Inventaire des Odonates du Poitou-Charentes

Inventaire des Odonates du Poitou-Charentes

Depuis janvier 2002, et jusqu’à 2007, Poitou-Charentes Nature a engagé, avec l’aide de ses associations membres, un programme régional de connaissance des Odonates du Poitou-Charentes. Ce programme est aujourd’hui clos (même si les prospections et les études sur les Odonates de la région se poursuivent) et le temps du bilan et de l’exploitation des résultats est venu.

Plusieurs objectifs avaient été fixés :

Établir un état initial des connaissances des Odonates en Poitou-Charentes et réaliser une banque de données naturalistes sur les Odonates.

Former les naturalistes à la reconnaissance des espèces.

Approfondir les connaissances et élaborer le statut patrimonial de chaque espèce, tout en réalisant une cartographie de la répartition de chacune d’entre-elles.

Prendre en compte les Odonates dans les espaces inventoriés et protégés au niveau de la région.

Informer, sensibiliser le grand public, notamment par l’édition d’un ouvrage.

Participer à la dynamique d’un réseau régional de naturalistes au sein de Poitou-Charentes Nature.

Ce projet s’inscrivait dans la démarche nationale de connaissance des Odonates initiée par la SFO (Société française d’odonatologie), en collaboration avec le Muséum National d’Histoire Naturelle et le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable.

Résultats :

Après les quatre ans de l’inventaire régional, le bilan des résultats est remarquable. Tous ces résultats sont réunis dans la base de données régionales remplie au fil des saisons de prospection.

Participants : sur toute la durée du programme, ce sont 117 bénévoles qui se sont investis et ont prospectés presque l’ensemble du territoire régional. La dernière année, en 2005, 85 personnes ont participé aux sorties de terrain, ont rempli les fiches d’inventaire, ont identifié des exuvies et ont passé de longs moments à photographier les libellules.

Ces naturalistes ont été formés tout au long de l’inventaire. Des sessions départementales ou régionales ont permis d’initier les débutants et de faire progresser ceux qui étaient plus habitués à cette famille d’insectes. Ces formations se sont déroulées sur le terrain lors de sorties de groupe ou en salle lorsqu’il s’agissait de l’identification des exuvies.

Pour mettre en relation ces naturalistes, pour les informer de l’état d’avancement de l’inventaire et pour faire vivre ce réseau régional, une lettre d’information (bulletin de liaison) strictement dédiée au programme régional, La Libelluline, a été diffusée chaque année.
Vous pouvez télécharger ci-après les 3 numéros qui sont parus :
Libelluline N°1 – mars 2004 / Libelluline N°2 – avril 2005 / Libelluline N°3 – août 2006

Prospections : grâce à ces bénévoles naturalistes motivés, au fur et à mesure du déroulement du programme d’inventaire, la pression d’observation s’est accentuée et ce sont des milliers d’heures qui ont été passées à prospecter les différents milieux humides de la région.

De même, la couverture géographique s’est peu à peu largement homogénéisée sur l’ensemble du territoire régional. Ainsi, sur les 1475 communes de la région, 1152 d’entre elles (78 %) possèdent sur leur territoire au moins un site sur lequel au moins une observation d’odonate a été réalisée durant la période d’inventaire. Parmi les 323 autres, on trouve en grande majorité des communes sur le territoire desquelles aucun milieu humide n’existe.

Au total, 5301 stations ont été recensées et inventoriées dans la base informatique. Pour chacune de ces localités, les informations disponibles vont des coordonnées géographiques à l’habitat naturel concerné. Dans cette liste impressionnante, tous les types d’habitats odonatologiques présents dans la région sont représentés.

Données : au total, après les quatre années d’inventaire régional, le nombre des données collectées et disponibles pour le travail d’analyse et de cartographie atteint le chiffre de près de 40 000 ce qui représente les trois-quarts de l’intégralité des 60 000 données présentes à ce jour dans la base de données régionales.

Avant toute analyse détaillée de cet important lot de données, une première conclusion s’impose : avec 68 espèces inventoriées à ce jour (presque 80% du total des espèces présentes sur le territoire national) la région Poitou-Charentes présente une richesse odonatologique absolument remarquable. Elle abrite notamment 8 espèces bénéficiant d’un statut de protection légal et disposant à ce titre d’un statut patrimonial fort.

