Vipère aspic

Statut de protection

Protection nationale : Article 2

Directive habitat

Convention Berne : Annexe 3

Liste Rouge nationale

Liste rouge régionale

Le statut taxonomique de la Vipère aspic est actuellement assez confus, aussi bien en ce qui concerne les espèces que les sous-espèces. Les principales controverses se situent entre les populations françaises et italiennes. Par exemple, il est possible que les Vipères aspics du sud-est de la France appartiennent à l’espèce Vipera atra, ou à la sous-espèce Vipera aspis atra. Le plus simple actuellement est de considérer que Vipera aspis occupe les deux tiers méridionaux de la France (grosso modo absente au nord d’une ligne St-Nazaire – Paris – Nancy), l’Italie et une petite partie de la Suisse. Elle est en régression sur la plupart de son aire de distribution (disparition des bocages).

Biologie et écologie


La Vipère aspic est le reptile français le plus étudié, et donc le mieux connu. Extrêmement polymorphes, les Vipères aspics du Poitou-Charentes ont tendance à être d’assez grande taille (parfois plus de 70 cm du museau au cloaque et plus de 300 g).

Chaque population présente des caractéristiques propres. Par exemple les vipères qui vivent dans les marais de Charente-Maritime sont très différentes (couleur du type Zinnikeri) de celles qui vivent près de Poitiers à coloration plus discrète.

Chez les femelles, la vitellogenèse et la gestation nécessitent environ six mois, de mars à septembre. Après les mises bas la majorité des femelles ne survivra pas.

Toutefois, une faible proportion de femelles produira deux ou trois portées ; avec une fréquence moyenne d’une reproduction tous les trois ans et une fécondité annuelle de 6 vipéreaux (4 à 10 en général). Les mises bas ont lieu fin août – début septembre ; les nouveaux-nés mettront environ 2 à 4 ans pour atteindre la maturité sexuelle.

Répartition

Les Vipères aspics occupent des milieux très variés. Abondantes dans les bocages serrés (même humides), les densités de populations sont assez faibles en forêt. Les futaies serrées sont trop sombres pour cette espèce. La Vipère aspic a probablement profité des pratiques agricoles jusqu’en 1950 environ.

Depuis, le remembrement, l’extension des monocultures et les traitements phytosanitaires (destruction des campagnols) entraînent une chute rapide de la plupart des populations. En effet, des suivis à long terme ont montré que la dynamique de population de la Vipère aspic est intimement liée aux fluctuations de l’espèce proie principale, Microtus arvalis.

Encore assez répandue dans l’ensemble du Poitou-Charentes, elle est désormais absente de grandes zones comme la plaine Niortaise par exemple. Très discrète dans les zones forestières, les données sur sa répartition sont certainement encore incomplètes.

Bien que persécutée, comme le sont les autres serpents, la Vipère aspic survit assez bien dans des zones refuges de relativement petite taille (forêt de Chizé-79 ou dans les marais près de Ballon-17).

Il est probablement illusoire de conserver les populations résiduelles, mais il est indispensable de conserver les refuges principaux, notamment les bocages serrés où elle est encore abondante.

Xavier BONNET

Triton palmé

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats

Convention Berne : Annexe 3

Liste Rouge nationale : A surveiller

Liste rouge régionale

Cette espèce, qui habite l’ouest de l’Europe, présente des populations encore importantes sur l’ensemble de son aire de répartition bien que les populations les plus nordiques soient considérées en danger.

Biologie et écologie

En Poitou-Charentes, l’espèce fréquente tous les types de milieux aquatiques stagnants ou non : flaques temporaires, fossés, mares, étangs, bras morts des rivières, eaux saumâtres, ruisseaux… Il peut coloniser parfois des milieux eutrophisés.

Lors des hivers doux, il peut être observé toute l’année dans l’eau, mais il est cependant plus souvent noté de février à mai, à l’époque de la reproduction. On peut alors parfois observer des rassemblements importants.
Le développement des larves dure environ 3 mois.

A partir de juin, la phase terrestre des adultes commence ; leur activité est alors nocturne. Le Triton palmé se nourrit de petits invertébrés terrestres et aquatiques.

