Une couverture départementale de l’inventaire des landes

L’inventaire des landes de Poitou-Charentes, associé à une analyse cartographique des données, a permis de tirer un bilan de la distribution et de l’état de conservation général des landes de la région dans l’objectif d’améliorer la connaissance de ce milieu pour mieux le préserver. Les prospections n’ayant pas pour vocation la réalisation d’analyses faunistiques et floristiques approfondies, nous avons cherché à définir les principales caractéristiques du site afin d’estimer l’opportunité et la faisabilité d’une action de protection.
La phase de terrain a donc permis de mettre en évidence un ou plusieurs sites remarquables à l’échelle de chaque département afin d’en déterminer à court terme les grands axes de gestion conservatoire. Dans le cadre de cet inventaire, nous avons pu caractériser chaque habitat de landes par ses spécificités écologiques, son degré de menace et son état de conservation, afin de mettre en œuvre une stratégie de préservation.
Malgré un recensement volontairement très large, il n’a pu être totalement exhaustif car de petits îlots de landes peuvent subsister de façon éparse dans les massifs forestiers faute d’avoir pu être détectés.

Charente

Après comparaison des résultats d’inventaires avec les données issues des services forestiers, la Charente totalise une surface d’environ 328 ha sur 34 sites de landes.
La plupart des sites sont situés dans le sud du département (le Petit Angoumois, les collines de Montmoreau et le Pays d’Horte) qui accueille la quasi-totalité des landes sèches et mésophiles. La majorité des landes humides se réparti dans le nord de la Charente (les terres froides) et seulement avec des surfaces extrêmement réduites dans le sud.
L’inventaire a mis en évidence une tendance départementale au vieillissement de ces habitats avec un grand nombre de landes dans un état boisé ou proche du boisement, et de nombreux sites soumis à une sylviculture intensive.
Sur le territoire charentais, les landes ne forment désormais plus qu’un habitat relictuel (superficie moyenne de 10 ha) fortement menacé de disparition. Toutefois, la présence de sites remarquables au sein de la zone Natura 2000 « Landes de Touverac Saint-Vallier » en fait des sites prioritaires pour une gestion conservatoire, vecteurs d’une volonté de préservation des landes à l’échelle du département.

Charente-Maritime

Sur les 109 sites inventoriés dans le département, les landes recouvrent une surface estimée à 1 246 ha (soit une superficie moyenne de 6 ha par site). Ces habitats apparaissent fortement relictuels en Charente-Maritime avec des sites de petite taille répartis sur la frange sud du département (cf. carte 1) La distribution des sites de landes sur le territoire est marquée par la formation de quatre unités paysagères distinctes (cf. carte 4) : deux à l’ouest (la presqu’île d’Arvert et la campagne de Pont l’Abbé / Gémozac), une au centre (les bois et forêt de la Lande) et l’autre à l’est du département (la Double Saintongeaise et le Petit Angoumois).
Seule la pointe sud-est du département compte encore de grandes surfaces de landes reliées entre elles par un réseau de petits sites qui peuvent jouer le rôle de corridors biologiques. Cette dynamique des landes du secteur de la Double Saintongeaise pourrait s’étendre aux sites du sud de la Charente si des landes étaient découvertes dans le secteur aujourd’hui non prospecté de Charente-Maritime. Des prospections complémentaires permettront d’affiner cette analyse.
L’inventaire des landes en Charente-Maritime confirme leur vulnérabilité face au boisement et à la fermeture naturelle du milieu, tout en soulevant le problème du développement urbain aux dépens des milieux naturels (cf. carte 3).
Cette répartition permet d’entrevoir un stade déjà avancé de régression des superficies de landes en Charente-Maritime (cf. carte 2). Toutefois, un réseau encore dense de landes au sud-est du département, bénéficiant pour certains sites d’un classement Natura 2000, laisse présager des potentialités d’actions de conservation sur ce secteur de la Double Saintongeaise.

