Landes – Objectifs du programme

Landes – Objectifs du programme

Le constat de départ : des landes résiduelles

Longtemps perçues comme un royaume sauvage et mystérieux, les landes ont longtemps souffert de l’improductivité de leurs terres.

Aujourd’hui, alors que les surfaces de landes ont dramatiquement diminué, elles sont reconnues comme des éléments essentiels de l’histoire du Poitou-Charentes et des richesses majeures sur le plan naturel et paysager.

Face à la régression continuelle des surfaces de landes picto-charentaises, Poitou-Charentes Nature et ses associations membres se sont mobilisées dès 2002 pour œuvrer à la préservation des milieux et des paysages de landes et de la biodiversité qui leur est associée.

Coordonné par la LPO Vienne, le programme de Sauvegarde des landes de Poitou-Charentes a permis d’inventorier tous les sites de landes de la région et de diagnostiquer leur état de conservation. Ce travail d’envergure témoigne de l’état relictuel des landes de notre région où subsistent essentiellement de petits sites épars en voie de colonisation par les boisements.

Contexte

Porté par Poitou-Charentes Nature et coordonné par la LPO Vienne, le programme de Sauvegarde des landes est monté en partenariat avec le CREN, le CRPF, Gerépi et l’ONF pour œuvrer à la préservation des milieux et des paysages de landes et des espèces animales et végétales qui y sont associées.

Initié en 2002, le programme a tout d’abord permis de faire un état des lieux des sites de landes en réalisant un inventaire régional dont les résultats ont été publiés au sein d’un « catalogue landes », outil d’aide à la décision des gestionnaires de milieux. Une mise à jour 2009 est disponible. Elle prend en compte les dernières corrections.

Cette première phase du programme s’est achevée par un colloque de restitution (le résumé des interventions est disponible) et la diffusion d’une plaquette de sensibilisation.
En 2009, le programme s’est engagé dans une phase de gestion – conservation dont l’objectif est de mettre en œuvre des actions d’entretien ou de restauration sur 10% des surfaces de landes répertoriées à l’échelle régionale soit près de 550 hectares.

Objectifs opérationnels

Désormais, l’objectif est d’enrichir le programme engagé depuis 2002 par la mise en œuvre d’actions de sauvegarde sur 10% des surfaces de landes répertoriées à l’échelle régionale, hors site Natura 2000, Réserve Naturelle et propriété du CREN totalisant 1 825 ha de surface de landes. Ainsi, avec plus de 6 700 ha de landes inventoriés, ce sont près de 500 ha de landes qui devraient être, à terme, concernés par des mesures de conservation sur l’ensemble du Poitou-Charentes. Soit, une surface participant au maintien d’un réseau fonctionnel de sites de landes sur la région.
Pour se faire, il s’agit de sélectionner des sites prioritaires de conservation des landes à l’échelle régionale pour y mener, à terme, des mesures conservatoires (location, convention, achat) et des actions de gestion (entretien ou restauration) en collaboration avec les propriétaires de terrain grâce à l’intervention du CREN.

Description des actions

Première étape – l’inventaire et la mise en œuvre

1ère Phase (2002-2003) :
La première phase de l’opération a constitué à :

  • Élaboration de la méthode d’inventaire et validation régionale- Inventaire et pré-cartographie des landes de la Vienne
  • Inventaires des usages, de l’exploitation qui en est faite aujourd’hui, et également des initiatives mise en œuvre pour sa gestion et sa sauvegarde (contacts auprès des gestionnaires, des exploitants, des associations de protection de la nature, des transformateurs…)
  • Point juridique sur les textes qui lui sont associés.

2ème phase (2004-2006)

  • Inventaire et pré-cartographie des landes de Charente, Charente Maritime, Deux-Sèvres.
  • Réalisation d’une cartographie et d’un cahier des landes de Poitou-Charentes.

3ème phase (2007-2008)

  • Réalisation d’une plaquette technique sur la richesse biologique des landes et leur gestion à destination de tous les gestionnaires potentiels.
  • Organisation d’un colloque de restitution avec partage d’expérience.

Deuxième étape – la Conservation

1ère phase – 2009

  • Élaboration de la méthode de sélection des sites de conservation des landes à l’échelle régionale
  • Inventaire complémentaire des sites de landes de Charente-Maritime
  • Présélection des sites de conservation des landes de la Vienne, la Charente et des Deux-Sèvres

2ème phase – 2010

  • Présélection des sites de conservation de landes de la Charente-Maritime
  • Sélection et hiérarchisation des sites prioritaires de conservation à l’échelle régionale
  • Inventaire biologique (entomofaune, botanique et oiseaux) sur un échantillon de sites de landes sélectionnés

3ème phase – 2011

  • Rédaction de plans de gestion à destination des propriétaires
  • Validation des plans de gestion par le Comité Scientifique et Techniques du CREN pour mise en œuvre des actions conservatoires (acquisition / location / convention, entretien / restauration)

Troisième étape : la sensibilisation

1ère phase – 2013

  • Réalisation d’une exposition
  • Réédition du dépliant d’information
  • Réalisation d’une boîte à indices des paysages de landes
  • Mise en image d’un diaporama
  • Boîte à outils « livret de terrain » (fiches,cartes,astuces,clés d’identification des bruyères, activités pédagogiques …)
  • Edition d’un calendrier d’animations commun
  • Lancement simultané dans les 4 départements, ainsi qu’au festival du film ornithologique de Ménigoute.

2ème phase – 2014

  • Mise en œuvre des animations et l’utilisation de outils conçus
    (34 programmes pédagogiques scolaires, 23 sorties, 6 animations, 5 sessions de formation naturalistes, 1 plaquette, 1 exposition)

Avec le soutien financier de :

Les objectifs de gestion

Conservation des landes de Poitou-Charentes
Phase 3


CONTEXTE GENERAL ET OBJECTIFS GENERAUX

Porté par Poitou-Charentes Nature et coordonné par la LPO Vienne, le programme de Sauvegarde des landes est monté en partenariat avec le CREN, le CRPF, Gerépi et l’ONF pour œuvrer à la préservation des milieux et des paysages de landes et des espèces animales et végétales qui y sont associées.
Initié en 2002, le programme a tout d’abord permis de faire un état des lieux des sites de landes en réalisant un inventaire régional dont les résultats ont été publiés au sein d’un « catalogue landes », outil d’aide à la décision des gestionnaires de milieux. Une version 2009 qui prend en compte les dernières corrections est disponible. Cette première phase du programme s’est achevée par un colloque de restitution et la diffusion d’une plaquette de sensibilisation.
En 2009, le programme s’est engagé dans une phase de gestion – conservation dont l’objectif est d’engager des démarches auprès des propriétaires de landes dans l’optique de mettre en œuvre des actions d’entretien ou de restauration de milieux sur 10% des surfaces de landes répertoriées.

L’année 2010 a été consacrée à la réalisation d’inventaires biologiques (3 volets : oiseaux, flore et entomofaune) sur une sélection de sites. C’est en partie sur la base des résultats de ces inventaires qu’ont pu être rédigées par la suite les notices de gestion.


