant proyer (Emberiza calandra), Busard cendré (Circus pygargus), Busard St Martin Circus cyaneus), Caille des blés (Coturnix coturnix), Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus), Outarde canepetière (Tetrax tetrax), Perdrix rouge (Alectoris rufa)
[coleopteres] Aphis fabae, Melolonta melolonta, Sitobium avenae, Tipula sp.
[lepidopteres] Pieris brassicae, Pieris rapae

Valeur biologique

Les cultures extensives hébergeant des messicoles font partie de notre patrimoine naturel et sont un témoignage vivant des origines méditerranéennes et proche-orientales de notre agriculture : les messicoles ont souvent été introduites en même temps que les semences cultivées ; elles sont introduites à la fois par la nature et par l’homme ; elles ont évolué dans leur milieu d’adoption ; elles ont eu le mérite d’avoir créé de toutes pièces un écosystème de substitution.

Avec 44 espèces végétales inscrites sur la Liste Rouge du Poitou-Charentes, les messicoles constituent le groupe floristique le plus menacé au niveau régional : 13 espèces ont d’ores et déjà disparu – certaines depuis longtemps, d’autres au cours des 3 dernières décennies – et les 31 subsistant encore de nos jours tant bien que mal dans une agriculture toujours plus intensive sont toutes plus ou moins menacées. Les 13 espèces considérées comme disparues de la région sont les suivantes : Adonis aestivalis, Androsace maxima, Asperula arvensis, Bifora testiculata, Lolium temulentum, Neslia paniculata, Nigella gallica, Orlaya grandiflora, Polycnemum arvense, Polycnemum majus, Roemeria hybrida, Vaccaria hispanica, Turgenia latifolia.

Comme les cultures intensives, cet habitat est encore le biotope de plusieurs oiseaux rares et menacés en Europe dont la survie au niveau régional est gravement menacée par les évolutions de l’agriculture moderne : Outarde, Oedicnème, busards gris, Caille…Divers périmètres de « sauvegarde » de ces espèces ont été définis au cours de la dernière décennie et des mesures agri-environnementales proposées aux agriculteurs volontaires sous forme de contrats assortis de compensations financières.

Menaces

La principale menace est d’ordre économique. L’agriculture extensive est un choix professionnel ; pour être efficace, la démarche doit s’appliquer à l’ensemble de l’exploitation, et si possible à un maximum d’exploitations ; la mise en place technique doit être bien maîtrisée, bien suivie.

Les plaines agricoles font partie des territoires où l’érosion de la biodiversité a été la plus soutenue, et de nombreuses espèces messicoles sont actuellement en état critique de conservation. La région Poitou-Charentes serait ainsi celle qui a vu le plus d’espèces messicoles disparaître en France.

Statut régional

L’intensification de l’agriculture a touché la majeure partie des territoires agricoles de notre région, qui se sont vus profondément réorganisés, simplifiés, tant à l’échelle du paysage que des agro-écosystèmes. Aussi, ce type de culture est devenu marginal, voire accidentel.
De petits îlots de parcelles conduites de manière extensive se sont maintenus çà et là en Poitou-Charentes ou réapparaissent, sporadiquement, à la suite d’accidents culturaux.
Des initiatives en faveur de la biodiversité dans les champs cultivés émergent également dans certaines exploitations. Parfois les agriculteurs se regroupent en association.
Certains secteurs paraissent comme plus particulièrement privilégiés :

16 : vallée de la Charente, de la Tardoire
17 : val de Saintonge, Haute Saintonge
86 : vallée du Clain, Montmorillonnais, Loudunais
79 : Bressuirais, Gâtine, Mellois, val de Sèvre.

 

Cultures intensives

Rédacteur : Geneviève Gueret

Physionomie – écologie

Ce sont les cultures herbacées pour lesquelles l’objectif de l’exploitant est d’obtenir une production maximale. Les parcelles sont d’une surface optimale pour favoriser les travaux mécaniques, de quelques hectares à plusieurs dizaines d’hectares. Les semis ou plantations sont denses, pour une occupation maximale du sol par l’espèce choisie. Il en résulte un milieu monospécifique, fermé, uniforme, conférant à cet habitat une grande monotonie. Les interventions de l’homme y sont nombreuses et importantes : il est plus ou moins fertilisé, traité contre les ennemis des cultures, et souvent même irrigué. Il est le lieu de prédilection du développement de micromycètes (Charbons Ustilago sp., Oïdiums Erysiphe sp., Rouilles Puccinia sp., Septorioses Septoria sp., Fusarioses Fusarium sp., Helminthosporioses Helminthosporium sp.,) , appelés alors « maladies » et d’insectes (Pucerons Sitobium avenae, Methopolophium dirrodum, Aphis fabae, Tipules Tipula sp., Hanneton Melolonta melolonta, Charançons Centhorrhynchus sp., Méligéthes Meligethes sp., Altises Phyllotreta sp., Pyrale du maïs Ostrinia nubilalis ), qualifiés de « ravageurs ». C’est l’un des habitats les plus perturbés, où la population de certaines espèces, notamment celles qui développent des résistances aux traitements
pesticides, peut exploser, ce phénomène étant aggravé par la quasi inexistence de chaînes alimentaires pouvant les réguler.

Dans le cas des grandes cultures céréalières (Cor 82.11), les surfaces sont généralement importantes, jusqu’à plusieurs dizaines d’hectares, formant un paysage dégagé d’openfield, en similitude avec le paysage beauceron. On note alors une banalité du milieu laissant peu de place à la flore et la faune spontanées. Ces grandes cultures intensives sont le résultat des vagues successives d’aménagements fonciers où, progressivement, les voies de communications, les haies ont été effacées en même temps que les particularités paysagères. On constate également une modification de la composition des flores dans la mesure où les céréales de printemps ont régressé au bénéfice des cultures d’hiver ou de la maïsiculture ; on observe ainsi un recul des espèces à germination printanière comme la Mâche à fruits velus Valerianella eriocarpa tandis que progressent les espèces à germination automnale telles que le Lamier pourpre, le Mouron des oiseaux, la Pensée sauvage et les thérophytes estivaux comme les Amarantes. Pour certaines espèces la longueur du jour est un facteur essentiel qui détermine le moment de la floraison, ce qui favorise le groupement de cette floraison, la fécondation croisée et la production de semences ; ainsi certaines variétés de Blé Triticum aestivum, plantes de jours longs, ne peuvent fleurir que si la durée de l’éclairement dépasse un certain seuil, elles fleurissent en été, ce qui favorisent des adventices aux mêmes exigences comme la Marguerite Leucanthemum vulgare ou la Laitue Lactuca serriola ; les plantes de jours courts comme le Sorgho Sorghum sp. ou le Soja Glycine maxima doivent être semées pour recevoir une durée de jour inférieure à une durée critique, elles fleurissent en début de printemps ou en automne ; d’autres sont indifférentes à ce photopériodisme comme le Tournesol Helianthus annuus, le Maïs Zea mays ou le Pois Pisum sativum ; souvent, suite aux sélections, on observe des écotypes, variants adaptés aux conditions locales. Lorsqu’il s’agit de cultures maraîchères, florales ou de petits fruits, (Cor 82.12) et même si la logique intensive n’est pas moins réduite, l’ensemble paraît plus diversifié, plus coloré, plus riche, en raison de la taille nettement plus réduite des parcelles. Parfois, les grandes cultures, bien que traitées intensivement, sont entrecoupées de parcelles de jachères, de bandes de végétation herbacée, semées au titre de l’éco-conditionnalité (lutte contre la pollution par les nitrates) et plus rarement entre les grandes parcelles, de fines bandes de végétation herbacée spontanée refuge d’une flore et d’une faune sauvages (Cor 82.2).