Durant l’inventaire, de 2002 à 2005 donc, 4 espèces nouvelles pour la région Poitou-Charentes ont été découvertes :

  • La Cordulie à deux taches Epitheca bimaculata (Charpentier, 1825)
  • La Cordulie splendide Macromia splendens (Pictet, 1843).
  • Le Sympétrum jaune d’or Sympetrum flaveolum (Linné, 1758).
  • Le Trithémis annelé Trithemis annulata (Palisot de Beauvois, 1805).

Pour deux d’entre elles, ce sont en fait des redécouvertes. En effet, M. splendens et S. flaveolum avaient déjà fait l’objet de mentions dans la région dans des publications anciennes du XIXe et du tout début du XXe siècle. Il faut noter que les preuves d’autochtonie en Poitou-Charentes n’existent pour l’instant que pour les seules M. splendens et E. bimaculata.

A l’inverse, plusieurs espèces mentionnées dans la littérature avant 1930 n’ont jamais été contactées durant les années d’inventaire malgré les recherches assidues :

  • Le Sympétrum déprimé Sympetrum depressiusculum (Selys, 1841).
  • La Grande Aeschne Aeshna grandis (Linné, 1758).

Liste Rouge :

La somme de données récoltée a tout d’abord permis de faire le point sur le statut des espèces et l’évolution de leurs populations à partir de leur répartition géographique régionale et de réaliser la Liste rouge des Libellules menacées du Poitou-Charentes. Celle-ci propose un bilan de la situation de la totalité des espèces de ce groupe dans la région. La réalisation de cette Liste rouge a été basée sur les critères de l’UICN et sur un classement de rareté géographique. Les objectifs sont doubles. Il s’agit tout d’abord d’informer et d’attirer l’attention sur les risques et les menaces qui pèsent sur ce groupe faunistique remarquable et sur les habitats naturels qui l’accueillent. Cette liste doit aussi servir d’outil d’aide aux décisions des gestionnaires des milieux naturels. Elle a été validée par le CSRPN en 2007.

Par la suite, des actions de conservation seront engagées :

  • transmission au Conservatoire Régional d’Espaces Naturels et à la Direction Régionale de l’Environnement d’informations permettant la mise en place de mesures de gestion ou de protection, ou l’amélioration des connaissances sur des sites déjà connus pour leur richesse naturelle (Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Floristique et Faunistique par exemple),
  • acquisition ou gestion par le Conservatoire Régional d’Espaces Naturels de sites majeurs afin de préserver les milieux accueillant ces espèces,
  • si besoin mise en place d’Arrêtés Préfectoraux de Protection de Biotope,

Ouvrage régional en cours :

L’exploitation des données de l’inventaire régional s’est poursuivi, en y intégrant les données collectées jusqu’à 2008, intégrant la découverte de nouvelles espèces.

Un ouvrage sur les Libellules du Poitou-Charentes va paraître dans les semaines qui viennent. D’une part, il est important que les résultats de l’inventaire soient publiés et d’autre part, cet ouvrage servira d’outil de sensibilisation auprès du public pour notamment montrer un aspect de la biodiversité dans la région et les menaces qui pèsent sur cette richesse inestimable.

Vous pouvez visualiser quelques pages et commander ce livre.

Associations coordonnatrices de ce programme :

Charente Nature

Ligue pour la Protection des Oiseaux

Deux-Sèvres Nature Environnement

Vienne Nature.

Partenaires :

Conservatoire Régional d’Espaces Naturels de Poitou-Charentes, Direction Régionale de l’Environnement, Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), Société française d’odonatologie, Observatoire Régional de l’Environnement.

Partenaires financiers :

Conseil Régional Poitou-Charentes, Union Européenne (fonds FEOGA), Direction Régionale de l’Environnement.