LES ACTIONS REALISEES ENTRE JANVIER 2011 ET JANVIER 2013

  • Élaboration de la trame « notice de gestion »
  • Recensement, démarchage et sensibilisation des propriétaires de landes
  • Rédaction des notices de gestion
  • Présentation des sites de landes au Conseil Scientifique et Technique du CREN

1. ÉLABORATION DE LA TRAME « NOTICE DE GESTION »

La notice de gestion a été envisagée comme un outil à destination des propriétaires pour leur présenter les enjeux biologiques du site et leur fournir des informations techniques sur les différents modes de gestion des landes.
Elle s’organise en 4 parties :

  • Une présentation générale du programme « Landes de Poitou-Charentes »
  • La fiche d’identité du site
  • Le site et ses intérêts écologiques
    A/ Description du site
    A.1. Contexte général
    A.2. Historique du site (à partir d’informations collectées auprès des propriétaires ou issues de la consultation du Plan Simple de Gestion)
    B/ Intérêts écologiques du site (analyse des inventaires biologiques réalisés en 2010)
    B.1. Les habitats naturels et la flore patrimoniale
    B.2. Les espèces animales
    B.3. Synthèse des enjeux biologiques
    B.4. Analyse des fonctionnalités écologiques
  • Les orientations de gestion (description technique des différents modes de gestion)

2. SENSIBILISATION – INFORMATION

Identification et information auprès des propriétaires

Les démarches entreprises auprès des propriétaires se sont adaptées au contexte départemental et au fonctionnement avec les autres partenaires, CREN et Conseil Général notamment.
La première étape a consisté à identifier les propriétaires des sites de landes par consultation du registre cadastral. Ils ont ensuite été contactés par un courrier d’information.
Dans le cas où le nombre de propriétaire était restreint, ils ont pu être relancés par téléphone et, lorsqu’ils le souhaitaient, des rencontres sur le terrain ou des réunions d’information ont été organisées.

Parallèlement et sur une proposition du CRPF, le programme landes a été présenté par André Thillou (CRPF) lors de l’Assemblée Générale des Propriétaires Forestiers de Charente le 17 juin 2011 à partir d’un diaporama préparé par la LPO Vienne.
La plaquette d’information « Landes de Poitou-Charentes » a été largement diffusée à l’occasion de la rencontre des propriétaires.

  • Sensibilisation du grand public
  • Rapport d’activités de Deux-Sèvres Nature Environnement
  • Rapport d’activités de Nature Environnement 17
  • Rapport d’activités de Charente Nature
    24/01/2012 : Article Centre Presse – chantier de restauration de landes dans le Montmorillonnais (86) ;
    22/09/2012 : Sortie grand public organisée par le CREN autour des contes et légendes liés aux milieux de landes ;
    08/07/2012 : Sortie nature organisée par la LPO Vienne en partenariat avec le CREN pour inviter le grand public à la découverte des « Richesses biologiques des Grandes Brandes de Lussac ».


3. REUNIONS DE TRAVAIL INTERNES OU AVEC LES PARTENAIRES

Réunions départementales en Vienne
3/11/2011
Structures présentes : CREN (J. Ventroux et J. Branciforti), LPO Vienne (C. Gracieux)
Préparation de la note de synthèse pour le Conseil Scientifique et Technique du CREN pour une présentation du point d’avancement du programme landes
25/01/2012
Structures présentes : CREN (J. Ventroux et J. Branciforti), LPO Vienne (C. Gracieux) et SAFER (M. Aubert, V. Lenaers et C. Garetier)
Point d’information avec la SAFER pour une présentation du programme landes et l’organisation de l’animation foncière en Vienne.
06/03/2012
Structures présentes : CRPF (A.Persuy, M. Formery, JM. Demené et E. Sinou) et la LPO Vienne (C. Gracieux)
Présentation du programme landes aux techniciens du CRPF et échanges autour des perspectives d’intervention sur les sites de landes concernés par un Plan Simple de Gestion.
Suite à cette réunion, le CRPF a fourni la cartographie régionale des Plans Simples de Gestion concernés par des landes et mis à disposition les dossiers sur demande.
16/04/2012
Structures présentes : CREN (J. Branciforti) et LPO Vienne (C. Gracieux)
Hiérarchisation des sites de landes sélectionnés pour le lancement de l’animation auprès des propriétaires
19/07/2012
Structures présentes : Conseil Général 86 (E. Boistard) et LPO Vienne (C. Gracieux)
En mai 2012, le Conseil Général de la Vienne a sollicité la LPO Vienne pour une expertise de terrain sur le Bois de Lantray (les Trois-Moutiers) dans le cadre de son schéma ENS et afin d’affiner la cartographie des landes par rapport aux données des Plans Simples de Gestion. Le massif est organisé en 3 propriétés : le Groupement Forestier des 5 routes (potentiel vendeur), le Groupement Forestier de la Pique Noire et M. Rouillé.
Suite à cela, le Conseil Général a officiellement missionné la LPO Vienne pour assurer l’animation foncière des sites de landes inscrit dans le schéma ENS.
Point organisationnel sur la réalisation de l’animation foncière pour les sites de landes inscrits dans le schéma ENS (Bois de la Rigalière à Roiffé, Bois des Saules à Queaux, Brandes des étangs de Beauregard à Usson et Forêt de la Groie à Mairé)

13/12/2012
Présentation des sites « Taillis de la Bertolière » et « La Cantine – Pont de Luserne » au Conseil Scientifique et Technique du CREN. Les 2 sites ont reçu un avis favorable et seront prochainement intégrés au Périmètre d’Intervention Global du CREN.
Réunions départementales en Deux-Sèvres
Une première rencontre a été organisée avec le Conseil Général le 15 octobre 2012 et une seconde lors d’un comité technique Espaces Naturels Sensibles. En parallèle, des échanges réguliers ont été menés avec la Communauté de Communes de l’Argentonnais pour le site de Bois Moreau. Enfin, dans le cadre de l’élaboration du SCOT du Pays du Bocage Bressuirais, une présentation du projet a été faite ainsi qu’une synthèse des données landes en partenariat avec le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres. Cela concerne 3 des 5 sites de landes sélectionnés dans le département.
Réunions départementales en Charente
Deux réunions avec les partenaires ont été organisées, une première avec l’antenne Charente du CREN (Mélanie Adam) le 24 janvier 2011 et une seconde avec le CRPF (André Thilloux) le 31 janvier 2011.
Réunions départementales en Charente Maritime
13/10/2011
Structures présentes : Conseil Général, CREN et NE17 à Trizay
Point organisationnel sur les prospections foncières et la répartition des secteurs. Suite à ces échanges, le Conseil Général a décidé de réaliser des prospections sur la Forêt de la Lande (102 ha) sur la commune de Lorignac – site non retenu initialement. Dans le cadre du schéma ENS en Charente Maritime, il a été envisagé d’élargir le périmètre d’intervention.
22/11/2011
Structures présentes : Conseil Général et NE17
Visite de terrain sur le site de Forêt de la Lande
08/02/2012
Structures présentes : CREN et NE17 à Rochefort
Point d’avancement sur les prospections foncières.
22/02/2012
Structures présentes : CREN et NE17
Visite de terrain sur les sites de landes de Haute Saintonge

Réunions régionales
10/11/2011
Structures présentes : Charente Nature (D. Suarez), Deux-Sèvres Nature Environnement (N. Cotrel et S. Barbier), Nature Environnement 17 (O. Roques), CRPF (A. Persuy), Vienne Nature (D. Ollivier), CREN (J. Branciforti), Gérépi (P. Dubech) et LPO Vienne (C. Gracieux)
État d’avancement du démarchage des propriétaires et les partenaires associés ; discussions autour du ument de travail pour la trame des « notice de gestion » ; point d’info pour le prochain Conseil Scientifique et Technique (CST) du CREN.

02/04/2012
Structures présentes : CREN (J. Branciforti, P. Busserole et S. Morin), Poitou-Charentes Nature (B. Fillon et P. Guy) et LPO Vienne (G. Challet, D. Gilardot et C. Gracieux)
Point organisationnel sur la réalisation de l’animation foncière – la LPO Vienne se charge de contacter les propriétaires par courrier. En cas de réponse positive, le CREN sera sollicité pour une visite de terrain et la rencontre des propriétaires. Le site sera ensuite proposé au Conseil Scientifique et Technique pour intégrer le réseau des sites d’intervention.