Répartition

Dans la région, c’est le plus commun des tritons. Il est présent sur l’ensemble des 4 départements, sauf dans l’Ile de Ré.

Il est probable que les secteurs vides sur la carte reflètent plutôt le manque de prospection que l’absence de l’espèce, qui devra donc être recherchée, particulièrement au nord-ouest de la Charente, au sud-ouest des Deux-Sèvres et au sud de la Vienne.

La présence du Triton palmé en Poitou-Charentes est connue depuis le XIXe siècle (TRÉMEAU DE ROCHEBRUNE, 1843).

Cette espèce, de grande amplitude écologique, ne semble pas être menacée en Poitou-Charentes où on le trouve quasiment partout.

David SUAREZ

Classe des Amphibiens

Classe des Amphibiens :

Le Poitou-Charentes compte 22 taxons d’Amphibiens dont 2 introduits (le Xénope du Cap et la Grenouille rieuse) sur les 31 espèces présentes ou les 34 taxons présents en France.
Parmi ces espèces, le Crapaud commun est l’espèce qui a été la plus contactée, suivi du Triton palmé, de la Grenouille agile et de la Rainette méridionale.

Ordre des Urodèles : 6 espèces

Famille des Salamandridés : nombre de données

Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) : 393

Triton alpestre (Triturus alpestris) : 2

Triton palmé (Triturus helveticus) : 693

Triton crêté (Triturus cristatus) : 74

Triton marbré (Triturus marmoratus) : 339

Triton de Blasius (Triturus marmoratus x T.cristatus) : 11

Ordre des Anoures : 16 espèces

Famille des Discoglossidés : nombre de données

Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans) :

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Famille des Pélobatidés

Pélobate cultripède (Pelobates cultripes) : 63

Famille des Pélodytidés

Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) : 260

Famille des Bufonidés

Crapaud commun (Bufo bufo) : 822

Crapaud calamite (Bufo calamita) : 162

Famille des Hylidés

Rainette arboricole (Hyla arborea) : 277

Rainette méridionale (Hyla meridionalis) : 406

Famille des Ranidés

Grenouille rousse (Rana temporaria) : 55

Grenouille agile (Rana dalmatina) : 629

Petite grenouille verte (Rana lessonae) : 20

Grenouille de Perez (Rana perezi) : 96

Grenouille rieuse (Rana ridibunda) : 115

Grenouille verte (Rana Kl. Esculenta) : 39

Grenouilles vertes à sacs vocaux clairs (Rana esculenta, Rana lessonae) : 130

Grenouilles vertes à sacs vocaux noirâtres (Rana ridibunda, Rana perezi, Rana grafi) : 21

Famille des Pipidés

Xénope du cap (Xenopus laevis) : 0

Crapaud accoucheur

Statut de protection

Protection nationale

Directive habitats : Article 1

Convention Berne : Annexe 4

Liste Rouge nationale : Annexe 2

Liste rouge régionale : Indéterminé

Espèce bien répartie dans la partie nord de la Péninsule ibérique et une grande partie de la France, bien qu’elle subisse une diminution d’effectifs sur la bordure nord-est de son aire de distribution.

Biologie et écologie

L’Alyte est un petit crapaud de couleur grisâtre de la famille des discoglossidées. Ses habitats préférentiels sont assez variés, mais il semble avoir une préférence pour les carrières abandonnées, les zones rocheuses, les vieux murs et/ou des talus herbeux parfois très proches des habitations.

Sa stratégie de reproduction, unique en Europe, fait en sorte qu’il ne s’éloigne que très rarement du milieu aquatique. La période de reproduction débute dès les premières nuits douces du printemps (avril mai) ; les mâles entament alors leur chant caractéristique, se rapprochant du chant du Hibou petit duc.

Chez l’Alyte, la fécondation a lieu hors de l’eau, le mâle prenant en charge les œufs (sous forme de petits chapelets de 50 à 60 œufs) sur ses pattes postérieures pendant toute la période de développement embryonnaire. Au moment de l’éclosion, le mâle gagne un milieu aquatique (mare, étang, rivière) où les têtards seront libérés. Il arrive qu’il y ait une deuxième période de reproduction en juillet, dans ce cas, les têtards passent l’hiver à l’état larvaire.

