Structure, dynamique et état de conservation des landes

Structure et Dynamique

La structure correspond à la stratification verticale et horizontale de la lande répertoriée. Elle peut être décrite par divers paramètres tels que : la densité et la hauteur de la végétation, le caractère fragmenté ou uniforme, le degré de colonisation par les ligneux, la fougère, la Molinie…
La dynamique de la lande représente son évolution dans le temps. De façon naturelle et pour les landes non gérées, on observe schématiquement la succession de végétation suivante :

pelouse <-> lande herbeuse <-> lande type <-> lande fourré <-> fourré pré-forestier <-> forêt

Il est donc intéressant de pouvoir situer la lande inventoriée dans cette dynamique afin de voir vers quoi elle est en train d’évoluer spontanément. Bien entendu, les interventions humaines (culture, gestion…) peuvent bloquer la dynamique ou la faire évoluer dans un sens voulu (rajeunissement par exemple).

État de conservation

L’état de conservation du site peut être défini comme la synthèse des paramètres précédents.
On peut considérer l’état de conservation comme mauvais lorsque la lande est haute, très dense au niveau des parties aériennes et au contraire dénudée au niveau du sol. Les ligneux y sont nombreux et bien installés (saules, bouleaux, pins, bourdaines, chênes…) préfigurant une chênaie ou une pinède. La lande présente une organisation spatiale fragmentaire avec des plages entrecoupées de broussailles (ronces, fougères, genêts) ou de Molinie.
L’état de conservation peut être considéré comme optimal lorsque la lande est dominée par les bruyères qui occupent les différentes strates du couvert végétal de manière homogène. La structure est donc complexe sans être trop dense ou trop haute. Les ligneux et la fougère sont quasi absents, assurant ainsi un profil plutôt bas, ouvert et uniforme.
Entre ces deux états, existent des états de transition que l’on peut classer entre moyen et bon (de manière subjective mais en faisant appel à l’habitude de terrain et la comparaison entre sites).
Il est à noter qu’un même site peut présenter plusieurs états de conservation selon les secteurs. Une interprétation globale représentative du site est alors retenue.

Nota : seules les landes pouvant être repérées comme telles lors de l’analyse des photographies aériennes seront prises en compte dans l’inventaire général. Ainsi, des zones trop boisées ne pouvant être repérées comme des landes ne seront pas retenues.

Taille des sites de landes

Si certaines landes peuvent représenter une ou plusieurs dizaines d’hectares, d’autres telles que les landes humides, s’expriment en général sur de petites surfaces de quelques hectares (de 1 à 3 ha en Charente). De plus, de petites zones de landes relictuelles peuvent être présentes de façon ponctuelle et disséminée sur l’ensemble de la région.
Ces zones de petite taille sont cependant importantes. En effet, l’intérêt de tels petits sites réside dans le fait qu’ils sont susceptibles de constituer des réseaux de « corridor biologique » favorables aux échanges de population.

La taille minimale retenue est de 1 ha, ce qui correspond à la plus petite surface « facilement » repérable sur photographies aériennes. Ce sont donc les sites dont la surface est supérieure ou égale à 1 ha qui seront recherchés activement.

Les zones de landes relictuelles pourront être intégrées à l’inventaire selon les connaissances des « experts » ou les aléas du terrain (trouvées « par hasard » lors des sorties terrain).

Choix des sites de landes

Six types de landes ont été retenus :

Les landes atlantiques à bruyères, Erica sp.
– Landes sèches à Bruyère cendrée, Erica cinerea
– Landes mésophiles à Bruyère à balai (ou Brande), Erica scoparia
– Landes humides à Bruyère à quatre angles, Erica tetralix
– Landes à mares, caractéristique de la région et notamment du Pinail (Vienne)
Les landes à ajoncs, Ulex sp.
Les landes à Genêt à balai, Cytisus scoparius

Au sein d’un site de landes, il est possible de trouver conjointement différents types de landes selon, par exemple, les conditions hygrométriques du sol sur la zone : on aura ainsi affaire à une mosaïque de landes et non à une lande de type « pur ». Les landes à mares sont une version « systématique » de landes en mosaïque. Si les mares sont issues de l’extraction de la pierre meulière, il en résulte un étagement de la végétation autour de celles-ci en fonction de l’hygrométrie : on trouve ainsi en ceinture une petite zone de lande humide à Bruyère à quatre angles, puis une zone de lande mésophile à Brande ou Bruyère à balai et enfin sur les parties les plus élevées une zone de lande sèche à Bruyère cendrée.

Les habitats de lande à bruyères sont d’intérêt communautaire au titre de la Directive Habitats.

Cependant, d’autres types de landes, comme les landes à genêts ou les landes à ajoncs sont importants en termes d’habitats d’espèces, notamment avifaunistiques, à caractère patrimonial et d’intérêt communautaire (la Fauvette pitchou par exemple fréquente les landes à ajoncs et est inscrite à la Directive Oiseaux).
Ces deux types de landes, les landes à genêts et les landes à ajoncs, au faciès quasiment pur, ont donc été rajoutés aux landes à bruyères pour cet inventaire.