Lorsque la flore locale arrive à se développer, en sous-strate ou sur les bordures, on peut noter quelques associations révélatrices du milieu : au printemps, sous les cultures, croissent la Shérardie Sherardia arvensis et la Buglosse des champs Anchusa arvensis, (des communautés eurosibériennes de l’ordre des Centaureetalia cyani) sur les terres de groie et sols bruns, légers, peu épais, riches en bases, peu argileux, liées à une roche-mère calcaire du Jurassique supérieur ou du Crétacé. Les vallées au sol léger et frais, sableux ou sablo-limoneux, sont souvent le lieu de prédilection des cultures maraîchères, florales ou de petits fruits, notamment à proximité des agglomérations ; on y rencontre la Ravenelle Raphanus raphanistrum, l’Anthemis des champs Anthemis arvensis, (ordre des Aperetalia spicae-ventii). Les sols plus acides, formés à partir des roches cristallines ou métamorphiques au nord-ouest et à l’est de notre région, ou sur les « terres rouges » et « terres de brande », ont une réserve en eau plus importante et favorisent d’autres adventices : la Mercuriale annuelle Mercurialis annua, les lamiers Lamium amplexicaule, Lamium purpureum, (ordre des Chenopodietalia albi).

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF 2004

Stellarietea mediae Tüxen, Lohmeyer Preising in Tüxen ex von Rochow 1951 Végétation annuelle nitrophile commensale des cultures annuelles ou sarclées

Aperetalia spicae-ventii Tüxen et Tüxen in Malato-Beliz, J. Tüxen et Tüxen 1960 Communautés des cultures et moissons sur sols sablonneux plus ou moins acides

Scleranthion annui (Kruseman et Vlieger) Sissingh in Westhoff, Dijk, Passchier et Sissingh 1946

Arnoseridenion minimae (Malato-Beliz, J. Tüxen et Tüxen) Oberdorfer 1983 communautés des sols sableux acides

Scleranthenion annui Kruseman et Vlieger 1939 communautés des sols sablo-limoneux modérément acides

Centauretalia cyani Tüxen, Lohmeyer Preising in Tüxen ex von Rochow 1951

Caucalidion lappulae Tüxen 1950 nom. nud. Communautés eurosibériennes des cultures et moissons sur sol neutro-alcalin

Chenopodietalia albi Tüxen et Lohmeyer ex von Rochow 1951 communautés de cultures sarclées, estivales, thermophiles, sur sol eutrophe

Panico crus-galli-Setarion viridis communautés sur sol acidicline à dominance limoneuse ou sableuse

Panico crus-galli-Setarenion viridis, communautés des sols sableux

Eu-Polygono persicariae-Chenopodienion polyspermi, communautés des sols limoneux

Veronico agrestis-Euphorbion pepli sur sol très fertile et enrichi en matière organique

COR 1991

82.11 Grandes cultures (céréales et autres) sur de grandes surfaces, en paysage d’open-field

82.12 Cultures et maraîchage (polyculture sur bandes alternées)

82.2 Cultures avec marges de végétation spontanée

Confusions possibles

Sur le terrain on observe souvent des ensembles de communautés correspondant à des formes intermédiaires dont des fragments subsistent d’une année sur l’autre, au gré des rotations des cultures, notamment en terrain acide : le Scleranthion annui alterne souvent avec le Panico-Setarion. En cas d’humidité ou de forte irrigation on peut avoir une flore proche du Bidention.

Dynamique

Formations anthropogènes issues des défrichements historiques anciens, ces habitats ont été soustraits à la dynamique naturelle, et le plus souvent à la forêt climacique ; ils sont maintenus ouverts de façon complètement artificielle, et on y a introduit des plantes extraites de leur origine géographique. Ils disparaissent rapidement dès que l’homme n’intervient plus, laissant la place à une friche, où souvent les chardons dominent, puis des espèces bisannuelles et vivaces colonisent le milieu ; l’abandon de la culture conduit vers des habitats de type prairie, mais de faible valeur agronomique et écologique ; en milieu acide, on se rapproche des pelouses calcifuges (Cor 35), et les friches calcaires tendent à s’apparenter au Mesobromion, ou au Xerobromion (Cor 34.32 ; 34.33) avec embroussaillement plus ou moins rapide par des arbustes épineux et lianes.

Espèces indicatrices

[plante2] Alopecurus myosuroides, Ammi majus, Anchusa italica, Anthemis arvensis, Anthemis cotula, Avena fatua, Euphorbia helioscopia, Euphorbia peplus, Fumaria officinalis Lamium amplexicaule, Lamium purpureum, Mercurialis annua, Papaver dubium, Raphanus raphanistrum, Setaria pumila, Sherardia arvensis, Veronica persica, Viola arvensis
[oiseaux] Busard cendré ( Circus pygargus) Busard St Martin ( Circus cyaneus), Caille des blés (Coturnix coturnix) Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus), Outarde canepetière ( Tetrax tetrax), Perdrix rouge (Alectoris rufa)
[coleopteres] Aphis fabae, Melolonta melolonta, Sitobium avenae, Tipula sp
[champignons] Clathrus archeri, Coprinus comatus, Leucoagaricus macrorhizus, Macrolepiota fuliginosa,, M. permixta, M. procera, Volvariella gloiocephala

Valeur biologique

Malgré son caractère intensif, cet habitat est encore le biotope de plusieurs oiseaux rares et menacés en Europe dont la survie au niveau régional est gravement menacée par les évolutions de l’agriculture moderne : Outarde, Oedicnème, busards gris, Caille…Divers périmètres de « sauvegarde » de ces espèces ont été définis au cours de la dernière décennie et des mesures agri-environnementales proposées aux agriculteurs volontaires sous forme de contrats assortis de compensations financières.

La richesse de cet habitat est inversement proportionnelle à l’utilisation de pesticides. Les cultures avec marges de végétation spontanée ont une plus grande valeur biologique. Les petites surfaces de cultures légumières, florales ou fruitières peuvent être soumises à de fortes pressions chimiques qui les rendent très polluantes pour l’eau, l’air, et le sol.

Les rares haies encore en place, et les quelques haies replantées, généralement en bordure des routes ou à proximité des agglomérations, contribuent à la diversité biologique de cet habitat, tant par leur présence que par la faune et la flore qu’elles favorisent.

Menaces

Les terres les plus pauvres sont souvent abandonnées simplement sans mesure de gestion, laissant place à une flore parfois exubérante où des semences introduites avec les plantes cultivées peuvent se développer au détriment des groupements locaux ; ces terres abandonnées sont également le lieu de prolifération d’invasives importées, telles que les Budléia Budleja sp. .

Une autre menace est liée à l’utilisation de pesticides, dont la visée dépasse les objectifs de l’exploitant, avec pollution de l’eau, de l’air, du sol, et donc pollution de la biomasse produite, majoritairement à destination alimentaire. L’apport d’engrais minéraux, limité aux trois nutriments- azote, potassium, phosphore – produit une alimentation plus pauvre en éléments essentiels comme le calcium, le manganèse ou le fer. D’autre part, le développement de l’irrigation agricole dans la région Poitou-Charentes rend les aquifères particulièrement vulnérables, tant sur le plan quantitatif (sécurité de l’approvisionnement des populations en eau) que qualitatif (pollution par les nitrates et les pesticides),
notamment au niveau du Jurassique (nappe du Dogger).