Deux-Sèvres

Les Deux-Sèvres comptabilisent 41 sites de landes, essentiellement des landes sèches et mésophiles, couvrant une surface plutôt réduite de près de 225 ha.
Les prospections ont mis en évidence l’urgence d’agir pour la prise en compte de ces habitats figurant à l’état relictuel dans le département (superficie moyenne inférieure à 6 ha) et fortement menacés par leur abandon et le boisement productif.
Les contreforts de la Gâtine, au nord du département, constituent le principal secteur de landes des Deux-Sèvres avec près de 180 ha retenus lors de l’inventaire. Les 70 ha de landes inclus dans le périmètre Natura 2000 « Vallée de l’Argenton » ont fait l’objet de propositions de gestion conservatoire dans le cadre de l’élaboration du ument d’objectifs. L’application de mesures CAD ou contrat Natura 2000 sur ces secteurs permettrait d’assurer le maintien voire la restauration de la lande Deux-Sévrienne avant sa disparition complète. Mais, depuis la validation du OB en 2004, aucune mesure n’a été signée en faveur de ces habitats. Seuls deux sites font l’objet de mesures conservatoires en 2006 : les landes de l’Hôpiteau (propriété du CREN) et les landes du Cébron (site du Conseil Général).

Vienne

Avec 148 sites et environ 5 450 ha de surfaces de landes recensés, la Vienne reste le département le plus riche en landes de la région Poitou-Charentes.
Le paysage de la Vienne est dominé par de la lande mésophile accompagnée de landes sèches et humides en mosaïque, formant par endroits des landes à mares souvent créées par l’extraction de pierres meulières.
Leur distribution sur le territoire s’étend sur tout l’est du département et sur sa pointe nord-ouest. Cette répartition est marquée par la présence de grands sites déjà connus et gérés (sites Natura 2000, réserve naturelle nationale, terrains militaires…) dont une dizaine dépasse la centaine d’hectares. L’inventaire a révélé que ces grandes surfaces de landes s’accompagnent d’une multitude de petits sites épars (cf. carte 2). Il existe donc encore en Vienne une dynamique paysagère constituée de grandes entités de landes connectées entre eux par de petits sites épars, formant ainsi de véritables réseaux fonctionnels de landes essentiels à la biodiversité.
Nombreux sont les sites localisés au sein même des massifs forestiers. Sur les sols favorables, la lande s’y développe suite à l’exploitation forestière, aux phénomènes de tempête, voire même aux incendies. Mais sur ces sites à vocation forestière, les landes non entretenues sont vouées à s’embroussailler puis à évoluer vers le boisement pour n’être présentes qu’en sous-bois ou dans les trouées. Ainsi, au sein d’un massif forestier s’opère un équilibre entre la fermeture naturelle des landes et leur ouverture suite aux coupes.
Cet équilibre reste cependant fragile puisque la disparition des landes en Vienne est bien réelle. De Longuemar estimait qu’il en restait quelques 90 000 ha en 1877. Aujourd’hui, la Vienne ne conserve plus que 5% de ces landes originelles. Cette régression se poursuit actuellement avec la colonisation du milieu par les boisements, qu’ils soient volontaires (plantation de résineux) ou naturels avec le vieillissement des landes.

Il apparaît donc important de photographier plus d’un siècle plus tard l’état de ces milieux à l’échelle de la région Poitou-Charentes.

Synthèse pour le Poitou-Charentes

Jean Terrisse (POITOU-CHARENTES NATURE, 2006) estime qu’aucune lande du Poitou-Charentes ne peut être considérée comme primaire. Elles résultent toutes d’anciennes forêts acidophiles qui ont été incendiées ou pâturées pour favoriser le développement d’une végétation herbacée. Toutes ces pratiques traditionnelles ont aujourd’hui presque totalement disparu en Poitou-Charentes, hormis sur certains espaces protégés comme la Réserve Naturelle du Pinail où des ovins ont été réintroduits comme outils de gestion.
En l’absence de facteurs de rajeunissement, la lande sèche ou mésophile « vieillit » et se trouve envahie plus ou moins rapidement – selon la profondeur et la richesse trophique du substrat – par des espèces pré-forestières. Ainsi, des espèces pionnières comme le Prunellier, l’Ajonc d’Europe, le Genêt à balais, les ronces, le Pin maritime, voire la Bourdaine précèdent l’implantation d’essences forestières telles que les chênes (Chêne tauzin, Chêne pédonculé, voire Chêne pubescent dans quelques cas).
De même, les landes humides du Poitou-Charentes sont devenues des espaces « improductifs » soumis à l’évolution progressive de la végétation. Leur abandon conduit au sur-développement de la Callune, à une invasion par la Molinie et la Fougère aigle, à l’installation d’arbustes pionniers plus ou moins hygrophiles tels que la Bourdaine, le Saule roux, voire le Pin maritime ou le Chêne pédonculé quand des porte-graines existent à proximité (cas fréquent dans la région où les landes ont fait l’objet d’enrésinements massifs).
Les landes à ajoncs et genêts quant à elles ne couvrent pas de grandes surfaces homogènes. Il s’agit de milieux ouverts difficilement pénétrables, présents en marge des milieux forestiers où ils constituent alors des milieux de transition. Guy Chézeau (POITOU-CHARENTES NATURE, 2006) les associe à l’abandon de prairies anciennement cultivées mais de faibles capacités agronomiques ou de landes autrefois pâturées sur un mode extensif. La nature du sous-sol et le type de sol, plus riche que celui des landes à bruyères, déterminent ensuite l’apparition de ces deux grands types d’habitat. Les fourrés à Genêts à balais se localisent sur des sols faiblement acides, sur des argiles de décalcification ou sur des sols acides thermophiles, et les fourrés à Ajoncs d’Europe se retrouvent sur sols acides mésophiles voire hydromorphes. Ces fourrés évoluent vers une chênaie acido-thermophile à Chêne tauzin sur les sols les mieux drainés ou vers une chênaie à Chêne pédonculé sur les substrats plus humides.