  

 

Contact pour renseignements complémentaires

(sur les modalités de déroulement de l’action) :

*Bruno FILLON, Poitou-Charentes Nature – 14 rue Jean Moulin – 86240 FONTAINE-LE-COMTE
Tél. : 05 49 88 99 23 – Fax : 05 49 88 98 78 – courriel :

*Éric PRUD’HOMME et Laurent PRÉCIGOUT, Charente Nature – Impasse Lautrette –
16000 ANGOULEME – Tél./Fax : 05 45 91 89 70 – courriel :

Dépt 16 : Laurent PRECIGOUT, Charente Nature, tél. : 05 45 91 89 70

Dépt 17 : Philippe JOURDE, Ligue pour la Protection des Oiseaux, tél. : 05 46 82 12 63

Dépt 79 : Nicolas COTREL, Deux-Sèvres Nature Environnement, tél. : 05 49 73 37 36

Dépt 86 : Miguel GAILLEDRAT, Vienne Nature, tél. : 05 49 88 99 04

 

Grenouille verte

Statut de protection

Protection nationale : Article 3

Directive habitats : Annexe 5

Convention Berne : Annexe 3

Liste Rouge nationale

Liste rouge régionale

En raison de la dépendance génétique de ce taxon à la Grenouille de Lessona et de l’importation de la Grenouille rieuse, sa conservation doit faire l’objet de suivis rigoureux dans les années à venir.

Biologie et écologie

L’histoire de la Grenouille verte illustre à la fois les avancées passionnantes de la systématique et de celles de notre connaissance des espèces.

En effet, en Europe occidentale, nous distinguions jusqu’en 1912 une seule espèce ; aujourd’hui 9 espèces et 3 hybrides du sous-genre Pelophylax ont été décrits (DUBOIS et OHLER 1994 ; DUBOIS 1997).

Les expériences d’hybridation et les études morpho-génétiques des 30 dernières années ont montré que finalement la « Grenouille verte » de Carl VON LINNAEUS n’est pas une espèce mais un klepton, du klepto, voleur, sous-entendant que ces formes subtilisent les gamètes d’autres espèces pour réaliser leur reproduction (DUBOIS et GÜNTHER 1982).

Par le biais de ce phénomène de reproduction original, nommé hybridogenèse (SCHULTZ 1969), Rana kl. esculenta continue à se maintenir. Mieux, elle semble bénéficier d’une vigueur hybride lui conférant le statut de taxon euryhèce, c’est-à-dire à forte valence écologique. Ainsi, elle s’accommode d’une grande variété de milieux aquatiques.

En Poitou-Charentes, elle fréquente aussi bien les pièces d’eau de taille modeste à petite, elle colonise les déversoirs d’orage et les étangs de pêche. Elle paraît même bien supporter les milieux pollués et fortement anthropisés. Il n’est pas rare de la contacter dans des bassins enclavés dans des grandes monocultures.

Elle se reproduit d’avril à juin. Les mâles manifestent leur excitation par des chants en trilles et modulés. Au cours de l’amplexus axillaire, la ponte est disséminée par petits paquets à la surface de l’eau. Une partie des têtards passent l’hiver dans l’eau.

Répartition

Bien que très incomplètement connue, la distribution de la Grenouille verte laisse présager qu’elle colonise les 2/3 orientaux du Poitou-Charentes. Elle se rencontre en fréquence variable dans les quatre départements : dans les Deux-Sèvres, elle paraît se raréfier sur les bassins tertiaires du sud du département, dans le département de la Vienne, dans la moitié septentrionale du département de la Charente et d’une localité de la Charente-Maritime. Cette dernière localité pourrait s’avérer être plutôt un autre taxon du sous-genre Pelophylax.

La carte globale lessonae/esculenta, premier groupe à l’intérieur du sous-genre Pelophylax montre la même tendance, c’est-à-dire une distribution à peu près uniforme dans les trois départements continentaux et une absence totale de la Charente-Maritime, département caractérisé par un mésoclimat plus chaud et plus sec, avec des hivers doux et des anomalies thermiques positives, notamment en zone littorale.

François DUSOULIER et Olivier GROSSELET

Cistude d’Europe

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats : Annexes 2 et 4

Convention Berne : Annexe 2

Liste Rouge nationale : Vulnérable

Liste rouge régionale : Mentionné

Cette espèce à large répartition est considérée comme vulnérable en Europe bien qu’elle soit considérée en danger dans quelques pays européens et en déclin notamment en France.

Biologie et écologie

En Poitou-Charentes, la Cistude d’Europe fréquente toutes sortes d’hydrosystèmes : rivières à cours lent, mares, étangs, baisses, fossés de marais, canaux…

En général, la Cistude d’Europe est active de la fin février jusqu’à la première quinzaine du mois d’octobre (DUGUY et al, 1998).