4. CONTRIBUTION A L’ELABORATION DE LA TRAME VERTE ET BLEUE DE POITOU-CHARENTES

En partenariat avec la DREAL Poitou-Charentes, les données cartographiques du Catalogue des landes ont été transmises en juillet 2012 au bureau d’études MTDA et le CETE Ouest en charge de l’élaboration de la TVB (voir convention en ANNEXE 6).
Céline Gracieux (LPO Vienne) participe également aux groupes de travail de la sous-trame « forêt-landes » au titre de Poitou-Charentes Nature (3 réunions entre mars et novembre 2012)


5. BILAN DU DEMARCHAGE DES PROPRIETAIRES

Le bilan du démarchage des propriétaires donne, en cumul par département :
Charente : 5 sites, pour un total de 47 hectares.
Charente-Maritime : 12 sites, pour un total de 205 hectares.
Deux-Sèvres : 5 sites, pour un total de 36 hectares.
Vienne : 9 sites, pour un total de 430 hectares.

Au total, l’animation foncière a concerné 718 hectares ; 188 propriétaires ayant été contactés.

Résultats du démarchage (au 30 avril 2013) :
En attente d’estimation foncière/opportunités d’acquisition : 56,08 ha
Proposition de convention de gestion : 171,6 ha
Opportunités de gestion : 55,17 ha

Notons que la mise en œuvre de plusieurs grands chantiers d’aménagement en 2012 ont modifié l’organisation de l’animation foncière pour certains sites. En effet, certaines communes concernées par le tracé de la future LGV SEA ont fait l’objet de réaménagement foncier ce qui n’a pas permis de lancer l’animation foncière (exemple du site de Fosses de Berdot à Clerac). Concernant le projet de dédoublement de la N10 en Charente, l’animation foncière a été réalisée directement dans le cadre des mesures compensatoires liées au projet.

6. CONCLUSION

Initié il y a plus de 10 ans, le « programme régional pour la sauvegarde des landes » a permis de recenser et de caractériser plus de 7 000 hectares de landes en Poitou-Charentes.
Grâce à la mobilisation des différents partenaires (CREN, CRPF, Gérépi, Vienne Nature et les Conseils Généraux notamment), propriétaires, usagers et professionnels ont été largement sensibilisés aux enjeux liés à la préservation des landes. Ce travail collectif mené depuis plusieurs années a permis d’entreprendre les premières actions en faveur des landes en 2012/2013 avec l’acquisition de parcelles ou des propositions de convention de gestion avec les propriétaires volontaires.
Cette dynamique engagée ces dernières années se poursuivra au-delà des actions du programme, notamment à travers la mise en œuvre des schémas Espaces Naturels Sensibles des Conseils Généraux ou avec le Conservatoire Régional d’Espaces Naturels qui a défini les landes comme milieu prioritaire d’intervention.

Landes – Communication

Colloque landes

Les 14 et 15 octobre 2008 au lycée agricole de Montmorillon, Poitou-Charentes Nature et ses partenaires ont organisé un Colloque de restitution et d’échanges pour la préservation des landes picto-charentaises, joyaux naturels et culturels du paysage régional. Destiné à tous les décideurs, gestionnaires de milieu, collectivités locales ou territoriales, propriétaires de landes… ce colloque a permis de restituer le travail mené en Poitou-Charentes depuis plusieurs années pour la préservation de ces milieux (cf. ci-dessus). Invitation à la découverte des landes, cet évènement avait pour ambition de fédérer les énergies pour que ce patrimoine soit pris en compte dans les politiques d’aujourd’hui.
Plus de 220 personnes, naturalistes ou associatifs, institutionnels, élus ou même encore lycéens se sont retrouvés pour écouter avec attention les exposés (résumé à télécharger) sur le patrimoine historique et culturel, sur le patrimoine biologique, le suivi scientifique ou encore la gestion et la valorisation des landes. Quelques outils pour sauvegarder ces milieux ont été présentés avant qu’une table ronde ne clôture la journée bien remplie.

Plaquette d’information

Une plaquette exposant la richesse des landes, comment les conserver et présentant le programme de sauvegarde est disponible gratuitement à Poitou-Charentes Nature ou à la LPO Vienne, envoi contre une enveloppe timbrée (grand format 22,5 x 32 cm) affranchie à 1 € ou disponible en téléchargement (pdf) en cliquant sur une des images ci-dessous.

Landes – Les inventaires

Les inventaires biologiques

Des inventaires biologiques complémentaires ont été réalisés au printemps 2010 en amont de la mise en œuvre d’actions de gestion des landes et ils constituent ainsi un état référentiel pour le suivi des sites.
L’avifaune, la flore et l’entomofaune ont été inventoriées sur un échantillon de sites de landes correspondant à environ 10% des surfaces totales recensées en Poitou-Charentes.

Les sites sélectionnés

Les sites ont été choisis à partir du travail de hiérarchisation réalisé en 2009 en le croisant avec la cartographie du schéma des Espaces Naturels Sensibles, lorsque celui-ci existe et selon les opportunités de gestion connues.
Parmi les sites choisis pour les inventaires biologiques réalisés au printemps 2010, trois n’ont finalement pas été prospectés : deux sites en Charente-Maritime (la lande avait été retournée pendant l’hiver ou plantée de pins maritimes) et un site en Deux-Sèvres où le propriétaire n’a pas donné son accord. Au final, 29 sites de landes ont fait l’objet d’inventaires soit une surface prospectée de 639 hectares.

Département 16 17 79 86
Nombre de sites 5 11 5 8
Surface (en ha) 47 131 36 425

Les sites ont été choisis à partir du travail de hiérarchisation réalisé en 2009 en le croisant avec la cartographie du schéma des Espaces Naturels Sensibles, lorsque celui-ci existe et selon les opportunités de gestion connues.

Les protocoles

  • Inventaires floristiques exhaustifs à l’occasion d’un passage par site réalisé en juin/juillet avec recherche ciblée d’espèces patrimoniales.
  • Points d’écoute pour l’avifaune : méthode d’Indice Ponctuel d’Abondance qui consiste à noter tout oiseau vu en entendu au cours de deux sessions de 20 minutes réalisées en début et fin de période de nidification.
  • Pour les insectes, les prospections ont portées prioritairement sur les papillons et les libellules avec 5 passages mensuels sur chaque site entre avril et août. Les orthoptères ont également été recherchés en fin de saison.

Quelques résultats

Concernant la flore, le Fluteau nageant (Luronium natans) espèce aquatique d’intérêt communautaire au titre de la Directive Habitats Faune Flore ou la Pilulaire (Pilularia globulifera) protégée en France ont été recensées sur un site en Vienne. Quatre espèces faisant l’objet d’une protection régionale ont également été observées : le Gaillet boréal (Galium boreale) en Charente-Maritime, le Piment Royal (Myrica gale) en Charente et Charente-Maritime, le Glaïeul d’Illyrie (Gladiolus illyricus) et le Serapias en cœur (Serapias cordigera) en Deux-Sèvres.

Côté papillons, on note 75 espèces dont deux espèces d’intérêt communautaire, le Fadet des laîches (Coenonympha oedippus) et le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) observées en Charente et Charente maritime.

La recherche des libellules, notamment sur les sites de landes à mares, a permis des recenser 46 espèces dont le Gomphe de Graslin (Gomphus graslini), espèce d’intérêt communautaire observé en Vienne et 6 autres espèces inscrites sur la Liste Rouge Régionale.