Répartition

En Poitou-Charentes, on peut l’observer sur les quatre départements mais il semble parfois assez localisé. On observe ainsi des zones ou il paraît totalement absent comme dans le nord-ouest des Deux-Sèvres, le nord-est de la Charente-Maritime, le nord-ouest et le centre de la Vienne et le sud-ouest de la Charente.

En Vienne, il suit les vallées alluviales des rivières principales, mais il est aussi souvent abondant au niveau des vallées sèches localisées autour de Poitiers. Le département de la Charente est celui pour lequel il y a le plus de stations connues. La aussi, il semble suivre les vallées alluviales tout comme en Charente-Maritime (fleuve Charente).

En Deux-Sèvres, de nombreuses stations connues hébergent, a priori, des petites populations à l’exception de quelques sites dans le sud de ce département, particulièrement autour de Chizé.

Le chant de ce petit crapaud est caractéristique, sa recherche n’est pas très compliquée et devra être de mise pour compléter les zones pour lesquelles aucune observation n’a été faite.

Miguel GAILLEDRAT

Triton alpestre

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats

Convention Berne : B3

Liste Rouge nationale : Vulnérable

Liste rouge régionale : Mentionné

Le Triton alpestre est rare en Hongrie et en Bulgarie, menacé en Autriche et Danemark et en danger en Hollande, Belgique et Luxembourg.

Biologie et écologie

En période de reproduction, le mâle présente des couleurs vives qui rendent sa détermination aisée.

En plaine, l’espèce recherche les pièces d’eau plutôt fraîches et ombragées pour se reproduire : mares forestières et de bocage, fossés forestiers, tourbières…
L’herpétologue G.H. PARENT note le rôle pionnier et la résistance du Triton alpestre qui peut occuper des sites nouveaux et sans végétation, voire légèrement pollués.

Répartition

Le Triton alpestre occupe une vaste aire médio-européenne incluant la moitié Nord et Est de la France.

La plupart des auteurs considèrent que la Loire constitue dans notre pays une barrière géographique pour cette espèce. Le Triton alpestre est effectivement présent uniquement dans la partie nord de la Loire-Atlantique (P. EVRARD et D. MONTFORT), très rare dans le nord du Maine-et-Loire (P. PAILLEY) et dans le Nord de l’Indre-et-Loire (G. TARDIVO).

En 1844, MAUDUYT signale l’espèce aux environs de Poitiers mais sa description n’est pas convaincante et la donnée est ensuite mise en doute (GELIN, 1911). Dans les années 70 et 80, quelques observations ont été faites dans les Deux-Sèvres (M. FOUQUET) mais les stations ont aujourd’hui disparu et il pourrait s’agir d’introductions.

De même, depuis 1979, une population est observée dans une mare forestière des environs de Chauvigny, dans la Vienne (P. EVRARD). On peut bien sûr également douter de l’indigénat de cette population.

Toutefois on note que celle-ci semble parfaitement acclimatée et vit dans un biotope qui correspond bien à son écologie. De plus, le Triton alpestre vient d’être découvert dans l’Indre, dans la région des Marches Berrichonnes (P. BOYER), ce qui constitue un lien éventuel avec les populations connues du Limousin.

La présence naturelle du Triton alpestre reste donc à confirmer dans le département de la Vienne et celui des Deux-Sèvres.

Philippe EVRARD

Triton de Blasius

Statut de protection

Protection nationale

Directive habitats

Convention Berne

Liste Rouge nationale

Liste rouge régionale : Mentionné

Biologie et écologie

Hybride naturel issu de l’accouplement de Triturus cristatus mâle avec Triturus marmoratus femelle (DE L’ISLE, 1862) ce triton est rarement observé.