Pour la thermorégulation deux périodes sont discernables : de la fin février à la mi-avril ainsi que de septembre à octobre les cistudes ont tendance à sortir en début d’après-midi, alors que durant la saison estivale l’une en fin de matinée (10-11 h) et l’autre en fin d’après-midi (16-18h) (loc. cit.).

L’activité de ponte se déroule dès le début mai et se poursuit jusque vers la mi-juillet. Les sites de ponte sont très variables avec une préférence pour les sols meubles exondés et se trouvant souvent à proximité de sites à bonne densité d’adultes.

L’émergence des jeunes peut intervenir dès la fin de l’été, bien qu’en général ce soit au printemps qu’ils sortent.

Répartition

La Cistude d’Europe est signalée dans les quatre départements du Poitou-Charentes.

La première trace de l’espèce en Charente-Maritime remonterait au Xlle siècle avec la sculpture d’une Tortue sur l’église romane de Champagne (DUGUY, 1993). Dans ce département l’espèce est connue avec certitude dans le Marais de Saint Augustin et dans une partie de la Presqu’île d’Arvert, le Marais de Brouage, quelques secteurs de la basse vallée de la Charente, de la Seugne, de la Boutonne, de l’Arnoult et de la Seudre ainsi que dans une grande partie de la Haute Saintonge. La seule donnée insulaire pour l’atlantique français est à attribuer à l’île d’Oléron où la première mention de l’espèce sur l’île remonte à 1904 (ALLENOU et al, 2001).

La cistude est connue également en Charente où les populations du sud semblent être en continuité avec celles de Charente-Maritime. Sa répartition actuelle semble être limitée au sud d’une ligne Cognac à Montbron (selon les dernières données de 2001 non intégrées dans cet atlas).

Pour les Deux-Sèvres une population était signalée dans les années 80 par Michel Fouquet sur l’Argenton et les étangs du nord.

Pour la Vienne, une des premières mentions remonte à MAUDUYT (1844) où un individu a été capturé sur le Clain. La seule population bien établie semble être limitée aux étangs de la région de Montmorillon.

Toutes les autres mentions de cistude en Poitou-Charentes semblent être des individus épars sans doute échappés de jardin.

Raymond DUGUY et Jean-Marc THIRION

Petit Rhinolophe

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats : Annexes 2 et 4

Convention Berne : Annexe 2

Convention Bonn : Annexe 2

Liste Rouge Nationale : Vulnérable

Liste Rouge Mondiale : Vulnérable

Répartition régionale

En l’état actuel de nos connaissances, la répartition du Petit Rhinolophe se calque largement sur celle des cavités souterraines prospectées.

Il s’agit manifestement d’un biais dû à l’importance des prospections hypogées par rapport à celles effectuées en milieux bâtis. En effet, des populations de Petits Rhinolophes se maintiennent dans des secteurs dépourvus de cavités souterraines importantes, comme sur l’île d’Oléron.

En outre, la faible détectabilité de l’espèce au sonomètre, son habileté à éviter les filets, sa prédilection pour les gîtes relativement confinés et son faible grégarisme nous font sans nul doute sous-estimer sa présence.

Effectifs régionaux

En période hivernale, la population de Petit Rhinolophe fréquentant les 30 sites souterrains les plus importants au plan chiroptérologique était d’environ 600 individus en janvier 1999.

La répartition entre les divers départements est très inégale et la Charente-Maritime apparaît comme étant particulièrement importante pour l’espèce (plus de 85 % de l’effectif régional).

Le plus grand gîte d’hibernation connu, situé près de Jonzac, héberge plus de 100 individus. En période d’hibernation, la commune de Saint-Savinien abrite à elle seule plus de 300 animaux répartis dans plusieurs carrières souterraines.

Etant donné l’extrême rareté des informations quantitatives en période d’activité, il est impossible d’estimer la population. La plus grosse colonie de parturition concerne 35 individus et se situe dans un moulin du centre de la Charente-Maritime.

Fréquence

Le Petit Rhinolophe a été observé dans 46 % des mailles prospectées au niveau régional, ce qui traduit la forte détectabilité de cette espèce dans le cadre de prospections souterraines et dans les visites de milieux bâtis notamment.

