Rédacteur : Anthony Le Fouler
Les plantes ligneuses sont exploitées pour leur bois, leurs fruits et, dans le cas particulier des haies, pour des fonctions éco-paysagères (brise-vents, tampon thermiques, lutte contre l’érosion du sol, corridors écologiques). Ces peuplements sont tous des milieux artificiels. Ils présentent généralement une physionomie et une structure très simplifiées en comparaison avec un milieu naturel.
Les strates arbustive et herbacée sont souvent absentes ou appauvries par les traitements herbicides et l’entretien courant. L’absence de ces strates facilite l’exploitation et évite toute concurrence au développement de la plantation. La strate exploitée est homogène car composée d’individus de même essence, de même âge et donc de même dimension.
Ces milieux entretenus régulièrement ne disposent donc d’aucune dynamique propre. Une fois arrivés à maturité, les arbres d’une même parcelle subissent une coupe à blanc suivie de près par un semis artificiel.
La diversité d’essences plantées constitue le seul facteur de diversité de ces milieux à l’échelle régionale. Le sylviculteur choisit l’essence à exploiter principalement en fonction de la nature et de l’humidité du sol. On distingue 4 grands types de plantations :
Les plantations de conifères concourent à une acidification du sol. Cette contrainte limite fortement l’implantation d’une flore spontanée. Les quelques espèces susceptibles de s’y maintenir sont des plantes adaptées à ces conditions de pH (bruyères, Molinie, Canche) mais cette végétation est quasi systématiquement éliminée car considérée comme concurrente de la plantation.
Les plantations de feuillus peuvent dans certaines situations présenter une flore diversifiée. En cas de broyage tardif des peupleraies, le cortège des mégaphorbiaies marécageuses est susceptible de se mettre en place (cf. fiche « Mégaphorbiaie marécageuse »).
Les vignes et vergers sont eux aussi plus souvent des déserts biologiques. Dans certaines petites vignes familiales toutefois, le sol asséchant conserve quelques plantes thermophiles à répartition subméditerranéenne dont de nombreuses annuelles et des géophytes à bulbe (Muscari, Ornithogale en ombelle, Gagée des champs). Cette flore autrefois typique des vignes a quasiment disparu du Poitou-Charentes. Les vergers présentent quant à eux une végétation basse de type prairial, assez appauvrie par « engraissement » et souvent tondue régulièrement.
Les structures paysagères d’origine anthropique peuvent, dans les cas où l’ensemble des strates sont présentes, potentiellement abriter de nombreuses plantes et animaux typiques des boisements naturels. Ceci leur confère alors une valeur biologique importante.