À l’occasion des points d’écoute, 81 espèces d’oiseaux ont pu être entendues ou vues. Notons la présence, sur une majorité des sites, du Bruant jaune (Emberiza citrinella) de la Fauvette grisette (Sylvia communis) et de la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) qui sont des espèces caractéristiques des landes et qui présentent aujourd’hui des statuts de conservation inquiétants sur la Liste Rouge Nationale.

Landes – Définition

Définition

Le terme « lande » viendrait du celte landa qui signifie terre inculte, découverte et libre. Dans les pays romans, la lande porte le nom général de « bruyères » avec de nombreuses variantes dialectales. En Poitou-Charentes, c’est le mot « brande » qui désigne à la fois le nom commun de la Bruyère à balai et le milieu dans lequel cette bruyère domine les autres espèces.

Il existe plusieurs définitions de la lande selon le point de vue à partir duquel on observe ce milieu (paysager, agricole, écologique, botanique, phytosociologique…).

On peut retenir par souci de cohérence la définition de TOUFFET (1982) : « la lande est une formation végétale généralement fermée, caractérisée par la dominance physionomique et dynamique d’arbrisseaux et sous-arbrisseaux à feuilles persistantes comme les ajoncs, les genêts ou les bruyères. Elle s’établit généralement sur des sols pauvres et acides. »

Un travail d’inventaire exhaustif a été réalisé et s’est concrétisé par la publication du catalogue des landes du Poitou-Charentes en 2006. Faune et flore de ces milieux y sont notamment présentés.

Types de landes

Selon leur origine

On peut distinguer les landes primaires climaciques des landes secondaires non climaciques ou landes de substitution.

  • les landes climaciques :
    Ce sont des landes correspondant à un stade climacique c’est-à-dire à un stade d’équilibre avec les conditions naturelles du milieu, indépendamment de toute action humaine.
  • les landes secondaires ou landes de substitution :
    Ce type de landes n’a pas une origine entièrement naturelle et correspond à des formations végétales dites anthropiques ou semi-naturelles. Elles se sont installées suite à des dégradations de la forêt par l’homme. Il s’agit de la plupart des landes de la région.

Selon les milieux

Les landes atlantiques sont caractéristiques du domaine atlantique. Celui-ci s’étend globalement à l’ouest d’une ligne s’étirant du sud-ouest de la Scandinavie jusqu’à la bordure côtière de la péninsule ibérique.
En France, Noirfalisse et Vanesse (1976) ont proposé une subdivision régionale du domaine atlantique, et distinguent notamment les landes aquitano-ligériennes couvrant un grand territoire depuis le sud de la Touraine jusqu’à la Gascogne incluant le Poitou, le Berry, la Saintonge et l’Angoumois.
Les landes présentes en Poitou-Charentes font donc partie des landes aquitano- ligériennes du domaine atlantique.

On peut distinguer plusieurs types de landes à bruyères :

  • Les landes sèches (xérophiles à mésoxérophiles) se développent sur des sols jeunes, caillouteux et peu profonds de type ranker. Elles se tiennent autour d’affleurements rocheux et dans les hauts versant, sur des replats ou des fortes pentes et sur les falaises littorales. La végétation peut être dense mais elle reste basse surtout dans les secteurs exposés subissant brises et embruns. Les ajoncs (Ulex sp.), le Genêt à balai (Cystisus scoparius), la Bruyère cendrée (Erica cinerea) et la Callune (Calluna vulgaris) constituent l’essentiel de la végétation. Les landes plus abritées, à l’intérieur des terres, favorisent l’Ajonc d’Europe (Ulex europeus), l’ajonc nain (Ulex minor) et la Fougère aigle (Pteridium aquilinum). Elles sont moins stables et conduisent au fourré à prunellier.
  • Les landes mésophiles se développent sur les secteurs à contrainte moins importante, notamment pour la ressource en eau. Le sol est de type podzolique ou brun dégradé. La Brande ou Bruyère à balai (Erica scoparia), la Bruyère ciliée (Erica ciliaris), la Bruyère cendrée (Erica cinerea), associées à la Molinie (Molinia caerulea) et aux ajoncs, caractérisent de type de lande. Elles sont pour la plupart le résultat de déboisements anthropiques et évoluent rapidement en fourré à saule (Salix sp.) et à Bourdaine (Frangula alnus) puis évoluent vers la chênaie-hêtraie.
  • Les landes humides (hygrophiles) se tiennent à l’intérieur des terres dans les fonds de vallées, les dépressions et les bas de versant. Elles se développent sur des sols hygromorphes et présentent un profil bas et parfois herbeux. Elles sont caractérisées par la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix), la Molinie (Molinia caerulea), l’Ajonc nain (Ulex minor) et la Bruyère ciliée (Erica ciliaris). Ces landes peuvent accueillir une flore tourbeuse rare et spécialisée comme les rossolis. Les landes humides ont une évolution plus lente mais aboutissent elles aussi au boisement.
  • Les landes tourbeuses se rencontrent dans les zones très humides voire inondées. La couche supérieure du sol est de la tourbe. Il s’agit de formations anciennes où la Callune (Calluna vulgaris) et la Molinie (Molinia caerulea) peuvent dominer, entraînant la régression progressive des autres espèces. La Bruyère à quatre angles (Erica tetralix) reste commune. Des plantes caractéristiques des tourbières augmentent la diversité floristique.

En Poitou-charentes, divers types de landes atlantiques à bruyères coexistent. On peut de façon générale retenir deux grands groupes de landes : les landes humides et les landes sèches. Cependant, chacun des groupes présente des sous-types diversifiés notamment pour les landes sèches. En effet, la classification phytosociologique regroupe sous le vocable « landes sèches » plusieurs habitats de lande différenciés en fonction de leur hygromorphie, de leurs espèces dominantes et de leur biogéographie. Néanmoins, on peut dire qu’en Poitou-Charentes, les landes sèches se répartissent en deux sous-types principaux : les landes xérophiles (ou sèches) et les landes mésophiles (variante plus humide que les landes sèches).

Dans un souci de lisibilité et de simplification, nous avons retenu pour la région deux types de landes présentant chacune des sous-types :

  • Les landes sèches comprenant :
    • la lande sèche à Bruyère cendrée Erica cinerea
    • la lande mésophile à Bruyère à balai Erica scoparia
  • Les landes humides comprenant :
    • la lande humide atlantique méridionale à Bruyère cendrée Erica ciliaris et Bruyère à quatre angles Erica tetralix
    • la lande humide atlantique septentrionale à bruyère à quatre angles Erica tetralix.

Landes – Historique et enjeux

Historique : pourquoi la lande ?

C’est au Moyen-Âge que l’influence de l’homme sur le couvert forestier est la plus marquante. La mise en valeur d’immenses territoires agricoles par des paysans défricheurs, puis l’exploitation intensive de la forêt pour les activités minières, métallurgiques et navales accentuent la régression de la forêt au profit de la lande.
Ces paysages de lande se sont, par la suite, maintenus au cours des siècles grâce à diverses activités humaines traditionnelles qui avaient pour effet de maintenir un niveau faible de nutriments dans le sol telles que le pâturage extensif (chevaux, vaches et moutons), la fauche pour la récolte de matériaux servant essentiellement pour la fourniture de fourrage pour le bétail, de litière, de compost mais aussi pour le paillage des légumes et la construction de palissades.

Une régression anthropique phénoménale

L’économie agro-sylvo pastorale a connu son apogée dans la première moitié du 19ème siècle qui fut aussi l’époque d’extension maximale des landes dans l’ouest européen. Le mouvement allait bientôt s’inverser…

Considérées comme des « terres incultes » par les uns, des « surfaces inutiles » par les autres, les landes ont subi les effets de l’abandon ou de la reconversion.