Une autre menace pointe : l’utilisation en grandes cultures des organismes génétiquement modifiés. Les espèces cultivées étant souvent allogames, la dissémination de pollens OGM est alors facile vers les adventices de la même famille. D’autre part, les espèces OGM sécrétant leurs propres herbicides ou insecticides, elles contribuent encore plus à l’appauvrissement génétique de ces habitats déjà peu diversifiés.

Enfin, les menaces d’érosion, d’autant plus fortes que la pente des terrains est importante, que les parcelles sont grandes, et surtout que le niveau calcique et humique sont faibles dans des sols à texture fine, peuvent entrainer la disparition complète de l’habitat, tant par érosion éolienne que par les eaux de ruissellement.

Enfin, les espèces cultivées sont de plus en plus sélectionnées dans l’objectif de la production et de moins en moins adaptées aux adversités, elles sont donc de plus en plus fragiles, mettant en péril leur existence, et par conséquent l’habitat lui-même.

Statut régional

C‘est l’habitat le plus répandu de la région Poitou-Charentes où il occupe 55% de la surface totale du sol.

Pour chaque département, les % sont les suivants :

16 : 47% des terres
17 : 51%
86 : 62% (répartis surtout au nord et au nord-ouest)
79 : 60%

Bien que les contrastes saisonniers puissent être assez marqués, les cortèges de faune et de flore des cultures intensives sont toujours très pauvres

 

Friches rudérales pluriannuelles thermophiles

Rédacteur : David Suarez

Physionomie – écologie

Cet habitat se présente sous la forme d’une friche herbacée plus ou moins dense, dont la physionomie est marquée par l’abondance d’espèces végétales bisannuelles hautes et souvent épineuses, accompagnées en sous-strate par un mélange discontinu d’annuelles et de vivaces plus basses.

Ces friches se développent sur des sols récemment remués, secs et bien éclairés, généralement sur terrains calcaires et/ou caillouteux bien drainés : zones remaniées par des travaux de terrassement (constructions de routes, extension de l’urbanisation…), talus routiers, de voie ferrée, sites industriels, abords des carrières, cultures abandonnées, terrains « vagues »… C’est un groupement pionnier et fugace qui ne subsiste guère plus de 3-4 ans, rapidement remplacé par des fourrés à ronces et prunelliers du Pruno-Rubion fruticosi ou par des prairies mésophiles en cas de fauche régulière. Le cortège végétal y est souvent très diversifié : composées épineuses (Carduus, Carthamus, Eryngium, Cirsium), mélilots, molènes, onagres, accompagnés par des adventices issues d’autres continents pouvant parfois se montrer localement envahissantes (Ambrosia artemisiifolia, Datura ssp, Senecio inaequidens…). Parfois quelques annuelles à affinité plutôt messicoles peuvent y trouver refuge, lorsque la végétation n’est pas trop dense (Iberis amara, Papaver rhoeas, Ajuga chamaepitys). Cette diversité floristique attire de nombreux insectes butineurs, qui trouvent ici une réserve de nourriture qui peut s’avérer précieuse en zone urbaine.

En Poitou-Charentes, ces friches sont présentes un peu partout, souvent en périphérie des grandes agglomérations comme Poitiers, La Rochelle, Angoulême, Niort… où elles apparaissent et disparaissent çà et là, au gré des nombreux remaniements d’origine anthropique et de leur dynamique évolutive rapide.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF 2004

Alliance : Onopordion acanthii Br.-Bl, Gajewski, Wraber Walas 1936

COR 1991

87.1 Friches sèches à grands chardons et molènes sur sols très riches en azote

Directive Habitats 1992 et Cahiers d’habitats

Non retenu

Confusions possibles

Cet habitat peut être confondu principalement avec les autres types de friches que l’on peut rencontrer sur les terrains remaniés : friches rudérales pluriannuelles mésophiles du Dauco-Melilotion albi sur sols plus riches et à dominante de vivaces, friches rudérales vivaces nitrophiles de l’Arction lappae, sur sol profond et très riche en azote… La différenciation n’est pas toujours aisée, car ces différentes friches sont parfois en contact direct. Un groupement pionnier à annuelles (Sisymbretea) se développe sur les terrains nus avant l’apparition des friches, et continue d’exister ensuite par place dans les zones dénudées au sein de celles-ci, formant une mosaïque plus ou moins complexe en fonction des différents stades d’évolution.

Dynamique

Ce groupement succède aux friches rudérales à annuelles des Sisymbretea, pionnières des sols secs remaniés. Lorsque les terrains sur lesquels il se développe ne sont pas entretenus, les ronces se montrent rapidement envahissantes et l’on passe alors aux fourrés du Pruno-Rubion fruticosi. Des arbustes apparaissent ensuite, comme le Prunellier Prunus spinosa, le Fusain d’Europe Euonymus europaeus, le Sureau noir Sambucus nigra, le Budleya Budleja davidii, puis des arbres : Orme champêtre Ulmus minor, Robiniers Robinia pseudaccacia… Une ormaie rudérale achève ainsi la dynamique naturelle.

En cas de fauche régulière, des graminées vivaces font leur apparition, et la structure de la végétation se densifie : on passe alors à une friche graminéenne sèche du Falcaro-Poaion, puis à une prairie de fauche.

Espèces indicatrices

[plante2] Althaea cannabina, Artemisia absinthium, Carduus nutans, Carthamus lanatus, *Centaurea calcitrapa, Cichorium intybus, Cirsium eriophorum, Cynara cardunculus, *Cynoglossum creticum, Cynoglossum officinale, Dipsacus fullonum, *Ecballium elaterium, *Echium asperrimum, Echium vulgare, *Galactites elegans, *Hyoscyamus niger, Lactuca viminea, *Lavatera cretica, Marrubium vulgare, *Nepeta cataria, Onopordum acanthium, Pastinaca sativa, Picris echioides, Rapistrum perenne, *Scolymus hispanicus, Silybum marianum, *Stachys germanica, Verbascum blattaria, Verbascum densiflorum, Verbascum lychnitis, Verbascum phlomoides, Verbascum floccosum, *Verbascum sinuatum, Verbascum thapsus, Verbascum virgatum
[plante1] Artemisia vulgaris, Amaranthus deflexus, Anchusa italica, (Artemisia verlotiorum), Cirsium arvense, Cirsium vulgare, (Conyza sumatrensis), Daucus carota, Diplotaxis tenuifolia, Euphorbia lathyris, Hypericum perforatum, Lactuca scariola, Malva sylvestris, (Oenothera biennis), Orobanche amethystea, Picris hieracoides, Reseda lutea, *Scorzonera laciniata, (Senecio inaequidens), Silene latifolia subsp. alba, *Sisymbrium austriacum, Tordylium maximum
[briophytes] Barbula unguiculata, Brachythecium rutabulum, Dicranella varia, Hypnum cupressiforme, Hypnum lacunosum, Phascum cuspidatum, Pottia davalliana, Pottia intermedia, Pottia lanceolata, Scleropodium purum
[oiseaux] Chardonneret élégant (Carduelis carduelis)
[champignons] Coprinus comatus, C. micaceus

Valeur biologique

Cet habitat très commun dans la région ne présente pas de valeur biologique majeure. Néanmoins, la gamme étendue de substrats sur lesquels il se développe peut parfois permettre l’installation d’espèces végétales plus rares, issues d’autres groupements pionniers. C’est le cas de certaines plantes adventices des cultures (messicoles), qui, suite à l’utilisation massive d’herbicides, trouvent ici un habitat de substitution. Cependant, l’apparition de ces espèces est souvent fugace, puisqu’il s’agit souvent d’annuelles qui ne supportent pas longtemps la densification rapide de la végétation. Dans notre région, située au croisement de plusieurs influences climatiques, notamment méditerranéenne, l’extension de l’aire de répartition de certaines espèces s’effectue souvent le long des grandes voies de communication (voies ferrées, grandes routes…), via les friches installées sur leurs talus. Cette colonisation existait déjà du temps des romains. La grande diversité floristique qui le caractérise attire de nombreux insectes butineurs, parmi lesquels on peut parfois observer des lépidoptères peu communs.