Ainsi, la plupart des landes régionales identifiées au cours de cet inventaire présentent des faciès âgés, transitoires avec des forêts potentielles dont la composition est plus ou moins proche des forêts originelles du Poitou-Charentes. Si la prolifération des grands animaux peut entraîner localement une réouverture du milieu, cela ne suffit toutefois pas à empêcher la lente restauration d’un milieu forestier qui va peu à peu faire disparaître les espèces landicoles typiques, plus ou moins strictement héliophiles.
Ainsi, alors que le défrichement pour une reconversion des landes en terre arable n’existe pratiquement plus (cf. carte 3), les surfaces régionales de landes continuent de régresser. Ce constat démontre l’importance encore accrue des autres causes de disparition de la lande, à savoir les plantations et, comme nous l’avons vu précédemment, la dynamique de colonisation naturelle.

Toutefois, des actions de préservation des landes sont possibles sur l’ensemble des départements par le biais du réseau Natura 2000 qui ouvre la voie d’une politique européenne volontariste de concertation entre protection des milieux naturels et développement socio-économique des territoires. Peuvent être également menées des actions régionales, comme celles du CREN Poitou-Charentes (acquisitions, baux, conventions… et gestion conservatoire) et ainsi contribuer à la création de réserves naturelles régionales. Enfin, les départements peuvent également agir par l’utilisation de la taxe départementale des espaces naturels sensibles.

Des résultats discutés…

La rencontre de l’ensemble des partenaires du programme a permis de rendre compte des limites et difficultés rencontrées dans la réalisation d’un inventaire d’envergure régionale où coexistent intérêts écologique et économique.
Malgré la validation en comité de pilotage d’un protocole de terrain avec une fiche standardisée à remplir, certaines structures ont réalisé un travail plus approfondi dans la récolte des données de terrain. Ainsi, le sud de la Charente-Maritime, secteur où semblent se concentrer les sites de landes du département, n’a pu être prospecté en totalité par manque de temps. L’inventaire de Charente-Maritime sera donc complété dans le cadre de la poursuite du programme.
D’autre part, les photographies aériennes utilisées en amont de la phase de terrain pour repérer les sites de landes ne sont pas récentes (1999 pour la Vienne et les Deux-Sèvres et 1996 pour la Charente et la Charente-Maritime). Par ailleurs, elles datent toutes d’avant la tempête de 1999 qui a pu découvrir des surfaces forestières plus ou moins importantes et potentiellement favorables au développement de landes.
Or, ces trouées identifiées comme des sites de landes lors de leur découverte sur le terrain restent des secteurs à vocation forestière. Ces sites sont donc majoritairement destinés soit à être reboisés par plantation soit à se reboiser rapidement de façon naturelle.
En accord avec les partenaires forestiers, il a été convenu de conserver ces sites dans les fiches du Catalogue mais de préciser dans leur état de conservation s’il s’agit de landes découvertes après la tempête et/ou de landes transitoires [18], en mélange avec des boisements. À partir des uments contractuels établis par les représentants de l’État et engageant les propriétaires forestiers dans le reboisement de leurs parcelles, il a été possible d’affiner les surfaces de landes transitoires au plus juste.