Les hommes qui, par leurs pratiques culturales, ont longtemps permis le maintien de la lande. Cependant, au 18ème siècle, les vastes étendues de landes (tout comme les friches et les marécages considérés comme « l’expression de la stérilité et de la pauvreté ») déclenchèrent chez les agronomes et dans les milieux progressistes un actif besoin de réforme du système de production agricole. Il fallait « défricher, assainir et cultiver » (Granger, 2003). C’est à partir du 19ème siècle que le défrichement devient très actif. Ainsi en Haut-Poitou, 30 000 ha de landes disparaissent entre 1860 et 1885.

Intensification agricole

Pour remplacer les zones de landes, l’Homme a tout d’abord cherché à rendre ces terres fertiles. Puis, de nouvelles pratiques agricoles intensives ont fait leur apparition et ont participé à l’accélération du processus. La politique productiviste a imposé aux agriculteurs une mise en valeur systématique des « incultes » en privilégiant les productions céréalières. Les landes ont été labourées, drainées, fertilisées pour pouvoir être cultivées ou transformées en prairies productives. Mais malgré les progrès de l’agriculture et l’usage croissant des engrais, la lande est toujours restée le support de médiocres cultures.
Ces pratiques existent toujours aujourd’hui mais ne constituent plus la principale menace car le besoin toujours plus grand d’engrais pour valoriser les landes décourage certains agriculteurs.

Utilisation à des fins sylvicoles

Cependant, c’est le boisement qui a été le plus employé pour la restauration économique des incultes. Des essais entrepris dès la fin du 18ème siècle notamment dans le département des landes, avaient montré que l’opération était possible. Ainsi se sont constituées de nouvelles régions forestières là où il n’y avait jadis que des landes.
La valorisation sylvicole des landes a au fil du temps pris le relais de la valorisation agricole des landes.
Cette pression sylvicole a en effet été encouragée par les politiques forestières ; l’état s’est ainsi positionné en faveur du boisement, renforçant encore le phénomène : il a créé des primes d’encouragement à l’enrésinement et a permis aux propriétaires reboisant leurs parcelles d’être exonérés d’impôts fonciers pendant trente ans.

Abandon des landes et évolution naturelle vers le boisement
La cause principale de régression des landes est le reboisement naturel que subissent les landes intervenant après l’abandon de leur exploitation agropastorale extensive.
La litière s’accumule au fur et à mesure que la lande vieillit, le sol s’enrichit : ajoncs, genêts à balais se multiplient et les premiers arbres, résineux et feuillus, apparaissent jusqu’à dominer l’ensemble.

Autres

Ces terres ont également servi, avec l’arrivée de l’ère industrielle, de zones privilégiées pour l’implantation d’activités polluantes ou dévoreuses d’espaces (construction de lotissements, routes, carrières, dépôts d’ordures…).

Un patrimoine culturel et naturel essentiel qui se perd…

La lande était autrefois un paysage commun qui s’étalait sur de vastes surfaces. Ainsi les brandes du Poitou occupaient un territoire de 80 000 ha en 1962 alors que leur superficie s’est réduite à moins de 5000 ha morcelés. Ce paysage est donc devenu complètement marginal de nos jours ; cette formation singulière ne ressemble à aucun autre type de paysage contemporain et mérite donc une attention particulière. D’un point de vue esthétique, la lande est à la fois étrange et attractive, à l’allure sauvage sous un ciel brumeux hivernal, ou colorée, sous un soleil estival ou automnal, d’une mosaïque de teintes attrayantes donnée par la floraison des bruyères et des ajoncs …

De plus, la lande a contribué à donner une identité historique et culturelle à la région. Les dizaines de noms reliés aux landes issus de la toponymie illustrent bien le lien étroit entre les zones de landes et leurs habitants. Les grandes brandes, les ajoncs, les bruyères, la lande…sont autant de noms qui ont franchi les ans pour persister aujourd’hui. En outre, à la lande étaient associées des pratiques agriculturales traditionnelles, témoins d’un certain mode de vie de l’époque et qui tendent à se perdre définitivement aujourd’hui.

Enfin, comme nous l’avons vu précédemment, la lande est un milieu à la biodiversité riche et unique, accueillant nombres d’espèces protégées à l’échelle régionale ou nationale et d’intérêt communautaire (Directives CE Habitats et Oiseaux) qu’il est absolument essentiel de préserver pour les générations à venir.

Une couverture départementale de l’inventaire des landes

L’inventaire des landes de Poitou-Charentes, associé à une analyse cartographique des données, a permis de tirer un bilan de la distribution et de l’état de conservation général des landes de la région dans l’objectif d’améliorer la connaissance de ce milieu pour mieux le préserver. Les prospections n’ayant pas pour vocation la réalisation d’analyses faunistiques et floristiques approfondies, nous avons cherché à définir les principales caractéristiques du site afin d’estimer l’opportunité et la faisabilité d’une action de protection.
La phase de terrain a donc permis de mettre en évidence un ou plusieurs sites remarquables à l’échelle de chaque département afin d’en déterminer à court terme les grands axes de gestion conservatoire. Dans le cadre de cet inventaire, nous avons pu caractériser chaque habitat de landes par ses spécificités écologiques, son degré de menace et son état de conservation, afin de mettre en œuvre une stratégie de préservation.
Malgré un recensement volontairement très large, il n’a pu être totalement exhaustif car de petits îlots de landes peuvent subsister de façon éparse dans les massifs forestiers faute d’avoir pu être détectés.

Charente

Après comparaison des résultats d’inventaires avec les données issues des services forestiers, la Charente totalise une surface d’environ 328 ha sur 34 sites de landes.
La plupart des sites sont situés dans le sud du département (le Petit Angoumois, les collines de Montmoreau et le Pays d’Horte) qui accueille la quasi-totalité des landes sèches et mésophiles. La majorité des landes humides se réparti dans le nord de la Charente (les terres froides) et seulement avec des surfaces extrêmement réduites dans le sud.
L’inventaire a mis en évidence une tendance départementale au vieillissement de ces habitats avec un grand nombre de landes dans un état boisé ou proche du boisement, et de nombreux sites soumis à une sylviculture intensive.
Sur le territoire charentais, les landes ne forment désormais plus qu’un habitat relictuel (superficie moyenne de 10 ha) fortement menacé de disparition. Toutefois, la présence de sites remarquables au sein de la zone Natura 2000 « Landes de Touverac Saint-Vallier » en fait des sites prioritaires pour une gestion conservatoire, vecteurs d’une volonté de préservation des landes à l’échelle du département.

Charente-Maritime

Sur les 109 sites inventoriés dans le département, les landes recouvrent une surface estimée à 1 246 ha (soit une superficie moyenne de 6 ha par site). Ces habitats apparaissent fortement relictuels en Charente-Maritime avec des sites de petite taille répartis sur la frange sud du département (cf. carte 1) La distribution des sites de landes sur le territoire est marquée par la formation de quatre unités paysagères distinctes (cf. carte 4) : deux à l’ouest (la presqu’île d’Arvert et la campagne de Pont l’Abbé / Gémozac), une au centre (les bois et forêt de la Lande) et l’autre à l’est du département (la Double Saintongeaise et le Petit Angoumois).
Seule la pointe sud-est du département compte encore de grandes surfaces de landes reliées entre elles par un réseau de petits sites qui peuvent jouer le rôle de corridors biologiques. Cette dynamique des landes du secteur de la Double Saintongeaise pourrait s’étendre aux sites du sud de la Charente si des landes étaient découvertes dans le secteur aujourd’hui non prospecté de Charente-Maritime. Des prospections complémentaires permettront d’affiner cette analyse.
L’inventaire des landes en Charente-Maritime confirme leur vulnérabilité face au boisement et à la fermeture naturelle du milieu, tout en soulevant le problème du développement urbain aux dépens des milieux naturels (cf. carte 3).
Cette répartition permet d’entrevoir un stade déjà avancé de régression des superficies de landes en Charente-Maritime (cf. carte 2). Toutefois, un réseau encore dense de landes au sud-est du département, bénéficiant pour certains sites d’un classement Natura 2000, laisse présager des potentialités d’actions de conservation sur ce secteur de la Double Saintongeaise.