Menaces

Cet habitat n’est pas menacé en Poitou-Charentes, puisqu’il est bien présent un peu partout, notamment en périphérie urbaine. Par contre, les surfaces occupées ainsi que leur localisation sont changeantes, puisque ce groupement lié aux terrassements et remaniements de terrains reste fugace, victime de sa propre dynamique naturelle.

Statut régional

Habitat commun partout en Poitou-Charentes, notamment aux abords des grandes agglomérations.

Les Astéracées épineuses sont en général bien représentées dans les friches thermophiles.

Les molènes comptent parmi les végétaux les plus spectaculaires des friches thermophiles.

 

Pavements

Rédacteur : Guy Chezeau

Physionomie – écologie

Cet habitat est formé d’un tapis végétal ras discontinu occupant les espaces présents entre les pavés au sol ou dans les fissures d’autres types de revêtements durs. Il s’agit d’un milieu soumis à un piétinement et ou à un roulage intenses. Le sol n’est pas véritablement développé mais simplement constitué d’éléments plus ou moins décomposés, toujours enrichis en azote et mélangés à la terre ou au sable qui ont servis à sceller les pavés lors de leur mise en place.

Ces derniers sont constitués de matériaux la plupart du temps allochtones (granite, grès reconstitué, dalles de calcaire ou de ciment….). Les conditions de vie au niveau de ces microhabitats sont sévères : gorgés d’eau après une pluie, arides en période de sécheresse, soumis à des désherbages fréquents, ils ne peuvent être colonisés que par un faible nombre d’espèces.

Parmi les hémicryptophytes, l’espèce la plus représentée est la Sagine rampante, accompagnée de quelques thérophytes comme le Pâturin annuel auxquels se joignent des mousses du genre Bryum, l’ensemble constituant une végétation à faible recouvrement.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF 2004

Saginion procumbentis Tüxen Ohba in Géhu, Richard Tüxen 1972

Communautés eurosibériennes, mésophiles à mésohygrophiles, dans les interstices des pavés, riches en Bryophytes pionniers.

Polycarpion tetraphylli Rivas-Martinez 1975

Communautés méditerranéennes occidentales, pré-estivales, à irradiation thermoatlantique.

COR 1991

86 p.p. Villes et villages

Confusions possibles

Un groupement végétal est très voisin et montre la plupart des mêmes espèces. Il s’agit du Polygono arenastri – Coronopodion squamati Br.-Bl. correspondant à la végétation des pelouses urbaines très piétinées et négligées. Cependant, l’absence des pavés permettra d’éviter la confusion.

Dynamique

Il n’y a pas de dynamique naturelle sauf cas exceptionnel lié à l’abandon avec arrêt du piétinement.

Espèces indicatrices

[plante2] Sagina procumbens
[plante1] (Euphorbia maculata), Poa annua, Plantago major ssp.major, Polycarpon tetraphyllum, Polygonum aviculare, Portulaca oleracea, Sagina apetala, Saxifraga tridactylites, *Tragus racemosus, *Tribulus terrestris, Verbena officinalis
[briophytes] Barbula convoluta, Bryum argenteum, Bryum bicolor, Lunularia cruciata, Marchantia polymorpha
[lichens] Collema tenax

Valeur biologique

Ce type d’habitat ne renferme en général pas d’espèce végétale patrimoniale (sauf dans certaines localités du littoral 17 où peuvent apparaître des espèces thermophiles comme la Croix-de-Malte Tribulus terrestris) ; c’est un milieu pratiquement azoïque, les pavés même disjoints ne permettant pas l’installation d’espèces animales. Sa valeur biologique reste donc faible.

Menaces

Le Saginion procumbentis correspond à une communauté qui n’a jamais été banale ni répandue en Poitou-Charentes, les pavements ne constituent pas, en effet, une technique très utilisée dans les cours de ferme ou les chemins sur des sols qui restent filtrants et sèchent rapidement.

Les pavements modernes sont parfaitement ajustés et ne laissent place à aucune espèce végétale, on peut donc souhaiter que les rares pavements anciens encore rescapés soient conservés en l’état.

Statut régional

Ces milieux n’ont fait l’objet d’aucun inventaire en région, ils sont par conséquent mal connus. On peut cependant estimer qu’ils subsistent essentiellement en milieu urbain.

 

Ruines et vieux murs

Rédacteur : Guy Chezeau

Physionomie – écologie

Ces habitats créés par l’homme sont artificiels, cependant un abandon prolongé leur confère des analogies importantes avec les milieux rocheux naturels. Si la nature du substrat ne joue qu’un rôle limité, l’exposition et surtout le nombre et l’importance des anfractuosités constituent des facteurs primordiaux conditionnant la nature de la végétation et la présence d’une faune conséquente. La proximité géographique ou historique des activités humaines a pour conséquence un enrichissement de ces milieux en azote. L’épaisseur relativement faible du mur détermine des variations de température qui peuvent être assez brutales en fonction des conditions météorologiques mais aussi de l’exposition. Ceci explique en partie l’importance que prennent les Cryptogames dans la végétation : lichens, mousses et fougères. Les plantes à fleurs sont représentées par des thérophytes (pâturin, cardamine…), des hémicryptophytes (pariétaire) et des chaméphytes herbacés (cymbalaire, giroflée) ou succulents (sedum), toutefois lorsque les trous et fissures sont suffisamment importants peuvent se développer des phanérophytes notamment des lianes (lierre) voire des arbustes (figuier). Le recouvrement est très variable, de 10 à 20% en général, il peut atteindre plus de 50% lorsque des lithophytes de type lichens et mousses se développent en utilisant leurs proprietés de reviviscence.

On pourra distinguer entre d’une part les facades très chaudes et ensoleillées des murs riches en lithophytes et en chasmophytes appartenant à la classe des Asplenietea trichomanis, abritant la majeure partie de la faune et d’autre part les facades plus humides avec mousses et fougères de la classe des Parietarietea judaicae.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF 2004

Communautés nitrophiles, seules présentes en ville :

PARIETARIETEA JUDAICAE Rivaz-Martinez in Rivaz Goday 1964

Syn. : Cymbalario-Parietarietea diffusae Oberdorfer, Görs, Korneck, Lohmeyer, Müller, Philippi Seibert 1967 nom. nud. (atr. 2B, 8)

Parietarietalia judaicae Rivaz-Martinez ex Rivaz Goday 1964

Communautés vivaces non nitrophiles

ASPLENIETEA TRICHOMANIS (Br.-Bl. In Meier Br.-Bl. 1934) Oberdorfer 1977

COR 1991

86.1 Villes

86.2 Villages

Confusions possibles

L’artificialité de ces habitats rend les confusions difficiles, pourtant l’identification phytosociologique ne semble pas toujours facile, spécialement lorsque le nombre des espèces est faible. Il n’est en effet pas rare d’avoir à faire à une végétation monospécifique (pariétaire) ou limitée à un très petit nombre d’espèces.