Néanmoins les études qui lui ont été consacrées en Mayenne (VALLÉE 1960, ZUIDERWIJK et al., 1987) et localement les observations régulières de la population de la réserve naturelle du Pinail, permettent d’apporter plusieurs éléments : morphologiquement et comparés aux espèces parentales, les individus arborent des couleurs plus ternes, des dessins plus flous, leur taille adulte est plus grande (surtout les femelles) et les malformations sont plus fréquentes. Il n’existe pas de « type » Blasius homogène mais au contraire une grande variabilité des phénotypes.

Biologiquement les mâles sont stériles et les femelles partiellement fertiles, le pic d’activité sexuelle se situant comme chez les autres grands tritons lors des 3 premières heures des nuits de printemps.

En outre il possède un caractère aquaphile prononcé proche de celui de T. cristatus. D’un point de vue de ses exigences écologiques il apparaît assez ubiquiste puisque la nature du sol, le pH, la turbidité et la végétalisation des points d’eau semblent peu influer sur sa répartition.

Répartition

Le Blasius est découvert près de Nantes en 1858 par DE L’ISLE qui le considère comme espèce. En 1894 ROLLINAT et PARÂTRE supposent son caractère hybride, ce qui est confirmé expérimentalement en 1903 par WOLTERSTOFF.

Sa répartition est bien évidemment étroitement liée à celles des deux espèces parentales. Celles ci se chevauchent uniquement en Europe dans le centre-ouest de la France.

Dans la région Poitou-Charentes les récentes prospections ne font état que de quelques Blasius isolés hormis sur la réserve naturelle du Pinail où ses effectifs sont conséquents.

A la vue des cartes des T. cristatus et T. marmoratus du présent atlas, il est potentiellement présent dans l’intégralité du département de la Vienne (hormis le Loudunais) ainsi que dans le département des Deux-Sèvres où des petites populations sont connues vers Thouars et Bougon.

Toutefois du fait du taux d’hybridation qui oscille entre 4 à 6 %, les populations d’espèces parentales doivent être assez importantes pour que l’on puisse le déceler. Par ailleurs du fait qu’il ne se distingue du Triton marbré que par sa face ventrale, des captures systématiques sont obligatoires.

Pascal DUBECH

Pélobate cultripède

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats : Annexe 4

Convention Berne : Annexe 2

Liste Rouge nationale : Vulnérable

Liste rouge régionale : Mentionnée

Cette espèce propre au sud-ouest de l’Europe est considérée en déclin et vulnérable sur l’ensemble de son aire de répartition.

Biologie et écologie

En Poitou-Charentes, le Pélobate cultripède fréquente principalement les milieux sableux littoraux : les dunes grises, les dunes boisées et les anciens cordons dunaires.

Dès la fin février, il se reproduit dans les marais arrières littoraux ou au sein des dépressions humides arrières dunaires, aussi bien en eau douce que saumâtre.

Il est à noter l’observation d’une reproduction automnale en 1999 (THIRION, 2000). La ponte est souvent déposée à une profondeur inférieure à 20 centimètres. Le développement des têtards dure en moyenne 3 à 4 mois.

Les adultes en phase terrestre sont principalement actifs au printemps et à l’automne. Si les hivers sont doux, on peut l’observer toute l’année. Les conditions optimales de sortie sont des nuits douces et humides souvent accompagnées de vent faible.

Répartition

Dans la région, cette espèce n’est connue qu’en Charente-Maritime. Elle a été signalée dès le XIXème siècle (BELTRÉMIEUX, 1884) mais sans aucune information sur sa répartition. Dans les années 80, l’espèce sera notée dans la Presqu’île d’Arvert et dans la commune d’Yves (THIRION & VRIGNAUD, 1999).

Actuellement, l’espèce est connue sur le continent au sein de la réserve naturelle du Marais d’Yves, des communes de Moëze et Saint-Froult et au sud du massif de La Coubre.

Récemment, le Pélobate cultripède a été trouvé sur les îles d’Oléron et de Ré. Sur l’île d’Oléron, l’espèce a été notée sur un site de la commune de Saint-Denis-d’Oléron classé espace naturel sensible du département, ainsi qu’au sud de Boyardville. Sur l’île de Ré, le Pélobate cultripède a été observé tout au nord de l’île, sur le secteur de la forêt du Lizay, site Natura 2000. Cette espèce méditerranéenne ne possède des populations insulaires que sur trois îles du littoral atlantique français.