Deux-Sèvres

Les Deux-Sèvres comptabilisent 41 sites de landes, essentiellement des landes sèches et mésophiles, couvrant une surface plutôt réduite de près de 225 ha.
Les prospections ont mis en évidence l’urgence d’agir pour la prise en compte de ces habitats figurant à l’état relictuel dans le département (superficie moyenne inférieure à 6 ha) et fortement menacés par leur abandon et le boisement productif.
Les contreforts de la Gâtine, au nord du département, constituent le principal secteur de landes des Deux-Sèvres avec près de 180 ha retenus lors de l’inventaire. Les 70 ha de landes inclus dans le périmètre Natura 2000 « Vallée de l’Argenton » ont fait l’objet de propositions de gestion conservatoire dans le cadre de l’élaboration du ument d’objectifs. L’application de mesures CAD ou contrat Natura 2000 sur ces secteurs permettrait d’assurer le maintien voire la restauration de la lande Deux-Sévrienne avant sa disparition complète. Mais, depuis la validation du OB en 2004, aucune mesure n’a été signée en faveur de ces habitats. Seuls deux sites font l’objet de mesures conservatoires en 2006 : les landes de l’Hôpiteau (propriété du CREN) et les landes du Cébron (site du Conseil Général).

Vienne

Avec 148 sites et environ 5 450 ha de surfaces de landes recensés, la Vienne reste le département le plus riche en landes de la région Poitou-Charentes.
Le paysage de la Vienne est dominé par de la lande mésophile accompagnée de landes sèches et humides en mosaïque, formant par endroits des landes à mares souvent créées par l’extraction de pierres meulières.
Leur distribution sur le territoire s’étend sur tout l’est du département et sur sa pointe nord-ouest. Cette répartition est marquée par la présence de grands sites déjà connus et gérés (sites Natura 2000, réserve naturelle nationale, terrains militaires…) dont une dizaine dépasse la centaine d’hectares. L’inventaire a révélé que ces grandes surfaces de landes s’accompagnent d’une multitude de petits sites épars (cf. carte 2). Il existe donc encore en Vienne une dynamique paysagère constituée de grandes entités de landes connectées entre eux par de petits sites épars, formant ainsi de véritables réseaux fonctionnels de landes essentiels à la biodiversité.
Nombreux sont les sites localisés au sein même des massifs forestiers. Sur les sols favorables, la lande s’y développe suite à l’exploitation forestière, aux phénomènes de tempête, voire même aux incendies. Mais sur ces sites à vocation forestière, les landes non entretenues sont vouées à s’embroussailler puis à évoluer vers le boisement pour n’être présentes qu’en sous-bois ou dans les trouées. Ainsi, au sein d’un massif forestier s’opère un équilibre entre la fermeture naturelle des landes et leur ouverture suite aux coupes.
Cet équilibre reste cependant fragile puisque la disparition des landes en Vienne est bien réelle. De Longuemar estimait qu’il en restait quelques 90 000 ha en 1877. Aujourd’hui, la Vienne ne conserve plus que 5% de ces landes originelles. Cette régression se poursuit actuellement avec la colonisation du milieu par les boisements, qu’ils soient volontaires (plantation de résineux) ou naturels avec le vieillissement des landes.

Il apparaît donc important de photographier plus d’un siècle plus tard l’état de ces milieux à l’échelle de la région Poitou-Charentes.

Synthèse pour le Poitou-Charentes

Jean Terrisse (POITOU-CHARENTES NATURE, 2006) estime qu’aucune lande du Poitou-Charentes ne peut être considérée comme primaire. Elles résultent toutes d’anciennes forêts acidophiles qui ont été incendiées ou pâturées pour favoriser le développement d’une végétation herbacée. Toutes ces pratiques traditionnelles ont aujourd’hui presque totalement disparu en Poitou-Charentes, hormis sur certains espaces protégés comme la Réserve Naturelle du Pinail où des ovins ont été réintroduits comme outils de gestion.
En l’absence de facteurs de rajeunissement, la lande sèche ou mésophile « vieillit » et se trouve envahie plus ou moins rapidement – selon la profondeur et la richesse trophique du substrat – par des espèces pré-forestières. Ainsi, des espèces pionnières comme le Prunellier, l’Ajonc d’Europe, le Genêt à balais, les ronces, le Pin maritime, voire la Bourdaine précèdent l’implantation d’essences forestières telles que les chênes (Chêne tauzin, Chêne pédonculé, voire Chêne pubescent dans quelques cas).
De même, les landes humides du Poitou-Charentes sont devenues des espaces « improductifs » soumis à l’évolution progressive de la végétation. Leur abandon conduit au sur-développement de la Callune, à une invasion par la Molinie et la Fougère aigle, à l’installation d’arbustes pionniers plus ou moins hygrophiles tels que la Bourdaine, le Saule roux, voire le Pin maritime ou le Chêne pédonculé quand des porte-graines existent à proximité (cas fréquent dans la région où les landes ont fait l’objet d’enrésinements massifs).
Les landes à ajoncs et genêts quant à elles ne couvrent pas de grandes surfaces homogènes. Il s’agit de milieux ouverts difficilement pénétrables, présents en marge des milieux forestiers où ils constituent alors des milieux de transition. Guy Chézeau (POITOU-CHARENTES NATURE, 2006) les associe à l’abandon de prairies anciennement cultivées mais de faibles capacités agronomiques ou de landes autrefois pâturées sur un mode extensif. La nature du sous-sol et le type de sol, plus riche que celui des landes à bruyères, déterminent ensuite l’apparition de ces deux grands types d’habitat. Les fourrés à Genêts à balais se localisent sur des sols faiblement acides, sur des argiles de décalcification ou sur des sols acides thermophiles, et les fourrés à Ajoncs d’Europe se retrouvent sur sols acides mésophiles voire hydromorphes. Ces fourrés évoluent vers une chênaie acido-thermophile à Chêne tauzin sur les sols les mieux drainés ou vers une chênaie à Chêne pédonculé sur les substrats plus humides.

Ainsi, la plupart des landes régionales identifiées au cours de cet inventaire présentent des faciès âgés, transitoires avec des forêts potentielles dont la composition est plus ou moins proche des forêts originelles du Poitou-Charentes. Si la prolifération des grands animaux peut entraîner localement une réouverture du milieu, cela ne suffit toutefois pas à empêcher la lente restauration d’un milieu forestier qui va peu à peu faire disparaître les espèces landicoles typiques, plus ou moins strictement héliophiles.
Ainsi, alors que le défrichement pour une reconversion des landes en terre arable n’existe pratiquement plus (cf. carte 3), les surfaces régionales de landes continuent de régresser. Ce constat démontre l’importance encore accrue des autres causes de disparition de la lande, à savoir les plantations et, comme nous l’avons vu précédemment, la dynamique de colonisation naturelle.

Toutefois, des actions de préservation des landes sont possibles sur l’ensemble des départements par le biais du réseau Natura 2000 qui ouvre la voie d’une politique européenne volontariste de concertation entre protection des milieux naturels et développement socio-économique des territoires. Peuvent être également menées des actions régionales, comme celles du CREN Poitou-Charentes (acquisitions, baux, conventions… et gestion conservatoire) et ainsi contribuer à la création de réserves naturelles régionales. Enfin, les départements peuvent également agir par l’utilisation de la taxe départementale des espaces naturels sensibles.