Gîtes utilisés

En hiver, l’espèce fréquente de nombreux types de gîtes allant des bâtiments frais (caves, chais, blockhaus) aux cavités souterraines, parfois de très petite taille (abri sous roche, terriers de blaireau). Contrairement aux Grands Rhinolophes, les Petits Rhinolophes ne forment pas d’essaims. Dans les cavités souterraines, les individus sont dispersés de façon apparemment aléatoire.

Généralement isolés, ils se suspendent aux plafonds, aux parois latérales, aux colonnes, voire à des racines d’arbres ou, dans les champignonnières désaffectées, aux câbles électriques, parfois très près du sol.

En période d’activité, les animaux fréquentent essentiellement des bâtiments (granges, garages, moulins), parfois des cavités souterraines chaudes où ils forment de petites colonies lâches. Il semble qu’au moins pour certaines colonies, les femelles utilisent plusieurs gîtes proches durant la période d’élevage des jeunes, fréquentant plusieurs sites à tour de rôle.

Habitats et terrains de chasse

En phase d’activité, le Petit Rhinolophe semble fréquenter préférentiellement les secteurs boisés ou bocagers. On peut observer l’espèce en déplacement le long des haies et des lisières ou chasser en cercle près du feuillage. Plusieurs observations se réfèrent à des animaux en chasse au-dessus de mares ou dans des jardins et vergers.

Statut patrimonial et évolution des populations

La population hivernante picto-charentaise de Petit Rhinolophe est importante puisque représentant environ 10 % de l’effectif national connu.
Les données quantitatives historiques sont rares.

Empiriquement, aucune tendance d’évolution claire n’apparaît au cours des vingt dernières années en Poitou-Charentes alors qu’en de très nombreuses régions de France et d’Europe l’espèce est en forte régression, voire en voie de disparition.

PJ.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur le Petit Rhinolophe cliquez ici.

Grand Rhinolophe

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats : Annexes 2 et 4

Convention Berne : Annexe 2

Convention Bonn : Annexe 2

Liste Rouge Nationale : Vulnérable

Liste Rouge Mondiale : Faible risque

Répartition régionale

La répartition du Grand Rhinolophe n’est encore que partiellement connue. Les données concernant cette espèce correspondent pour l’essentiel à des observations effectuées en milieu souterrain et la cartographie de la présence de l’espèce reflète parfaitement celle des cavités prospectées.

L’espèce n’est pourtant pas cantonnée aux zones karstiques ou aux secteurs de carrières et de mines. Elle est présente en phase d’activité dans le bocage ou les milieux boisés de nombreux secteurs démunis de cavités souterraines. Sa présence est alors beaucoup plus difficile à établir, l’espèce n’étant pas aisément repérable par détection ultrasonore (faible portée des signaux, fréquence très élevée).

Effectifs régionaux

En période hivernale, la population de Grand Rhinolophe est importante puisque plus de 5000 individus ont été dénombrés en 1998-99 dans près de 200 gîtes, ce qui représente environ 15 % de l’effectif national connu.
L’essentiel des gîtes d’hibernation n’abrite que quelques dizaines d’individus mais certains hébergent jusqu’à 800 animaux (Charente-Maritime).

Population hivernale de Grand Rhinolophe en Poitou-Charentes en 1999
<20 20-50 51-200 201-500 >500 Total
Charente 60/15 60/3 160/2 230/1 595/1 1105/22
Charente-Maritime 122/26 92/4 381/5 229/1 823/1 1647/37
Deux-Sèvres 60/16 0 336/2 0 0 396/18
Vienne 300/95 154/5 459/5 1135/4 0 5196/109
Totaux 542/152 306/12 1336/14 1594/6 1418/2 5196/186

Légende : 1erchiffre : effectif ; 2ème chiffre : nombre de sites.

La population reproductrice n’est encore que très imparfaitement connue. Pour l’heure, nous ne connaissons qu’une quinzaine de colonies totalisant moins de 1000 individus.

Un gros travail de prospection est donc à entreprendre afin de découvrir et protéger les gîtes de parturition les plus importants.

Fréquence

Au total, le Grand Rhinolophe a été contacté dans 47 % des mailles prospectées. Il s’agit sans doute de l’espèce la plus fréquemment observée en milieu souterrain. Elle est facilement repérable et fréquente une multitude de petits sites où stationnent quelques individus de façon plus ou moins régulière.