Intérêt patrimonial des landes du Poitou-Charentes

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PlantesOiseauxInsectesMammifères, reptiles

Qu’il s’agisse de landes à bruyères mésophiles ou xérophiles, de landes à ajoncs ou à genêts, l’ensemble de ces milieux naturels est marqué par une remarquable richesse écologique. En effet, les landes constituent un habitat essentiel au développement de nombreuses espèces inféodées exclusivement à ce type de paysage ouvert, buissonnant et dense.
Dans l’objectif de mettre en évidence l’intérêt patrimonial des landes picto-charentaises, nous avons dressé une liste non exhaustive des espèces rencontrées sur les sites inventoriés à l’échelle régionale (cf. tableau 1). Cette liste rassemble les espèces d’intérêt patrimonial, c’est-à-dire bénéficiant d’une protection nationale/régionale, ou inscrites sur les Listes rouges nationale/régionale (ROCAMORA & YEATMAN-BERTHELOT, 1999), ou retenues comme déterminantes en Poitou-Charentes (JOURDE & TERRISSE, 2001), tout en distinguant les espèces typiques des landes.
Cependant, cette analyse ne permet aucune comparaison qualitative régionale, car les sites recensés au cours du programme n’ont pas fait l’objet d’inventaires faune-flore systématiques, mis à part pour la Charente-Maritime. Ces données proviennent donc d’inventaires localisés sur quelques sites pilotes, hors protocole (CREN, Natura 2000, réserve naturelle…).

Plantes retour

Les landes abritent des habitats rares voire menacés : 64 espèces patrimoniales y ont été inventoriées. Parmi celles-ci, 8 sont protégées à l’échelon national et 15 autres sur le Poitou-Charentes.
C’est plus particulièrement dans les landes humides que l’on retrouve une richesse botanique importante, les conditions biologiques particulières de cet habitat ayant entraîné le développement d’une flore hautement spécialisée dont les éléments les plus spectaculaires sont les plantes carnivores : Droséras (Drosera intermedia, D. rotundifolia), Grassette du Portugal (Pinguicula australis), Utriculaire australe (Utricularia australis, U. Minor).
Sur les landes sèches, on trouve également de nombreuses plantes patrimoniales, notamment des orchidées comme le Sérapia en cœur (Serapias cordigera), la seule station régionale connue étant située sur une lande des Deux-Sèvres, et le Glaïeul d’Illyrie (Gladiolus illyricus). Ces plantes se développent dans les clairières et les layons entretenus.

Oiseaux retour

Parmi les espèces d’oiseaux observées dans les landes, 10 sont inscrites à l’annexe I de la Directive européenne 79/409 dite « Directive Oiseaux ». L’espèce phare de ce milieu est sans conteste la Fauvette pitchou (Sylvia undata). En régression lente mais régulière en Poitou-Charentes, cette petite fauvette fréquente presque exclusivement les landes, où elle trouve des conditions proches des maquis du pourtour méditerranéen, bastion de l’espèce. La conservation de cette espèce dépend ainsi strictement de celle des landes.
D’autres espèces d’intérêt communautaire comme les Busards cendré (Circus pygargus) et Saint-Martin (C. cyaneus) y sont également bien représentées. Les landes constituent leur milieu originel de nidification, et les couples qui s’y établissent connaissent une reproduction bien meilleure qu’en zone céréalière (mortalité lors des moissons). De même, l’Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus), amateur d’espaces ouverts à végétation basse, est un hôte régulier des landes, surtout si elles sont à proximité d’espaces boisés.
On rencontre enfin un cortège composé d’espèces qui apprécient particulièrement les landes sans y être inféodées, comme la Locustelle tachetée (Locustella naevia) et l’Alouette lulu (Lullula arborea). Quant au Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), au régime alimentaire principalement composé de reptiles, il fréquente très régulièrement les landes sèches pour chasser lézards ou couleuvres.

Amphibiens retour

Sept espèces d’amphibiens ont été observées sur ces landes, en particulier dans les landes humides où elles trouvent des points d’eau pour se reproduire : mares, parfois creusées pour l’extraction d’argile ou de pierres meulières sur bon nombre de sites, mais aussi ornières et fossés.
Parmi celles-ci, deux sont plus particulièrement intéressantes : le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) et le Triton crêté (Triturus cristatus), espèces inscrites à l’annexe II de la Directive Habitats. Cependant, aucune de ces espèces n’est inféodée aux habitats de landes. Elles dépendent surtout de milieux lentiques marqués par la présence de prairies et/ou boisements à proximité.