Dynamique

La dynamique est faible voire nulle lorsque la végétation muricole est installée ; les interventions humaines souvent drastiques peuvent entrainer par contre une réinstallation puis une évolution rapide de cette même végétation.

Sur les ruines laissées à l’abandon, on assiste à l’évolution vers un mileu préforestier avec l’installation d’espèces arbustives puis d’arbres correspondant au manteau.

Espèces indicatrices

[plante2] (Centranthus rubrer) , (Cheiranthus cheiri), (Corydalis lutea), (Corydalis ochroleuca), (Cymbalaria muralis), (Dianthus caryophyllus), (Erigeron karvinskianus), Parietaria judaica, Umbilicus rupestris
[plante1] Asplenium adiantum-nigrum, Asplenium ruta-muraria, Asplenium ceterach, Hedera helix, Polypodium cambricum, Polypodium interjectum, Polypodium vulgare, Sedum acre
[briophytes] Anomodon viticulosus, Bryum caespiticium, Bryum capillare, Didymodon rigidulus, Didymodon vinealis, Grimmia crinita, Grimmia orbicularis, Grimmia pulvinata, Homalothecium sericeum, Hypnum cupressiforme, Orthotrichum anomalum, Pseudocrossidium revolutum, Schistidium apocarpum, Tortula muralis, Trichostomum crispulum
[mammiferes] Eliomys quercinus, Myotis mystacinus, Myotis nattereri, Pipistrellus ssp., Plecotus austriacus, Suncus etruscus
[mollusques] Balea perversa, Chilostoma squamatinum, Clausilia rugosa parvula, Lauria cylindracea, Pupilla bigromata, Pupilla triplicata, Pyramidula spp.
[reptiles] Hierophis viridflavus, Podarcis muralis
[oiseaux] Athene noctua, Petronia petronia, Phoenicurus ochruros, Phoenicurus phoenicurus, Troglodytes troglodytes
[arachnides] Segestria ssp.
[coleopteres] Anthophora ssp., Osmia ssp., Sitaris muralis,

Valeur biologique

Ces habitats abritent une flore et une faune constituées d’espèces pouvant paraître banales, pourtant ils constituent des témoins des écosystèmes qui ont accompagné l’homme au
cours des temps historiques dans ses installations en milieu
urbain.

Actuellement, ils participent grandement au maintien de corridors biologiques en secteur urbain.

Menaces

La menace principale vient des réfections qui sont menées au nom de la modernisation et de l’embellissement et qui ont entrainé un ravalement des murs tant en ville que dans la plupart des communes rurales. En rase campagne de nombreux murs de pierre sèche ont également été sacrifiés au bénéfice des remembrements.

Statut régional

Ces habitats ne sont pas recensés au titre des inventaires naturalistes et à ce titre sont souvent mal connus ; leur fonction dans le maintien d’une biodiversité dite « ordinaire » est mise à mal un peu partout, elle est pourtant incontestable, ils mériteraient donc d’être sérieusement répertoriés.
En Poitou-Charentes, les secteurs où les parcelles agricoles sont délimitées par des murs de pierre sèche sont rares, on les rencontre encore dans certaines parties des Deux Sèvres et de la Vienne. Les vieux murs sont toujours en secteur bâti.

Les vieux murs sont le lieu de naturalisation de nombreuses espèces végétales introduites depuis longtemps pour leurs vertus décoratives ou médicinales

 

Grottes et cavités artificielles

Rédacteur : David Ollivier

Physionomie – écologie

Les grottes et les cavités artificielles ont une physionomie et des conditions de température et d’hygrométrie qui leur sont particulières.

Les grottes naturelles sont issues de la dissolution de la roche calcaire formant ainsi un réseau karstique. La région Poitou-Charentes compte plusieurs centaines de grottes naturelles. Leur développement reste cependant assez modéré si on le compare avec celui des cavités d’autres régions plus connues pour la pratique de la spéléologie, telles que celles Var ou de l’Aveyron. Les grottes se caractérisent par l’absence ou presque de lumière, une température généralement stable, une absence de courant d’air et une hygrométrie souvent élevée.

La combinaison de ces critères correspond aux exigences écologiques des chiroptères en hibernation, mais aussi en période de reproduction pour certaines espèces. Les chauves-souris cavernicoles recherchent en hiver des gîtes pourvus d’une ambiance fraîche et humide (10°C ; 80% d’humidité), une grande tranquillité et une absence de courant d’air. Une température plus élevée est indispensable pour la période de reproduction.

Les grottes comportent souvent des passages étroits parfois inaccessibles pour l’homme et permettant généralement la communication entre des « salles » de plus grands volumes.

Certaines grottes sont parfois caractérisées par le passage de rivières souterraines ou la présence d’une nappe phréatique.

L’entrée des grottes naturelles est généralement insérée au sein des parois rocheuses ou simplement se présente sous forme d’un gouffre situé à même le sol.

Les cavités artificielles, très nombreuses dans la région, se présentent généralement sous la forme de galeries labyrinthiques, hautes de plafond (2 à 3 mètres, quelques fois plus) avec un développement qui peut atteindre plusieurs kilomètres avec peu ou pas de dénivelé. La lumière y est là aussi absente, sauf dans les premiers mètres après l’entrée, la température généralement stable peut néanmoins connaître des écarts plus importants à la proximité des entrées et des puits d’aération. Ces derniers peuvent d’ailleurs être à l’origine de courants d’air qui parcourent une partie ou la totalité des galeries.

L’hygrométrie est généralement moins importante que dans les cavités naturelles.

Les cavités naturelles et artificielles de la région Poitou-Charentes constituent, en hiver, le milieu de prédilection des chauves-souris cavernicoles dont elles accueillent d’importantes populations. Par ailleurs quelques cavités naturelles abritent aussi de fortes colonies de reproduction. Ces populations sont, pour certaines espèces, d’intérêt national. Par conséquent, plusieurs de ces gîtes sont désignés comme sites à haute valeur patrimoniale (site Natura 2000, ZNIEFF, Site CREN).

Phytosociologie et correspondances typologiques

CORINE 1991

65.4 Grottes naturelles

88 Espaces souterrains artificiels (carrières, mines…)

Directive Habitats 1992

8310 Grottes non exploitées par le tourisme

Confusions possibles

Il n’existe pas de confusion possible avec un autre habitat naturel. Les abris sous roche sont très peu profonds et ne sont pas considérés pas comme des grottes car la lumière y pénètre dans leur totalité ou quasi-totalité. Généralement, ces excavations sont moins riches en biodiversité faunistique car elles ne réunissent pas les conditions nécessaires à l’hivernage ou la reproduction des chiroptères. Ces abris peuvent néanmoins accueillir temporairement quelques individus de chauves-souris en période de transit entre les gîtes d’été et d’hiver ou être utilisés comme gîtes secondaires au cours des nuits de chasse.

Dynamique

La dynamique végétale est nulle car la lumière ne permet pas à la végétation de se développer. Seules les entrées de grottes peuvent accueillir quelques fougères, accompagnées de quelques bryophytes, tant que l’apport de lumière reste suffisant. L’ouverture d’une entrée nouvelle va donc perturber l’équilibre de la grotte en créant un puit de lumière, mais aussi en favorisant l’apparition de courants d’air, en diminuant les conditions d’hygrométrie et en rendant la grotte plus vulnérable aux écarts de température. De telles ouvertures vont donc généralement nuire à la richesse biologique de la grotte.