Gîtes utilisés

Les gîtes utilisés en période de reproduction sont encore largement méconnus mais plusieurs colonies de parturition ont été trouvées dans des églises et des granges (Deux-Sèvres et Vienne) ou des cavités souterraines (Charente-Maritime).

Dans les carrières, les femelles s’installent dans des cheminées obturées au sommet par des dalles de béton, directement exposées au rayonnement solaire. Les animaux s’accrochent donc à de véritables radiateurs.

En période de transit, des gîtes variés, parfois de très petite taille, peuvent être utilisés. En Charente-Maritime par exemple, un viaduc autoroutier à structure creuse abrite plusieurs dizaines d’individus à l’automne.

Habitats et terrains de chasse

Les quelques données dont nous disposons indiquent que les Rhinolophes fréquentent en Poitou-Charentes les milieux semi-ouverts où alternent bois, haies et prairies.

Statut patrimonial et évolution des populations

D’après les quelques données historiques dont nous disposons (BROSSET, 1959, BERTRAND, 1989), la population régionale de Grand Rhinolophe paraît stable, voire en légère augmentation.

La population hivernante picto-charentaise de Grand Rhinolophe représente près de 15 % de l’effectif national et plusieurs gîtes disposent d’effectifs de niveau d’importance européenne.

La région Poitou-Charentes joue donc un rôle majeur dans la conservation de cette espèce en déclin et se doit donc de garantir la pérennité de sa population, notamment par la protection stricte des gîtes les plus importants et par la mise en œuvre de mesures adéquates pour maintenir l’intérêt des terrains de chasse utilisés.

PJ.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur le Grand Rhinolophe cliquez ici.

Barbastelle d’Europe

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats : Annexes 2 et 4

Convention Berne : Annexe 2

Convention Bonn : Annexe 2

Liste Rouge Nationale : Vulnérable

Liste Rouge Mondiale : Vulnérable

Répartition régionale

Les cartes montrent une répartition à peu près homogène en Vienne, Charente et Charente-Maritime. Les données hivernales sont concentrées dans les secteurs à cavités que la Barbastelle fréquente volontiers.

En période d’activité, l’espèce est contactée sur 44 mailles ce qui élargit sensiblement sa distribution.

On remarquera l’absence de contacts dans une grande partie des Deux-Sèvres. Le faible taux de boisement dans ce département est peut-être un frein à la répartition de cette espèce à tendances forestières.

Effectifs

Les effectifs hivernaux sur les sites cumulés donnent 104 individus avec une moyenne de 2,3 inds/site.

La Charente-Maritime accueille 46% des hibernants, notamment dans un site traditionnel pouvant abriter jusqu’à 27 animaux. L’instabilité des effectifs est de règle au cours de l’hiver et les sites occupés chaque année sont rares.

En période d’activité, les cinq colonies de reproduction que nous connaissons regroupent respectivement 5, 15, 15, 22 et 30 femelles.

Fréquence

En hiver la Barbastelle a été observée dans 46 cavités sur les 403 visitées dans la région, soit 11% de celles-ci.

Sa fréquence dans les captures est faible (5,5%) car c’est une espèce forestière qui chasse assez haut. A Chizé (79), c’est le chiroptère le plus fréquent en forêt, au point d’être parfois victime de collisions avec des véhicules (au moins deux cas en deux ans).

Gîtes utilisés

A l’exception d’un individu ayant passé l’hiver dans la fissure d’un linteau de porte, les données d’hibernation se rapportent à des animaux ayant trouvé refuge dans des gîtes hypogés. Là, ils sont totalement ou en partie enfoncés dans des fissures situées au plafond des galeries. Les gîtes des cinq colonies connues sont situés en milieu bâti : linteaux de grange (3), derrière un volet (1), charpente (1).

Commentaires sur l’habitat utilisé

Une grande majorité de captures ont été réalisées devant des cavités, indiquant une fréquentation assidue du milieu souterrain en fin d’été.

En ce qui concerne les terrains de chasse, on note la prépondérance des observations dans les secteurs boisés. Des Barbastelles ont ainsi été capturées dans les pinèdes près de la réserve naturelle du Pinail (86), ainsi qu’autour des mares de la forêt de Chizé (79).