Insectes retour

  • Rhopalocères
    Six espèces patrimoniales de Lépidoptères diurnes ont été observées sur les landes de la région, dont 3 inscrites à la Directive Habitats (annexes II et IV), toutes dépendantes des landes humides ouvertes, permettant le développement de leurs plantes hôtes.
    Le Fadet des laîches (Coenonympha oedippus) trouve sur les landes de Charente-Maritime 3 sites de reproduction, soit la plus importante des populations de la région. Cette espèce, seulement présente au sud du Poitou-Charentes, figure parmi les plus menacées de la région puisqu’elle a déjà disparu de nombreuses localités du département charentais et des Deux-Sèvres. Elle dépend notamment des habitats associés aux landes humides, bas-marais à Choin et Molinie, où se développent ses plantes hôtes.
    Quant à l’Azuré des mouillères (Maculinea alcon), il ne se rencontre en Deux-Sèvres que sur une lande humide ouverte. Découverte récemment, cette population est d’autant plus fragile qu’elle se réduit à un seul site de prairie et lande humide à Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe), où se trouvent également ses fourmis hôtes.
  • Odonates
    Parmi les 20 Odonates inscrits sur la Liste rouge du Poitou-Charentes, 8 se retrouvent sur les sites de landes.
    Au sein de ceux-ci, la famille des Leucorrhines figure parmi les plus inféodées aux landes humides. Leurs exigences écologiques nécessitent des milieux lentiques oligotrophes ou mésotrophes moyennement végétalisés, fréquemment acides, et situés dans un environnement assez ouvert. La région accueille les Leucorrhines à large queue (Leucorrhinia caudalis) et à gros thorax (L. pectoralis), deux des 4 espèces présentes en France (toutes avec des aires de répartition disjointes). De plus, elles présentent le statut de conservation le plus défavorable (inscrites aux annexes II et IV de la Directive Habitats, inscrites « en danger » sur la liste rouge nationale).
    L’ultra-spécialisation de ces espèces ainsi que la fragilité de leurs populations régionales rendent la sauvegarde de ces landes prioritaire pour leur maintien.
  • Orthoptères
    Au total quatre espèces de criquets ont été identifiées sur les landes lors des inventaires. On y rencontre le Criquet des ajoncs (Chorthippus binotatus) qui, comme son nom l’indique, se nourrit strictement de jeunes pousses d’ajoncs.
    D’autre part, la présence du Criquet ensanglanté (Stetophyma grossum) est particulièrement intéressante. Autrefois, très largement répandu, ses effectifs ont beaucoup décliné lors des dernières décennies en raison de la régression de ses habitats : les landes humides. Exclusivement inféodé aux secteurs humides, proches des tourbières, il fait partie des orthoptères les plus gravement menacés d’extinction en France.

Mammifères, Reptiles retour

Aucune donnée ne peut être analysée de façon significative concernant ces groupes puisque aucune espèce n’est spécifiquement inféodée à l’habitat des landes.

Malgré leur étendue régionale fortement relictuelle, cette brève analyse montre que les landes picto-charentaises offrent encore une forte valeur patrimoniale. Toutefois, leur vieillissement entraîne une homogénéisation de leur structure et, de ce fait, une perte de leur diversité floristique puis faunistique.
Il est donc urgent de retrouver une gestion agropastorale, voire environnementale, de ces espaces pour préserver l’ensemble de la biodiversité qui leur est associée. De plus, la dislocation continue des grands ensembles de landes pose désormais le problème de la connectivité entre les populations d’espèces strictement inféodées aux habitats de landes.

Une cohérence régionale

En 2005, une base de données informatique a été développée pour permettre la saisie et le traitement des données issues des prospections de terrain à l’échelle régionale.
Développée sous Access © de Microsoft, cette base permet une centralisation harmonieuse des informations concernant la localisation des sites, leur surface, leur état de conservation et leur intérêt patrimonial général.
Elle doit enfin assurer la consultation simple des informations stockées ainsi que leur restitution de manière claire et standardisée grâce à des requêtes et à la création d’états, outil indispensable à la réalisation du « Catalogue Landes ».
Les données de cette base peuvent facilement être exportées vers d’autres ressources, qu’il s’agisse de tableurs ou de logiciels de cartographie, notamment avec le système d’information géographique Mapinfo, indispensable à l’élaboration des cartes générales et thématiques.