Espèces indicatrices

[mammiferes] En hibernation : Barbastella barbastellus, Eptesicus serotinus, Miniopterus schreibersi, Myotis bechsteini, Myotis blythii, Myotis daubentoni, Myotis emarginatus, Myotis myotis, Myotis mystacinus, Myotis nattereri, Nyctalus lasiopterus, Nyctalus leisleri, Nyctalus noctula, Pipistrellus kuhlii, Pipistrellus nathusii, Pipistrellus pipistrellus, Plecotus auritus, Plecotus austriacus, Rhinolophus euryale, Rhinolophus ferrrumequinum, Rhinolophus hipposideros
En reproduction : Rhinolophus euryale, Miniopterus schreibersi, Myotis emarginatus, M.myotis, Rhinolophus ferrumequinum
Meles meles, Vulpes vulpes
[oiseaux] Chouette effraie (Tyto alba), Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes)
[lepidopteres] La Découpure (Scoliopteryx libatrix) ; en hibernation : Paon du jour (Inachis io), Vulcain (Vanessa atalanta)
[arachnides] Meta bourneti, Meta menardi

Valeur biologique

Les grottes naturelles et, parfois, les cavités artificielles jouent un rôle prépondérant pour le maintien des populations de chauves-souris. Ces mammifères sont tous protégés et figurent aux annexes II et/ou IV de la Directive européenne Habitats Faune-Flore.

Les grottes constituent des gîtes de reproduction ou d’hibernation, parfois simplement des gîtes temporaires pour les chauves-souris. Selon les espèces, elles sont fréquentées plutôt l’hiver ou plutôt l’été, soit par des colonies de mâles soit par des colonies de reproduction, et parfois les deux pour les espèces qui se reproduisent dans les cavités naturelles.

Certaines cavités de la région Poitou-Charentes abritent des colonies de chauves-souris dont les effectifs sont d’importance nationale et européenne.

Les grottes, outres les chauves-souris, accueillent une faune comprenant des espèces très spécialisées telles que l’Araignée cavernicole Meta menardi qui vit et chasse dans les grottes ou encore la noctuelle (lépidoptère) nommée « la Découpure » Scoliopteryx libatrix. Quelques papillons de jour fréquentent les grottes pour y passer la mauvaise saison comme le Paon du Jour ou le Vulcain. Certains animaux comme le Loir fréquentent les entrées de grottes où la lumière est faible mais encore présente. Le Blaireau, le Lapin ou le Renard peuvent à l’occasion y creuser leur terrier. Des oiseaux peuvent même y nicher à l’image du Troglodyte mignon ou du Rougequeue noir. Enfin les grottes peuvent servir d’abri à quelques amphibiens pour passer l’hiver.

Menaces

La fréquentation humaine est à l’origine de dérangements parfois fatals au sein des colonies de chauves-Souris. Les périodes hivernale et estivale sont particulièrement sensibles. Les chauves-souris plongées en léthargie hivernale vont utiliser l’énergie utile à leur hibernation à chaque réveil occasionné par d’éventuels dérangements. Cela peut compromettre leur survie lors du réveil printanier car elles sont alors trop faibles pour aller chasser. L’été ce sont les jeunes encore non volants qui sont menacés par l’affolement de la colonie qui risque de les faire tomber (à terre) sans possibilité d’en réchapper.

D’autres activités humaines parfois observées dans les cavités artificielles telles que le feu, l’organisation de soirées improvisées (« rave party »)… sont autant de menaces qui peuvent peser sur leur richesse biologique.

L’aménagement des grottes (création d’ouverture ou de nouvelles entrées) peut enfin modifier les conditions internes (température, hygrométrie) à un tel point qu’elles deviennent défavorables à l’installation d’une colonie de chauves-souris pour les années à venir.

Statut régional

Dans la région Poitou-Charentes, ce type de milieu est localisé aux régions au sous-sol calcaire. La Charente et la Vienne sont les départements où cet habitat est le plus fréquent. En revanche, en Deux-Sèvres, les grottes sont plus rares.

Les sites les plus remarquables sont intégrés et décrits dans les inventaires du patrimoine naturel récents (ZNIEFF, NATURA 2000) auxquels on se reportera pour plus de détails.

16 : grotte de Rancogne, Fosse Mobile, grotte de Grosbot
17 : carrière de l’Enfer, carrière de Fief de Foye
79 : carrières de Loubeau
86 : carrières des Pieds Grimaud, grottes de la basse vallée de la Gartempe, de la vallée de l’Anglin, carrière des Lourdines

 

Parois siliceuses

Rédacteur : David Ollivier

Physionomie – écologie

Les parois rocheuses siliceuses du Poitou-Charentes sont principalement composées de roche granitique et plus localement de formations géologiques schisteuses. Ces falaises verticales ne permettent l’installation de la végétation qu’à l’occasion des fissures de la roche et les végétaux y sont plutôt dispersés, localisés et discrets. Le sol issu de la dégradation de la roche est pauvre en bases et en nitrates. L’enrichissement en matières azotées contribue à la variabilité de l’habitat en favorisant la présence de plantes nitrophiles au détriment du cortège spécifique caractéristique. Les plantes vasculaires sont représentées surtout par les fougères accompagnées d’une certaine abondance de lichens et de bryophytes. Selon l’exposition et les conditions d’humidité, les périodes de sécheresse peuvent être prolongées et les amplitudes thermiques parfois importantes (conditions héliophile et thermophile), ce qui favorisent la présence d’une flore particulièrement spécialisée tels que les sedums ou le Nombril de Vénus. En revanche, certaines espèces supportant mal la dessiccation, telles que la Doradille de Billot Asplenium obovatum subp. billotii vont préférer les roches très ombragées et dont les fissures collectent les eaux de pluie.

En Poitou-Charentes, l’habitat est entièrement regroupé dans les falaises eu-atlantiques siliceuses (Asplenio billotti-Umbilicion rupestris) et se décline en 2 associations végétales et plusieurs groupements à statut incertain :

  • en conditions thermophiles et héliophiles, communauté à Umbilicus rupestris et Silene vulgaris ssp. bastardii ( Umbilico rupestris-Silenetum bastardii )
  • en conditions hygrophiles-sciaphiles, communauté à Asplenium obovatum ssp. billotii et Umbilicus rupestris (Umbilico rupestris-Asplenietum billotii).

Au titre des groupements de statut incertain, il faut mentionner une communauté à Polypodium cambricum (existe aussi sur rochers calcaires mais avec une composition floristique différente), une communauté appauvrie ne possédant que quelques Asplenium et/ou Polypodium vulgare.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF2004

ASPLENIETALIA SEPTENTRIONALIS Oberdorfer al. ex Loisel

Asplenio billotii-Umbilicion rupestris de Foucault

Umbilico rupestris-Silenetum vulgaris ssp. bastardii (Godeau) de Foucault, Godeau Bouzillé in de Foucault

Umbilico rupestris-Asplenietum billotii de Foucault

CORINE 1991

62.21 Falaises siliceuses des montagnes médio-européennes

62.212 Falaises siliceuses hercyniennes

Directive Habitats 1992 et Cahiers d’habitats

8220-13 Végétation chasmophytique des pentes rocheuses silicicoles

Confusions possibles

Il n’existe pas de confusion possible avec un autre habitat naturel. Les falaises siliceuses, outre la nature de la roche, présentent une végétation relativement différente des parois calcaires, composée en autres d’Asplenium septentrionale, Umbilicus rupestris ou encore d’Asplenium obovatum subsp. billotii. Certaines fougères, apparemment indifférentes à la nature de la roche, telles que Asplenium trichomanes, ont en fait différencié des sous-espèces distinctes selon le substrat : ssp.quadrivalens sur calcaire et ssp.trichomanes sur silice.