En Charente-Maritime elle est régulièrement détectée dans les layons forestiers, en lisière de bois, et chassant sur les étangs forestiers. On relève, en outre, quelques captures en milieu bâti.

Statut patrimonial et évolution des populations

La Barbastelle est l’un des chiroptères européens dont l’état des populations inspire le plus d’inquiétude. On assiste, en effet, au déclin marqué de l’espèce dans le nord-est de l’Europe et dans les régions du nord de la France.

En Poitou-Charentes, les contacts sont peu fréquents mais réguliers, à l’exception des Deux-Sèvres où il semble que la Barbastelle soit absente de nombreux secteurs. Brosset et Caubère (1959) signalent la rareté de la Barbastelle au sud de la Loire. Ces deux auteurs ne mentionnent que 6 captures hivernales au cours des années cinquante dans trois sites régionaux : Rancogne, les Lourdines, Tourtenay. Nous avons identifié, pour notre part, sept fois plus de sites en l’espace d’une dizaine d’années.

Cette différence importante est-elle le résultat d’une évolution favorable de la population ou d’un niveau de prospection plus élevé ? Il serait nécessaire d’accroître la pression d’observation dans les habitats boisés afin de préciser le statut de cette chauve-souris.

OP.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur la Barbastelle cliquez ici.

Oreillard indéterminé

Répartition régionale

Les nombreux contacts d’Oreillards ne permettent pas une identification de niveau spécifique. Les informations collectées par détection ou observation dans des gîtes ont été rassemblées sous l’appellation « Oreillard indéterminé ».

Le nombre de ces contacts est important. Ces données concernent tous les départements de la région à l’exception de la Charente et traduisent une abondance plus grande des Oreillards que ce que laisse entrevoir les cartes de répartition spécifiques des deux espèces.

Gîtes utilisés

Les gîtes utilisés par les Oreillards indéterminés sont variés. Ils se rapportent au milieu bâti (gîte de reproduction dans des églises ou des combles de maison), à des ouvrages d’art (ponts), à des cavités souterraines (grottes et carrières) ou à des arbres creux ou fissurés.

PJ.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur les oreillards cliquez ici.

Oreillard gris

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats : Annexe 4

Convention Berne : Annexe 2

Convention Bonn : Annexe 2

Liste Rouge Nationale : A surveiller

Liste Rouge Mondiale : –

Remarque préliminaire

Les données récoltées durant la période d’activité indiquent une présence plus marquée dans les Deux-Sèvres et la Vienne, qui regroupent 71% des captures et 80% des observations dans des gîtes. Mais la faible prospection du milieu bâti dans les Charentes est peut-être à l’origine du nombre limité de contacts avec cette espèce apparemment très anthropophile.

En ce qui concerne les observations hivernales (sans manipulation possible) nous sommes partis du principe que les critères de couleur du pelage et du masque étaient suffisants pour la différenciation des deux espèces. Les données douteuses sont rassemblées dans les cartes Oreillards indéterminés.

Effectifs

Les chiffres pour deux colonies estivales sont de 17 individus en association avec une colonie de Grand Murin, et 3 individus pour un regroupement mono spécifique (Vienne).

Fréquence

Si l’on se réfère au nombre de mailles où l’espèce a été contactée on constate qu’elle est à peu de chose près aussi fréquente que l’Oreillard roux. Les contacts sont cependant limités pour cette espèce à vaste répartition.

Gîtes utilisés

Les deux colonies sont installées dans un clocher et dans les combles d’un château. Trois gîtes de transit ont été découverts dans des disjointements de ponts, et dans un disjointement de mur de bergerie où cohabitaient les deux espèces d’Oreillard.

Contrairement à P. auritus qui utilise de préférence les arbres mais aussi les bâtiments, les habitudes de Plecotus austriacus semblent exclusivement anthropophiles. Il est très probable qu’un bon nombre de gîtes où l’espèce est indéterminée se rapportent à austriacus. D’ailleurs cette espèce est plus souvent capturée par l’Effraie.

Commentaires sur les habitats utilisés

Les captures au filet viennent confirmer les données concernant les gîtes puisque 88% d’entre elles ont été réalisées en milieu bâti ou urbanisé.