Jean-Marc THIRION

Pélodyte ponctué

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive Habitats

Convention Berne : Annexe 3

Liste rouge nationale : Vulnérable

Liste rouge régionale

Cette espèce est considérée en danger dans différentes parties du nord-est de l’Europe : Belgique, Luxembourg et nord de la France.

Biologie et écologie

Le Pélodyte ponctué fait partie des amphibiens les plus discrets en dehors de la période de reproduction. Sa petite taille (4 cm environ) renforce cet aspect.
Aussi à l’aise sur terre que dans l’eau, capable de grimper sur les murs et les branches, son activité plutôt crépusculaire le mène vers les zones de carrières avec des mares temporaires, des fossés d’exploitation ou de drainage végétalisés, des prairies humides de bords de rivière.

Sa présence en nombre sur les dunes de l’arrière littoral charentais ou dans des carrières du centre Vienne démontre bien l’ubiquité de l’animal.

L’espèce peut être repérée de fin février à mi-mai, grâce au chant des mâles qui ressemble au bruit d’une semelle qui grince. Une seconde ponte est également possible en fin de saison estivale (septembre).

Répartition

Si l’espèce est bien représentée sur la façade atlantique et les îles de la région Poitou-Charentes, la présence du Pélodyte ponctué sur le reste de la région semble plus aléatoire. Cette dissémination ponctuelle de l’espèce est également observée au niveau national avec une nette abondance dans le sud du pays, confirmant ainsi sa répartition biogéographique Franco-ibérique.

En Poitou-Charentes, le pélodyte présente une répartition inégale. En effet, on observe une abondance bien répartie sur la Charente-Maritime particulièrement dans les marais littoraux (à l’exception des coteaux de Gironde et du bocage de Mirambeau) et des zones très ponctuelles où la concentration est forte sur les départements des Deux-Sèvres (entre 250 et 500 animaux comptabilisés sur une prairie humide à Bougon , plusieurs centaines d’individus autour d’un étang dans le nord de ce département), de la Charente, et de la Vienne (une centaine d’individus sur une zone d’étangs et mares de Montreuil Bonnin).

A l’opposé, l’espèce est totalement absente sur de vastes zones de ces 3 départements, comme le Montmorillonnais, le Loudunais, le Confolentais, le Montmorélien, le bocage Bressuirais ou la plaine de Niort.

Pascal CAVALLIN, Conservatoire d’Espaces Naturels de Poitou-Charentes

Crapaud commun

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats

Convention Berne : Annexe 3

Liste Rouge nationale : A surveiller

Liste rouge régionale

Cette espèce est commune sur l’ensemble de son aire de répartition européenne.

Biologie et écologie

On peut trouver le Crapaud commun dans un large éventail d’habitats souvent assez secs comme les jardins, bas de haies, broussailles et bois.

Cette espèce très répandue est essentiellement nocturne : au crépuscule ce crapaud émerge de sa cachette de la journée. Il se déplace d’habitude en marchant, excepté lorsqu’il a peur, auquel cas il saute.
Bien que les femelles adultes puissent atteindre 15 cm de longueur, dans notre région il est rare qu’elles dépassent 10 cm, alors que les mâles sont plus petits.

Les Crapauds communs se nourrissent d’une grande variété d’invertébrés, et affectionnent particulièrement les cloportes.

La majeure partie de l’année ces crapauds vivent de façon terrestre et solitaire, mais ils se regroupent massivement pour la reproduction dans les fossés inondés, les mares et les bords de lacs, retournant chaque année au même endroit. Selon les températures les plus favorables le frai a lieu de février à mars. On ne verra aucune migration en dessous de 4°C.

Fin mai début juin les têtards sont complètement développés et se dispersent, en général au petit matin ou en fin de journée.

Répartition

Cette espèce est largement répandue à travers l’Europe, mais absente en Irlande, en Corse, en Sardaigne, dans les Baléares, à Malte et en Crète. C’est une espèce très commune et répandue en Poitou-Charentes.