L’abondance des lichens caractérise assez souvent les parois siliceuses, contrairement aux parois calcaires où ils sont généralement moins fréquents.

Dynamique

La végétation des parois siliceuses peut se développer grâce à l’accumulation d’humus et de particules minérales au sein des fissures de la roche. Le sol est donc de très faible profondeur parfois même quasi inexistant et ne permet généralement pas l’installation d’espèces ligneuses hormis peut être quelques Ericacées dans les anfractuosités les plus prononcées.

La dynamique naturelle de ce type d’habitat est donc quasiment stable.

Il arrive parfois que le lierre « escalade » la falaise pour former une nappe dense et uniforme au détriment de la végétation chasmophytique des parois.

Espèces indicatrices

[plante2] *Asplenium foreziense, *Asplenium obovatum subp. billotii, *Asplenium septentrionale, Asplenium trichomanes ssp trichomanes, Micropyrum tenellum, Sedum album, sedum rupestre, Umbilicus rupestris
[plante1] Coincya cheiranthos, Digitalis purpurea
[briophytes] Amphidium mougeotii Barbilophozia attenuata, Barbilophozia barbata, Bartramia pomifera, Campylopus pilifer, Campylopus polytrichoides Cynodontium bruntonii, Dicranoweisia cirrata, Diplophyllum albicans, Grimmia decipiens, Grimmia laevigata, Grimmia montana, Hedwigia ciliata, Jamesionella autumnalis, Marsupella emarginata, Metzgeria conjugata, Plagiothecium nemorale, Plagiothecium succuletum, Pterogonium gracile, Racomitrium heterostichum, Racomitrium lanuginosum, Scapania compacta, Schistostega pennata, Targionia hypophylla, Tritomaria quinquedentata
[lichens] Buellia sp., Chrysothrix candellaris, Cladonia coccifera gr, Diploschistes scruposus, Lecanora orosthea, Lepraria sp., Parmelia conspersa, Parmelia omphalodes, Parmelia pulla, Pertusaria lactea, Rhizocarpon gr.geographicum, Tephromela atra, Umbilicaria pustulata
[champignons] Geopora arenosa

Valeur biologique

Les parois rocheuses siliceuses abritent une flore originale et très spécialisée participant à la biodiversité ordinaire mais aussi patrimoniale du Poitou-Charentes. Certaines espèces sont en effet rares à très rares pour la région, telles que la Doradille de Billot Asplenium obovatum subsp. billotii disséminé en quelques localités au sein du Poitou-Charentes et la Doradille du Forez Asplenium foreziense connue seulement d’une unique station contenant une seule touffe.

Les parois rocheuses servent par ailleurs de support de nidification à certains oiseaux rares dans la région et protégés tels que le Faucon pèlerin ou simplement d’habitat de chasse et d’hivernage à d’autres espèces non nicheuses.

Menaces

La végétation des parois rocheuses se développe sur un sol quasi inexistant et de ce fait est très sensible à l’érosion et au piétinement. Quelques exemples en région Poitou-Charentes montrent que la pratique intensive de « sports de nature » tels que l’escalade sur ce type de parois nuit au maintien de cet habitat naturel sensible en bon état de conservation d’autant que la pratique de ce sport est parfois accompagnée de traitements herbicides de la roche.

Les plantes à croissance relativement difficile et lente mettront beaucoup de temps à recoloniser ce type de milieu après de telles perturbations d’origine anthropique.

La proximité des activités humaines telles que la présence d’une zone urbaine dans l’environnement proche des falaises constituent parfois une menace de banalisation des espèces de cet habitat soit par apparition d’espèces exogènes envahissantes échappées des jardins voisins, soit par une gestion plutôt « jardinée » pratiquée parfois par les services d’entretien municipaux. Ce type de gestion se traduit souvent par l’introduction d’espèces horticoles et par l’usage d’herbicides.

Statut régional

Dans la région Poitou-Charentes, ce type de milieu est localisé aux affleurements cristallins présents aux confins du Limousin des départements de la Charente et de la Vienne, mais aussi à la faveur de discordances géologiques (Ligugé, 86) ou encore au sein de la Gâtine Poitevine dans le département des Deux-Sèvres. Il manque totalement en Charente-Maritime.

Sites remarquables :

16 : gorges de l’Issoire (St Germain-de-Confolens), vallée de la Tardoire
79 : vallée de l’Argenton (nombreux sites), vallée de la cascade de Pommiers
86 : Iles de Pont (Ligugé), vallée de la Gartempe (Lathus-Saint-Rémy, Saulgé)

Les parois siliceuses abritent 2 fougères rares en région Poitou-Charentes

 

Parois calcaires

Rédacteur : David Ollivier

Physionomie – écologie

Les falaises calcaires du Poitou-Charentes sont pour la plupart composées de calcaire du Jurassique moyen et supérieur qui a la propriété d’être assez dur et de calcaire plus tendrecomme le tuffeau du Crétacé supérieur. Ces parois sont souvent façonnées par l’érosion qui permet le rajeunissement du milieu. Le substrat issu de la dégradation de la roche est riche en base et généralement pauvre en azote. L’enrichissement en matières azotées est un facteur de variabilité et favorise l’apparition de plantes nitrophiles ( Parietarietalia judaicae ) telles que Chelidonium majus et/ou Geranium robertianum. L’exposition au soleil et les conditions d’hygrométrie influent sur la composition spécifique de la végétation des parois calcaires. Cette dernière héberge souvent des espèces naturalisées échappées des jardins telles que Centranthus ruber, Dianthus caryophyllus, Cheiranthus cheiri ou encore le figuier Ficus carica, parfois naturalisé dans certaines falaises du sud de la région.

On distingue 2 types de communautés différentes pouvant s’installer sur ces parois selon le niveau d’éclairement. La première, plutôt héliophile et thermophile, se rencontre sur les falaises continentales sèches ( Potentilletalia caulescentis ) avec Asplenium ruta-muraria, Parietaria judaica et Ceterach officinarum. La végétation, composée surtout de plantes vasculaires, est généralement clairsemée et localisée au niveau des fissures.

La seconde, sciaphile, comprend au moins 5 communautés végétales distinctes, dont 4 sont rares et localisées :

  • une communauté basale, répandue, à Scolopendre et divers Asplenium, colonisant les rochers calcaires forestiers de toute la région ;
  • une communauté à Polypodium cambricum, thermo-sciaphile, connue surtout dans la moitié sud de la région ;
  • une communauté à Asplenium trichomanes ssp.pachyrachis, continentale-thermophile, connue seulement des environs de Poitiers, d’ Angles-sur-l’Anglin et d’Angoulême ;
  • une très rare communauté à Cystopteris fragilis, et diverses autres fougères, de talus forestier en ambiance climatique fraîche (nettes affinités avec la végétation des falaises calcaires ombragées collinéennes ou montagnardes) ;
  • une communauté thermophile et hygrophile se développant au niveau de suintements ombragés et de sources calcaires, généralement en exposition sud et dominée par Adiantum capillus-veneris (Adiantetea capilli-veneris). L’abondance de cette fougère facile à reconnaître confère à ce groupement végétal une physionomie en forme de draperie tout à fait particulière. Cette communauté, d’origine méditerranéenne, est surtout répandue en Charente (environs d’Angoulême) mais elle se raréfie fortement plus au nord.