Des résultats discutés…

La rencontre de l’ensemble des partenaires du programme a permis de rendre compte des limites et difficultés rencontrées dans la réalisation d’un inventaire d’envergure régionale où coexistent intérêts écologique et économique.
Malgré la validation en comité de pilotage d’un protocole de terrain avec une fiche standardisée à remplir, certaines structures ont réalisé un travail plus approfondi dans la récolte des données de terrain. Ainsi, le sud de la Charente-Maritime, secteur où semblent se concentrer les sites de landes du département, n’a pu être prospecté en totalité par manque de temps. L’inventaire de Charente-Maritime sera donc complété dans le cadre de la poursuite du programme.
D’autre part, les photographies aériennes utilisées en amont de la phase de terrain pour repérer les sites de landes ne sont pas récentes (1999 pour la Vienne et les Deux-Sèvres et 1996 pour la Charente et la Charente-Maritime). Par ailleurs, elles datent toutes d’avant la tempête de 1999 qui a pu découvrir des surfaces forestières plus ou moins importantes et potentiellement favorables au développement de landes.
Or, ces trouées identifiées comme des sites de landes lors de leur découverte sur le terrain restent des secteurs à vocation forestière. Ces sites sont donc majoritairement destinés soit à être reboisés par plantation soit à se reboiser rapidement de façon naturelle.
En accord avec les partenaires forestiers, il a été convenu de conserver ces sites dans les fiches du Catalogue mais de préciser dans leur état de conservation s’il s’agit de landes découvertes après la tempête et/ou de landes transitoires [18], en mélange avec des boisements. À partir des uments contractuels établis par les représentants de l’État et engageant les propriétaires forestiers dans le reboisement de leurs parcelles, il a été possible d’affiner les surfaces de landes transitoires au plus juste.

Intérêt patrimonial des landes du Poitou-Charentes

Navigation rapide :

PlantesOiseauxInsectesMammifères, reptiles

Qu’il s’agisse de landes à bruyères mésophiles ou xérophiles, de landes à ajoncs ou à genêts, l’ensemble de ces milieux naturels est marqué par une remarquable richesse écologique. En effet, les landes constituent un habitat essentiel au développement de nombreuses espèces inféodées exclusivement à ce type de paysage ouvert, buissonnant et dense.
Dans l’objectif de mettre en évidence l’intérêt patrimonial des landes picto-charentaises, nous avons dressé une liste non exhaustive des espèces rencontrées sur les sites inventoriés à l’échelle régionale (cf. tableau 1). Cette liste rassemble les espèces d’intérêt patrimonial, c’est-à-dire bénéficiant d’une protection nationale/régionale, ou inscrites sur les Listes rouges nationale/régionale (ROCAMORA & YEATMAN-BERTHELOT, 1999), ou retenues comme déterminantes en Poitou-Charentes (JOURDE & TERRISSE, 2001), tout en distinguant les espèces typiques des landes.
Cependant, cette analyse ne permet aucune comparaison qualitative régionale, car les sites recensés au cours du programme n’ont pas fait l’objet d’inventaires faune-flore systématiques, mis à part pour la Charente-Maritime. Ces données proviennent donc d’inventaires localisés sur quelques sites pilotes, hors protocole (CREN, Natura 2000, réserve naturelle…).

Plantes retour

Les landes abritent des habitats rares voire menacés : 64 espèces patrimoniales y ont été inventoriées. Parmi celles-ci, 8 sont protégées à l’échelon national et 15 autres sur le Poitou-Charentes.
C’est plus particulièrement dans les landes humides que l’on retrouve une richesse botanique importante, les conditions biologiques particulières de cet habitat ayant entraîné le développement d’une flore hautement spécialisée dont les éléments les plus spectaculaires sont les plantes carnivores : Droséras (Drosera intermedia, D. rotundifolia), Grassette du Portugal (Pinguicula australis), Utriculaire australe (Utricularia australis, U. Minor).
Sur les landes sèches, on trouve également de nombreuses plantes patrimoniales, notamment des orchidées comme le Sérapia en cœur (Serapias cordigera), la seule station régionale connue étant située sur une lande des Deux-Sèvres, et le Glaïeul d’Illyrie (Gladiolus illyricus). Ces plantes se développent dans les clairières et les layons entretenus.

Oiseaux retour

Parmi les espèces d’oiseaux observées dans les landes, 10 sont inscrites à l’annexe I de la Directive européenne 79/409 dite « Directive Oiseaux ». L’espèce phare de ce milieu est sans conteste la Fauvette pitchou (Sylvia undata). En régression lente mais régulière en Poitou-Charentes, cette petite fauvette fréquente presque exclusivement les landes, où elle trouve des conditions proches des maquis du pourtour méditerranéen, bastion de l’espèce. La conservation de cette espèce dépend ainsi strictement de celle des landes.
D’autres espèces d’intérêt communautaire comme les Busards cendré (Circus pygargus) et Saint-Martin (C. cyaneus) y sont également bien représentées. Les landes constituent leur milieu originel de nidification, et les couples qui s’y établissent connaissent une reproduction bien meilleure qu’en zone céréalière (mortalité lors des moissons). De même, l’Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus), amateur d’espaces ouverts à végétation basse, est un hôte régulier des landes, surtout si elles sont à proximité d’espaces boisés.
On rencontre enfin un cortège composé d’espèces qui apprécient particulièrement les landes sans y être inféodées, comme la Locustelle tachetée (Locustella naevia) et l’Alouette lulu (Lullula arborea). Quant au Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), au régime alimentaire principalement composé de reptiles, il fréquente très régulièrement les landes sèches pour chasser lézards ou couleuvres.

Amphibiens retour

Sept espèces d’amphibiens ont été observées sur ces landes, en particulier dans les landes humides où elles trouvent des points d’eau pour se reproduire : mares, parfois creusées pour l’extraction d’argile ou de pierres meulières sur bon nombre de sites, mais aussi ornières et fossés.
Parmi celles-ci, deux sont plus particulièrement intéressantes : le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) et le Triton crêté (Triturus cristatus), espèces inscrites à l’annexe II de la Directive Habitats. Cependant, aucune de ces espèces n’est inféodée aux habitats de landes. Elles dépendent surtout de milieux lentiques marqués par la présence de prairies et/ou boisements à proximité.