Le fait qu’elle n’ait pas été recensée dans certaines zones provient probablement plus d’un manque d’observation que de l’absence de l’animal.

Cependant on peut penser que la baisse de population de certaines zones provient de modifications du milieu comme le rebouchage de mares, de fossés remplacés par des tuyaux d’écoulement.

D’un autre côté, la création de mares et étangs privés ou publics pour la pêche et autres agréments constitue de nouveaux espaces de reproduction pour l’espèce : les têtards de crapaud, contrairement aux autres batraciens, ne se font pas manger par les poissons.

A la période des migrations on peut constater d’énormes pertes sur les routes. Les morts sur les routes ne sont pas dues seulement à l’écrasement de l’animal mais aussi à sa projection par le déplacement d’air sur la partie basse des véhicules.

Les mesures prises à l’heure actuelle pour procurer aux crapauds et autres batraciens des passages pour traverser la route en période de migration se sont avérées satisfaisantes et mériteraient être généralisées.

Neil WILDING

Crapaud calamite

Statut de protection

Protection nationale : Article 1

Directive habitats : Annexe 4

Convention Berne : Annexe 2

Liste Rouge nationale : A surveiller

Liste rouge régionale : Mentionné

La répartition mondiale du Crapaud calamite s’étend de la péninsule ibérique aux pays baltes en incluant la Grande-Bretagne et le sud de la Suède. Hormis en Espagne, la répartition de ce crapaud semble partout se fragmenter et se réduire sous l’influence des activités humaines.

Biologie et écologie

Actif de nuit entre mars et octobre, le Crapaud calamite est facile à repérer à l’oreille, son chant rappelant, dans certaines conditions, celui de la courtilière.

Les femelles pondent de 1000 à 3000 œufs par ponte, qui se présentent sous forme d’un ruban déposé sur le fond d’une mare, d’un point d’eau temporaire, parfois d’une ornière.

Selon la littérature (SINSCH, 1998 p. ex.) [1], la période de reproduction s’étale de fin mars à juillet et culmine au mois de mai.

Les jeunes crapauds quittent l’élément liquide environ 4 à 10 semaines après la ponte en fonction de la température de l’eau et de la disponibilité alimentaire.

L’alimentation des adultes est variée, constituée de proies dont la taille est comprise entre 4 et 8 mm. Elles se composent de fourmis, coléoptères, araignées, larves diverses, parfois vers de terre.

Le calamite fréquente essentiellement des habitats ouverts, à végétation clairsemée, avec une prédilection marquée pour les sols meubles. Il est souvent présent dans les sablières abandonnées, les landes ouvertes, parfois des cultures (vignes, asperges par ex.).

Répartition

Au plan régional, les données tirées de la littérature du XIXe siècle n’apportent pas grand chose sur la distribution passée de l’espèce. Seul TREMEAU DE ROCHEBRUNE [2] (1843) donne quelques éléments précis en indiquant la présence de l’espèce : « dans les vignes du petit Rochefort, à 4 kilomètres, sud de la ville ». Actuellement contacté dans près de 13% des mailles, et quatre départements de la région, le Crapaud calamite présente une répartition largement morcelée.

Globalement, le nombre de contacts s’amoindri de l’est à l’ouest alors que la fragmentation des populations s’accroît de façon drastique.

La Vienne et la Charente rassemblent l’essentiel des données. En Vienne, le calamite se limite à la grande moitié est du département où la répartition de l’espèce présente une certaine continuité.

En Charente, les observations sont mieux réparties mais plus diffuses, l’espèce étant notée de la Double au Confolentais. En Deux-Sèvres, la population de calamite semble cantonnée à deux noyaux distincts, centrés sur la région niortaise d’une part et entre Bressuire et Parthenay d’autre part.

En Charente-Maritime, seule l’île de Ré semble bien peuplée. Ailleurs, le Crapaud des joncs n’est connu que de localités isolées. Cette situation contraste singulièrement avec celle présentée dans l’atlas national de 1989, où l’espèce était mentionnée en presqu’île d’Arvert, en Aunis, en pays rochefortais et dans toute la Haute Saintonge à partir de Jonzac.

Philippe JOURDE