Phytosociologie et correspondances typologiques

PVF2004

ADIANTETEA CAPILLI-VENERIS Braun-Blanquet

ADIANTETALIA CAPILLI-VENERIS Braun-Blanquet

Adiantion capilli-veneris Braun-Blanquet

ASPLENIETEA TRICHOMANIS Br.-Bl. In Meier Braun-Blanquet

POTENTILLETALIA CAULESCENTIS Br.-Bl. In Braun-Blanquet Jenny

Potentillion caulescentis Br.-Bl. In Braun-Blanquet Jenny

Cystopteridion fragilis (Nordhagen) Richard

PARIETARIETALIA JUDAICAE Rivas-Martinez ex Rivas-Goday

Parietario judaicae-Centranthion rubri Rivas-Martinez

CORINE 1991

62.1- Végétation des falaises continentales calcaires sèches
62.51– Falaises continentales humides méditerranéennes
62.52– Falaises continentales humides septentrionales

Directive Habitats 1992

8210– Pentes rocheuses calcaires avec végétation chasmophytique

Confusions possibles

Il n’existe pas de confusion possible avec un autre habitat naturel. En effet les falaises calcaires se distinguent non seulement par la nature de la roche mais aussi par une végétation relativement différente des parois siliceuses, même si quelques fougères, indifférentes à la nature de la roche, telles que Asplenium trichomanes, peuvent être présentes dans les deux cas.

D’autre part, quelques espèces des falaises humides septentrionales se retrouvent au sein d’autres habitats naturels, souvent en contact avec ce dernier lorsqu’elles sont insérées en contexte forestier. Il s’agit des forêts de pentes sur calcaire ( Tilio-acerion  ; COR : 41.41) dont la strate herbacée comporte aussi une certaine abondance de Phyllitis scolopendrium.

Dynamique

L’érosion naturelle des parois calcaires contribue au rajeunissement permanent de la végétation. D’autre part, le sol de très faible profondeur, parfois quasi inexistant, ne permet généralement pas l’installation d’espèces ligneuses. Dans les fissures les plus profondes et les plus stables, ou sur des corniches, les ligneux arrivent tout de même à s’installer pour former des fourrés de corniche tels que les fourrés à Prunus mahaleb, Rhamnus alaternus, Rhamnus saxatilis (en Charente seulement) ou sous une forme plus nitrophile à Ulmus minor et Sambucus nigra.

Dans le cas de fissures prononcées ou lorsque que la pente devient moins abrupte il est possible d’observer une végétation proche de celle des corniches caractérisée par la présence de divers sedums et parfois même celle des pelouses sèches calcicoles (pelouse à Seslérie bleue, par exemple).

Enfin, il arrive parfois que le lierre « escalade » la falaise pour former une nappe dense et uniforme au détriment de la végétation chasmophytique caractéristique de ce type de parois.

Espèces indicatrices

[plante2] *Adiantum capillus-veneris , Asplenium adiantum-nigrum, Asplenium ruta-muraria, Asplenium trichomanes ssp.pachyrachis, Asplenium trichomanes ssp.quadrivalens, Ceterach officinarum, *Cystopteris fragilis, Parietaria judaica, Phyllitis scolopendrium, Polypodium cambricum, Polypodium interjectum, Sedum album, Sedum rupestre, Silene nutans
[plante1] *Campanula rotundifolia, Cardamine hirsuta, Centranthus ruber, Cheiranthus cheiri, Cymbalaria muralis, Dianthus caryophyllus, Draba muralis, Ficus carica, Geranium lucidum, Geranium robertianum, Hedera helix
[briophytes] Anomodon viticulosus, Cephaloziella baumgartneri, Conocephalum conicum, Didymodon tophaceus, Eucladium verticillatum, Fissidens gracilifolius, Frullania dilatata, Grimma crinita, Grimmia orbicularis, Grimmia tergestina, Gymnostomum calcareum, Gyroweisia tenuis, Jungermannia atrovirens, Leptobarbula berica, Orthotrichum anomalum, Porella arboris-vitae, Porella platyphylla, Radula complanata, Scorpidium circinatum, Seligeria pusilla, Southbya nigrella, Southbya tophacea, Tortella inflexa, Tortella nitida, Tortella tortuosa, Tortula marginata, Weisia crispata
[lichens] Aspicilia calcarea, Caloplaca heppiana, Caloplaca saxicola, Collema cristatum, Lecanora crenulata, L. dispersa, Opegrapha sp., Placynthium nigrum, Protoblastenia rupestris, Verrucaria glaucina, V. nigrescens
[mollusques] Abida secale, Chilostoma squamatinum, Chondrina avenacea, Cochlostoma septemspirale, Granopupa granum, Helicigona lapicida, Pyramidula spp.

VALEUR BIOLOGIQUE

Les parois rocheuses calcaires sèches ensoleillées ( Potentilletalia caulescentis ) abritent une flore originale et très spécialisée participant à la biodiversité ordinaire du Poitou-Charentes. Certaines fougères comme les Asplenium trouvent ici leur milieu de prédilection avec les vieux murs en pierres calcaires qui constituent un milieu de substitution à ce type de végétation.
Les suintements et une exposition ensoleillée (thermophile mais pas héliophile stricte) sur parois calcaires font partie des exigences écologiques d’Adiantum capillus veneris, petite fougère inscrite sur la Liste Rouge des espèces rares et menacées de la région Poitou-Charentes.

Les parois rocheuses servent de support de nidification à certains oiseaux rares dans la région et protégés tels que le Faucon pèlerin, ou simplement d’habitat de chasse et d’hivernage à d’autres espèces telles que le Tichodrome..

Menaces

La végétation des parois rocheuses se développe sur un sol quasi inexistant et de ce fait est très sensible à l’érosion et au piétinement. Ainsi, la pratique – parfois intensive à la bonne saison – de « sports de nature » tels que l’escalade, peut porter préjudice à ce type d’habitat, d’autant qu’elle est parfois accompagnée de traitements herbicides de la roche. Les plantes, à croissance relativement difficile et lente, mettront beaucoup de temps à recoloniser ce type de milieu après de telles perturbations anthropiques.

La proximité des activités humaines telles que la présence d’une zone urbaine dans l’environnement proche des falaises contribue parfois à la banalisation des espèces de cet habitat soit par apparition d’espèces exogènes envahissantes échappées des jardins voisins soit par une gestion plutôt « jardinée » de ces espaces parfois pratiquée par les services municipaux. Ce type de gestion se traduit souvent par l’introduction d’espèces horticoles et par l’usage d’herbicides.

Statut régional

En Poitou-Charentes, région de plaine, ce type de milieu est rare et disséminé, malgré l’importance des sédiments calcaires. C’est en Charente qu’il est le mieux représenté, puis en Vienne et en Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, pour partie situés sur le socle armoricain, faisant figure de « parent pauvre »

Sites remarquables :

16 : vallées des Eaux Claires, de l’Anguienne, de la Boême (environs d’Angoulême)
17  : falaises de Meschers (estuaire Gironde)
86 : Vallée de l’Anglin, Rocher du Porteau à Poitiers, coteau de Mauroc à St Benoit

Deux faciès contrastés de l’habitat

Deux fougères rares des falaises calcaires régionales