Insectes retour

  • Rhopalocères
    Six espèces patrimoniales de Lépidoptères diurnes ont été observées sur les landes de la région, dont 3 inscrites à la Directive Habitats (annexes II et IV), toutes dépendantes des landes humides ouvertes, permettant le développement de leurs plantes hôtes.
    Le Fadet des laîches (Coenonympha oedippus) trouve sur les landes de Charente-Maritime 3 sites de reproduction, soit la plus importante des populations de la région. Cette espèce, seulement présente au sud du Poitou-Charentes, figure parmi les plus menacées de la région puisqu’elle a déjà disparu de nombreuses localités du département charentais et des Deux-Sèvres. Elle dépend notamment des habitats associés aux landes humides, bas-marais à Choin et Molinie, où se développent ses plantes hôtes.
    Quant à l’Azuré des mouillères (Maculinea alcon), il ne se rencontre en Deux-Sèvres que sur une lande humide ouverte. Découverte récemment, cette population est d’autant plus fragile qu’elle se réduit à un seul site de prairie et lande humide à Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe), où se trouvent également ses fourmis hôtes.
  • Odonates
    Parmi les 20 Odonates inscrits sur la Liste rouge du Poitou-Charentes, 8 se retrouvent sur les sites de landes.
    Au sein de ceux-ci, la famille des Leucorrhines figure parmi les plus inféodées aux landes humides. Leurs exigences écologiques nécessitent des milieux lentiques oligotrophes ou mésotrophes moyennement végétalisés, fréquemment acides, et situés dans un environnement assez ouvert. La région accueille les Leucorrhines à large queue (Leucorrhinia caudalis) et à gros thorax (L. pectoralis), deux des 4 espèces présentes en France (toutes avec des aires de répartition disjointes). De plus, elles présentent le statut de conservation le plus défavorable (inscrites aux annexes II et IV de la Directive Habitats, inscrites « en danger » sur la liste rouge nationale).
    L’ultra-spécialisation de ces espèces ainsi que la fragilité de leurs populations régionales rendent la sauvegarde de ces landes prioritaire pour leur maintien.
  • Orthoptères
    Au total quatre espèces de criquets ont été identifiées sur les landes lors des inventaires. On y rencontre le Criquet des ajoncs (Chorthippus binotatus) qui, comme son nom l’indique, se nourrit strictement de jeunes pousses d’ajoncs.
    D’autre part, la présence du Criquet ensanglanté (Stetophyma grossum) est particulièrement intéressante. Autrefois, très largement répandu, ses effectifs ont beaucoup décliné lors des dernières décennies en raison de la régression de ses habitats : les landes humides. Exclusivement inféodé aux secteurs humides, proches des tourbières, il fait partie des orthoptères les plus gravement menacés d’extinction en France.

Mammifères, Reptiles retour

Aucune donnée ne peut être analysée de façon significative concernant ces groupes puisque aucune espèce n’est spécifiquement inféodée à l’habitat des landes.

Malgré leur étendue régionale fortement relictuelle, cette brève analyse montre que les landes picto-charentaises offrent encore une forte valeur patrimoniale. Toutefois, leur vieillissement entraîne une homogénéisation de leur structure et, de ce fait, une perte de leur diversité floristique puis faunistique.
Il est donc urgent de retrouver une gestion agropastorale, voire environnementale, de ces espaces pour préserver l’ensemble de la biodiversité qui leur est associée. De plus, la dislocation continue des grands ensembles de landes pose désormais le problème de la connectivité entre les populations d’espèces strictement inféodées aux habitats de landes.

Une cohérence régionale

En 2005, une base de données informatique a été développée pour permettre la saisie et le traitement des données issues des prospections de terrain à l’échelle régionale.
Développée sous Access © de Microsoft, cette base permet une centralisation harmonieuse des informations concernant la localisation des sites, leur surface, leur état de conservation et leur intérêt patrimonial général.
Elle doit enfin assurer la consultation simple des informations stockées ainsi que leur restitution de manière claire et standardisée grâce à des requêtes et à la création d’états, outil indispensable à la réalisation du « Catalogue Landes ».
Les données de cette base peuvent facilement être exportées vers d’autres ressources, qu’il s’agisse de tableurs ou de logiciels de cartographie, notamment avec le système d’information géographique Mapinfo, indispensable à l’élaboration des cartes générales et thématiques.

Méthodologie utilisée pour l’inventaire des landes du Poitou-Charentes

Les sources d’informations

La consultation de photographies aériennes avec un compte-fils ou un stéréoscope constitue un moyen important dans la détection et la délimitation de sites naturels.
Dans le cadre de ce protocole d’inventaire, l’analyse des photographies aériennes a été l’outil majeur dans le recensement des sites de landes de taille supérieure ou égale à un hectare. La DIREN Poitou-Charentes dispose des photographies aériennes de l’ensemble de la région qui donnent une représentation du territoire à l’échelle 1/25 000e. Il est possible d’y distinguer les zones de landes d’autres occupations du sol grâce à leur couleur. Ainsi, les zones de landes à Bruyère à balai sont vert kaki, tandis que les bruyères « roses » seront plutôt « brun-violacé ». On les distingue également par leur faible « relief » par rapport aux espaces boisés.

Plusieurs types de uments nous ont également aiguillés lors de l’inventaire :

  • l’Inventaire ZNIEFF (source : DIREN Poitou-Charentes)
    Cet outil, puisqu’il localise et décrit les zones naturelles présentant un intérêt écologique particulier, permet un repérage des secteurs majeurs de la région.
  • l’Inventaire Forestier National (IFN) (source : Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt, Direction de l’Espace rural et de la Forêt)
    Sur ces cartes forestières, les landes sont répertoriées sous le terme « grandes landes » regroupant les landes à bruyères, les pelouses sèches, les marais et les terres incultes broussailleuses… Elles permettent cependant de repérer la « limite maximale » des zones de landes dénombrées à la date de réalisation de la cartographie.
  • Littérature et personnes ressources
    Associations de protection de la nature (Poitou-Charentes Nature, Charente Nature, LPO Vienne, LPO 17, Nature Environnement 17, Vienne Nature, Deux-Sèvres Nature Environnement, Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres, Gerépi…), CREN Poitou-Charentes, ONF, ONCFS, CRPF, DDAF, Cabinet Oréades-Brèche, ORE/IAAT, etc.
    La connaissance du milieu naturel par les personnes qui le fréquentent activement reste une source d’information précieuse.

Après un repérage visuel général des zones susceptibles d’abriter des landes (reconnaissables par leur couleur et leur différence de relief), un repérage plus fin a été réalisé majoritairement au compte-fils, outil facilement maniable, et parfois au stéréoscope lorsque la zone était plus difficile à cerner. L’utilisation majoritaire du compte-fils permet un gain de temps non négligeable tout en permettant une recherche toute aussi performante. Les zones ainsi repérées ont ensuite été localisées sur des cartes IGN 1/25 000e.

Le travail de terrain

L’objectif de cette phase de terrain est de confirmer ou d’infirmer la présence supposée d’une lande recensée comme telle après analyse des photographies aériennes, d’affiner la délimitation de celle-ci, de déterminer le ou les habitat(s) présent(s) et de définir les caractéristiques majeures du site (dans l’optique d’estimer l’opportunité et la faisabilité d’entreprendre une action de protection).
Il ne s’agit donc pas de réaliser des analyses faune-flore précises, qui pourront par ailleurs être faites ultérieurement sur certains sites.

Visites de sites

La visite des sites à inventorier est une opération incontournable, pour d’une part vérifier et compléter les informations quant à la localisation et à la délimitation des sites de landes et, d’autre part, pour renseigner tous les champs contenus dans la fiche de terrain (présentée ci-après) sur l’état des landes, leur intérêt patrimonial, l’usage qui en est fait, les opérations de gestion et/ou conservation éventuellement en place, etc.

Formulaire de terrain

Il est nécessaire que le formulaire de terrain soit le même pour tous afin que les données récoltées soient les plus homogènes possibles. Le biais dû aux différents observateurs étant impossible à contourner, il est indispensable de standardiser au maximum la récolte des données.
La fiche terrain présentée ci-après contient diverses informations sur :

  • la localisation ;
  • la caractérisation du site : type d’habitat de lande, structure, dynamique, superficie ;
  • l’état général de conservation du site en fonction de l’organisation spatiale de la lande, de l’embroussaillement, de l’importance du développement des espèces colonisatrices, ainsi que des menaces potentielles pressenties ou avérées ;
  • les espèces patrimoniales de faune et flore rencontrées (sans qu’il y ait de recherche active) ;
  • les milieux immédiats entourant le site et pouvant être (ou devenir) sources de perturbations ;
  • l’utilisation actuelle du site.

Une photographie du site est associée à la fiche terrain quand la prise de vue est possible.
De la même façon, pour les landes « complexes » en mosaïques, un croquis pourra être dessiné pour localiser les différents types de landes.

Le temps passé sur un site (de façon générale, ceci dépendant bien entendu de sa surface) est évalué approximativement à 30 minutes.