Contrairement à ce qui est observé chez l’Oreillard roux, on ne recense qu’une seule capture devant cavité en fin d’été, ainsi qu’en milieu boisé et sur rivière.

Statut patrimonial et évolution des populations

Actuellement l’Oreillard gris affiche une répartition régionale plutôt « nordique ».

Il serait nécessaire de confirmer la relative rareté de cette espèce en Charente-Maritime et en Charente avant de lui attribuer un statut de conservation.

OP.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur les oreillards cliquez ici.

Oreillard roux

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats : Annexe 4

Convention Berne : Annexe 2

Convention Bonn : Annexe 2

Liste Rouge Nationale : A surveiller

Liste Rouge Mondiale : –

Répartition régionale

L’Oreillard roux semble être une espèce bien répartie en Poitou-Charentes bien que rarement observée en Charente. Dans les trois autres départements, les mentions sont réparties de façon homogène dans les secteurs prospectés. L’espèce est essentiellement repérée par capture et observation dans des gîtes.

La reproduction est confirmée en Vienne et en Deux-Sèvres et est très probable en Charente-Maritime.

Les données sur la répartition hivernale découlent de prospections de milieux souterrains où l’Oreillard roux apparaît de façon irrégulière et quelque peu anecdotique. Elles reflètent donc probablement mal la répartition réelle de l’espèce à cette période.

Effectifs régionaux

N’étant pas troglophile, l’Oreillard roux échappe largement aux comptages hivernaux organisés dans les cavités souterraines de la région. En tout, moins d’une dizaine d’individus sont observés chaque hiver, ce qui ne reflète en rien l’éventuelle rareté de l’espèce.

De plus, trop peu de colonies de reproduction sont connues pour pouvoir estimer l’effectif de la population de cette espèce en période d’activité. Les recherches ciblées doivent donc être entreprises pour définir le statut de cette espèce encore très largement méconnue.

Fréquence

L’Oreillard roux a été observé dans 17 % des mailles prospectées dans la région Poitou-Charentes. La majorité des données concernent des observations directes effectuées en milieu souterrain ou bâti ainsi que des animaux capturés sur leurs terrains de chasse ou en accès de cavités souterraines.

Gîtes utilisés

D’après la littérature, l’Oreillard roux est plus arboricole que son proche cousin, l’Oreillard gris. L’espèce est dite fréquenter des trous d’arbres, des nichoirs mais aussi des habitations et des cavités souterraines en hiver.

En Poitou-Charentes, quelques individus sont régulièrement observés en hiver dans des carrières ou des grottes. Les animaux se logent dans les fissures, dans les trous de barre à mine, se suspendent au plafond ou se plaquent aux parois sans chercher à se dissimuler.

Habitats fréquentés

On sait peu de choses localement sur l’utilisation de l’habitat par l’Oreillard roux. L’espèce est très régulièrement capturée en entrée de cavité souterraine, particulièrement à l’automne, et dans une moindre mesure en milieu boisé.

En Deux-Sèvres, elle a été observée chassant près des mares forestières.

Statut patrimonial et évolution des populations

Les données sont actuellement trop parcellaires pour pouvoir attribuer un statut et une tendance d’évolution à l’Oreillard roux.

PJ.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur les oreillards cliquez ici.

Pipistrelles indéterminées

Les Pipistrelles ne sont pas toujours identifiables au niveau spécifique, notamment dans deux types de circonstances.

D’une part en hiver, lorsque les animaux sont logés dans des fissures, et qu’aucun critère de détermination n’est accessible : c’est ce qui explique que l’essentiel des données hivernales de Pipistrelles concerne des individus non identifiés.

D’autre part en été, lorsque les animaux sont installés dans des anfractuosités trop étroites pour autoriser une capture manuelle pour identification. C’est pourquoi toutes les données estivales de « Pipistrelles sp. » sont situées sur des sites de reproduction apparente.

Certaines de nos Pipistrelles identifiées passeront peut-être un jour dans cette catégorie, compte tenu de la mise en évidence récente ( Jones 1993, Barratt et al. 1997) de deux formes (acoustiques et génétiques) différentes dans la gamme de ce que l’on considérait jusqu’à présent comme étant celle de la Pipistrelle commune.

CV.


Pour télécharger la fiche pratique 2010 sur les pipistrelles cliquez ici.